Passeport diplomatique, Quarante ans au Quai d’Orsay

Dossier : Arts, lettres et sciencesMagazine N°751 Janvier 2020Par :

Gérard Araud (73)

Rédacteur : Pierre LaszloEditeur : Éditions Grasset & Fasquelle, 61, rue des Saint-Pères, 75006 Paris. Tél. : 01 44 39 22 00.

Ce livre semble s’être écrit lui-même alors que son auteur quittait en mai 2019 l’ambassade de Washington, qui fut son bâton de maréchal. Il est de lecture aisée. C’est, au sens fort, un précis d’histoire contemporaine. L’ouvrage étant très didactique, le lecteur peut se croire dans une salle de cours de Sciences Po. Araud donne à voir le sans-faute de son parcours au Quai d’Orsay, hormis le choix dont il convient à présent qu’il fut une erreur, la seule de sa carrière, du Secrétariat général aux Affaires européennes, de 1991 à 1993. Le panorama qu’il brosse, lucide et réaliste, de la planète et des multiples conflits dont elle est le théâtre est instructif, sinon exaltant : la raison du plus fort reste, en tout état de cause, la meilleure.

Notre pays ? « Fidèles à eux-mêmes, les Français préfèrent l’apparence à la substance. […] La France, fidèle à sa vocation de représenter une voix singulière au sein de la communauté internationale. […] Un tel moment justifie une vie (à propos du discours de Dominique de Villepin à l’ONU le 14 février 2003). » Les chapitres sont chronologiques, chacun résumant l’un des postes successifs de sa carrière – qui fit appel rarement à sa formation scientifique. Araud apparaît, au travers des portraits élogieux qu’il fait de personnalités avec lesquelles il eut des rapports de travail et des atomes crochus, comme un grand professionnel : travailleur, énergique, réfléchi, chaleureux et expressif. Je le vois en sa formulation de John Kerry qui « réussit à être, pour un Français, à la fois insupportable dans ses certitudes et sympathique dans ses manières, ce qui en fait, après tout, un assez bon résumé de nos amis transatlantiques ».

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