X-TECH, l’esprit d’entreprendre et l’émergence des technologies

Dossier : ExpressionsMagazine N°535

Vu de l’extérieur le bâtiment XPôle situé au bout de l’aile 0 du Centre de recherche de l’École polytechnique reste discret. Pourtant, comme son nom l’indique, ces murs renferment une véritable pépinière de “ chercheurs”. Dirigé par Monsieur Dominique de Lapparent assisté de Madame Alzira Da Agueda, X-Technologies tente d’exploiter au maximum les synergies entre la recherche et l’industrie.

Ses domaines reposent essentiellement sur l’accompagnement des étudiants porteurs de projets de création d’activité ou d’entreprises et également sur le développement de l’emploi des jeunes doctorants et post-docs dans l’entreprise.

PRÉSENTATION DÉTAILLÉE ET CHIFFRÉE D’X-TECHNOLOGIES

X-Technologies dispose actuellement d’une surface de 600 m2 dans le bâtiment X-Pôle, permettant d’accueillir une dizaine de sociétés. Une extension de 200 m2 est prévue pour la formation des futurs entrepreneurs. La clientèle d’X-Technologies varie, compte tenu des multiples facettes du transfert de technologie. Elle s’adresse aussi bien aux jeunes doctorants, qu’aux équipes mixtes recherche-industrie, aux sociétés en formation ou en démarrage, en collaboration avec un laboratoire de recherche, aux équipes de Recherche et Développement de sociétés industrielles et aux essaimages des laboratoires publics ou privés.

Effectif total : 41

  • permanents : 2
  • chercheurs : 9
  • doctorants ou post-docs : 10
  • industriels : 17
  • experts extérieurs (CEA, HEC) : 3


Nombre d’équipes mixtes recherche-industrie :

  • en place : 6
  • en attente : 3


Budget de fonctionnement annuel :

  • 1 million de francs

Les membres fondateurs du projet sont l’École polytechnique, HEC et le CEA/Saclay (Commissariat à l’Énergie atomique), également soutenus par la Région Île-de-France. “X-Tech” fonctionne sur le principe des “ équipes mixtes Recherche-Industrie ”. Le schéma en est le suivant :

– au démarrage émerge un projet proposé par deux ou trois “chercheurs”, doctorants ou post-docs, et deux ou trois “ industriels ”, dans le cadre d’un protocole de partenariat de Recherche & Développement ou d’une entité juridique, Société Anonyme ou Société à Responsabilité Limitée, dans des locaux de type pépinière d’entreprises permettant un accompagnement solide ;
– ensuite, on passe à la réalisation d’un démonstrateur technologique et, parallèlement, à la rédaction d’un pré-business- plan ;
– la troisième étape consiste en la présentation des résultats du démonstrateur technologique à des partenaires industriels et financiers capables de promouvoir la phase du lancement industriel et commercial du projet ;
– la dernière étape est celle du démarrage de la production du projet dans une zone d’activité normale.

Une PME est ainsi née ! L’expérience d’X-Technologies, qui est menée depuis cinq ans par l’École et ses partenaires, a permis de mesurer les potentialités et les risques de ces types de créations. Les premières, basées sur le modèle de la “ start-up” américaine, n’ont pas donné les meilleurs résultats et on a défini le modèle basé sur le concept de l’équipe mixte, qui permet de fonctionner dans les meilleures conditions depuis deux ans.

La première équipe mixte mise en place a été celle du Laboratoire de physique des interfaces et des couches minces (PICM) et de “ Instruments SA Jobin-Yvon ”. Cette équipe a obtenu en 1996 le prix de “ L’Équipe de Recherche de l’année ”. Jobin-Yvon a embauché quatre doctorants formés par PICM et réalisé vingt millions de chiffres d’affaires en ellipsométrie en 1996. À l’heure actuelle, six équipes mixtes sont en place sur le site d’X-Pôle. Celles-ci couvrent des domaines variés : la microélectronique, les télécommunications, la santé, l’environnement, les matériaux et plasmas ou encore les transports.

Si X-Technologies accompagne le démarrage de nouvelles activités, elle encourage plus particulièrement la création d’entreprises de haute technologie par des chercheurs, ce qui est un puissant moyen d’assurer à la fois emplois et valorisation de la recherche. En effet, l’entreprise de haute technologie se caractérise par l’objet, nécessairement issu de la haute technologie, par le niveau de ses dirigeants, souvent titulaires d’une thèse, par la possession de brevets ou d’autres titres de propriété industrielle, reconnus au niveau international.

Et même s’il semble encore nécessaire de mettre en place un fonds d’amorçage technologique destiné à contribuer au financement de la phase de l’équipe mixte, l’expérience d’X-Technologies peut apporter des réponses aux différentes questions de modes de gestion, d’expertise, de propriété industrielle, de recrutement et de formation des managers. Il semble d’un intérêt plus qu’important d’étendre progressivement et pragmatiquement l’expérience d’X-Technologies à d’autres établissements de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

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