Habillage des grands uniformes

Remise des bicornes, une soirée mémorable !

Dossier : Vie du PlateauMagazine N°726 Juin/Juillet 2017Par : Anne Maginot et Alix Verdet

Une soirée officielle, accueillant plus de 1 000 participants, organisée par une société secrète. Il faut donc être polytechnicien et identifié comme tel pour voir s’afficher les discours prononcés à cette occasion.

Conscrit, tu as choisi d’entrer à l’X, tu appartiens à une famille dont l’histoire témoigne de son attachement à la Nation et à la République… » C’est sur ces mots solennels, article 1 du Code X, que furent accueillis les nouveaux de la promo 2016, venus recevoir leur bicorne des mains des « vieux » chouffes de la 2015, sous l’étroite surveillance de la Khômiss.

“ Près de 500 élèves ont reçu leur bicorne à la tombée de la nuit et de la pluie ! ”


X jusqu’aux bretelles.

Pour revêtir pour la première fois leur grand U, les élèves ont eu la surprise d’avoir comme vestiaire… la chapelle des catéchismes de l’église voisine de Saint-Étienne-du-Mont, rien de moins que l’une des plus belles églises de Paris.

Ironie de l’histoire, un ancien de l’X (si l’on peut dire) les y avait précédés : le crucifix en bois qui surplombe le célèbre jubé n’est autre qu’un vestige de la chapelle de l’ancienne École polytechnique. L’AX remercie le curé de la paroisse SaintÉtienne- du-Mont pour son accueil bienveillant.

Le contexte Vigipirate renforcé interdit en effet à nos jeunes camarades de voyager en uniforme dans les rues de Paris. Revêtir le Grand U peut se révéler une épreuve, surtout quand il manque une partie importante de l’uniforme : le pantalon ! Heureusement, l’AX recèle en ses entrailles des ressources insoupçonnées, et Yves Stierlé (65) a pu sauver un jeune camarade en exhumant un pantalon de 1942.

« Nous entrerons dans la carrière quand nos aînés n’y seront plus… » Chic à la Rouje !

Ce sont près de 500 « fillots » qui ont reçu leur bicorne des mains de leurs « parrains » à la tombée de la nuit et de la pluie ! Mais ce ne sont pas les trombes d’eau qui se sont déversées à la fin de cette chaude journée printanière, qui ont entamé l’enthousiasme des cocons de la 2016, revenus aguerris de leur FHM !

Si bien que le jardin de l’AX avait, le lendemain, de faux airs de champ de bataille du Paris des Trois Glorieuses… Joie, honneur, fierté, solennité et surprises météo ont pimenté de manière particulière ce moment unique dans la vie d’une promo.

Rendez-vous l’an prochain pour les Jônes.

Les polytechniciens, authentifiés comme tels, voient apparaître ci dessous le laïus du GénéK ainsi que le laïus de l’antique, célèbre camarade dont La Jaune et la Rouge a publié le portrait récemment.

L’ancien parle, Conscrit, tiens ta langue captive, Et prête à son discours une oreille attentive.

Tu as été appelé, Conscrit, à porter l’habit de l’École. C’est un honneur qui t’impose des devoirs. Partout et toujours respecte l’uniforme et, d’abord, apprends à le connaître. Vois-tu l’Ancien ? À sa démarche noble et fière, à ce chic qui le caractérise, tu ne peux manquer de le reconnaître. Son chapeau laisse à découvert la partie gauche de son front, effleure l’oreille droite et divise le sourcil droit en moyenne et extrême raison. Son regard assuré écrase le pékin, son corps est droit, sa poitrine luxuriante ; il porte à gauche l’épée qui, tangente à la bande, touche à terre et fait voler la poussière.

Admire, Conscrit, et imite si tu le peux. Les premiers efforts seront sans succès, mais adresse-toi à l’Ancien : sa bonté, sa bienveillance te sont assurées. C’est pour lui un devoir comme un plaisir de guider tes premiers pas.

L’Ancien, Conscrit, est ton guide naturel. C’est lui qui te transmet les Anciennes traditions, et elles doivent être conservées non seulement parce qu’elles maintiennent à l’extérieur la réputation de l’École, mais parce qu’elles assurent à l’intérieur la bonne harmonie et la fraternité qui doivent se continuer au-delà de l’École.

 

C’est par ces mots que commençait autrefois le Code X, l’un des plus beaux héritages que nos antiques nous ont laissé. Si le style a changé, le message subsiste : le lien entre les promotions amenées à porter l’habit de l’école et la transmission de notre esprit par les traditions et la camaraderie a été, et reste le fondement de nos vies de polytechniciens. Cette histoire et ces traditions, elles vous contemplent aujourd’hui entre ces murs. Vous avez choisi d’entrer dans la grande famille des polytechniciens, l’histoire de cette Ecole devient aujourd’hui la vôtre.

D’illustres Antiques ont foulé le sol de cette cours pendant leurs exercices de gymnastique ou d’ordre serré. Poisson, major de la promotion 1798, a ici même appris puis enseigné avec la bienveillance de Laplace et Lagrange. Cauchy, Poincaré, ce sont autant de grands noms qui ont donné à la France ses lettres de noblesse dans le domaine des Mathématiques ou les ont réaffirmées. Coriolis, Carnot, Clapeyron, Becquerel, Fresnel, Gay-Lussac, sont encore d’illustres antiques qui sont passé par cette Ecole et ont aussi laissé leur nom dans l’histoire des sciences. Ensuite sont venus les militaires. Des militaires de renom tels que Faidherbe, Denfert-Rochereau, Foch, Joffre, Ferrié qui ont donné leur nom à vos bâtiments mais qui sont avant tout des héros de la nation. Mais aussi des camarades tombés au champ d’honneur pour la patrie, 900 répartis sur 50 promotions lors de la première Guerre mondiale, 350 lors de la seconde. Tous ceux qui prirent les armes alors qu’ils étaient élèves à l’Ecole, ont versé leur sang sur un uniforme que vous portez encore aujourd’hui. De nos jours, ce sont plutôt des polytechniciens dans l’entreprise ou en politique dont vous entendez parler. Quelle que soit la voie que vous choisirez, sachez vous montrer digne de l’héritage que vos Antiques vous laissent de l’histoire de notre Ecole qu’il appartient désormais à vous d’écrire et rappelez-vous la devise de notre Ecole : « Pour la patrie, les sciences et la gloire ». C’est cette devise qui orne le fronton du pavillon Joffre, juste au-dessus de moi.

La cérémonie de ce soir marque votre entrée dans la communauté polytechnicienne. Vous êtes entrés ici en portant fièrement votre Grand Uniforme et en attirant tous les regards sur vous. Cet uniforme a toujours été perçu avec respect. Au lendemain des journées de juillet 1830 où de nombreux antiques s’illustrèrent, dont Vaneau qui y trouva la mort, Lafayette exprima en ces mots le sentiment du moment : « En présence des services rendus à la patrie par la population parisienne et les jeunes gens de l’Ecole, il n’est aucun citoyen qui ne soit pénétré d’admiration, de confiance je dirai même de respect, à la vue de ce glorieux uniforme de l’Ecole Polytechnique qui, dans ce moment de crise, a fait de chaque individu une puissance pour la conquête de la liberté et le maintien de l’ordre public. »

Cet uniforme dont parle Lafayette, aujourd’hui, tu le portes conscrit. Même si ces mots peuvent paraître exagérés de nos jours, notre uniforme est toujours un symbole important pour de nombreux Français a toujours une grande importance pour de nombreux Français . En respectant notre uniforme, ce sont ton Ecole et tes antiques que tu respectes, leur histoire et ce qui a construit l’image de l’Ecole.

Conscrits, vous faites maintenant partie d’une famille unie par de nombreux liens. Le plus important d’entre eux est le partage d’un même esprit et de même valeurs. Les traditions ne sont que les manifestations concrètes de cet esprit de corps qui nous unit. Quand je parle de traditions, ne pensez pas à ordre établi ou régime militaire mais bien plutôt à tous les évènements qui vous rattachent à votre Ecole et à vos camarades, à tout ce qui fait de vous un polytechnicien et non un un étudiant de l’Ecole polytechnique.

Vous avez peut-être entendu parler des changements qui vont marquer l’Ecole. Les parties visibles de ces bouleversements sont l’arrivée des étudiants du Bachelor sur le Platal ou encore la réinstauration de la pantoufle.

Il convient toutefois de ne pas céder à la tentation de l’immobilisme, d’être réfractaire au changement et de nous fermer à toute tentative d’adaptation au monde actuel. Ayons cœur à sculpter l’avenir de notre Ecole en nous investissant dans sa vie, en faisant vivre nos convictions, en transmettant cet esprit. C’est ainsi que nous pourrons avancer sans crainte vers le futur car nous aurons la certitude que cet esprit, ces traditions, ces valeurs, cette spécificité qui nous unit perdurera malgré les changements. Les traditions polytechniciennes ont en grande partie été conservées lors du départ de la montagne Sainte Geneviève malgré la séparation de deux promotions consécutives, le défi semble plus aisé pour les conserver aujourd’hui.

Conscrit, aujourd’hui plus que de coutume aie à cœur de suivre ces préceptes car ces changements se font à une vitesse ébouriffante et malheureusement souvent sans concertation avec les élèves. Aie une pensée particulière pour le personnel de l’école qui est si précieux à la vie de nos binets, qui dans sa discrétion et son humilité remarquable reste digne malgré les incertitudes qui pèsent sur son avenir. Sur ce sujet comme ailleurs ne crains pas d’être curieux, de d’investir et de porter fièrement tes convictions car l’indépendance d’esprit est garante des valeurs polytechniciennes, elle constitue l’essence même du Code X.

 

Ce soir conscrit, tes antiques t’envient. Tu t’apprêtes à vivre ces deux années à l’Ecole qui sont pour tous les polytechniciens parmi les plus belles et les plus importantes de leur vie. Profite de ces années, de toutes les personnes que tu pourras rencontrer durant ce passage et de tout ce que notre Ecole peut t’offrir. Tu le verras dans le code X, à l’Ecole Polytechnique « il ne t’est pas permis de perdre ton temps !», profite donc de ces années et sache te mettre au service des autres avec humilité en t’investissant dans ta section et dans des binets comme dans des projets personnels qui te tiennent à coeur. Tu en tireras de nombreux enseignements et n’en garderas que de bons souvenirs.

La Khômiss a invité ce soir un illustre antique, Hervé Le Bras , Missaire de la Promotion 1963, pour vous parler de ce riche passé, et de l’esprit de notre Ecole.

L’Antique parle conscrit, tiens ta langue captive et prête à son discours une oreille attentive.

Le laîus de l’antique

Je remercie la Khômiss 2015 de m’avoir invité à prendre la parole pour l’ouverture de cette cérémonie polytechnicienne. C’est avec émotion que je retrouve la cour d’honneur, non pas que je n’y sois pas souvent revenu, mais parce qu’à la place des habituels bureaucrates du ministère de la recherche, elle est réoccupée par les polytechniciens et en grand U.

Cette cérémonie est une tradition, mais qu’est-ce que signifie la tradition ? L’historien anglais Eric Hobsbawn s’est penché sur le sujet dans son ouvrage célèbre « l’invention de la tradition ». En sept chapitres, il montre à l’aide de maints exemples que les traditions sont en général bien plus récentes qu’elles ne le revendiquent. Par exemple, les Ecossais ne portaient pas de kilt avant la fin du XVIIIème siècle. C’est aussi vrai pour cette cérémonie des bicornes qui n’existait pas à mon époque. Mais pour autant, la tradition ne nait pas de rien. Elle réarticule, réinterprète, recompose des éléments du passé qui lui donnent un sens. Un grand auteur l’a exprimé mieux que moi et je lui laisse la parole un moment :

« Les hommes font leur propre histoire, mais ils ne la font pas arbitrairement, dans des conditions choisies par eux, mais dans des conditions directement données et héritées du passé. La tradition de toutes les générations mortes pèse d’un poids très lourd sur le cerveau des vivants. Et même quand ils semblent occupés à se transformer, eux et les choses, à créer un monde nouveau, c’est précisément à ces époques de crise qu’ils évoquent craintivement les esprits du passé, qu’ils leur empruntent leurs noms, leurs mots d’ordre, leurs costumes pour apparaître sur la nouvelle scène de l’histoire sous ce déguisement respectable et avec ce langage d’emprunt.

C’est ainsi que Luther prit le masque de l’apôtre Paul, que la Révolution de 1789 à 1814 se drapa successivement dans le costume de la République romaine, puis dans celui de l’Empire romain et que la Révolution de 1848 ne sut rien faire de mieux que de parodier celles de 1789 et de 1793. »

Nous voici avec ces costumes du passé, dans cette ancienne cour d’honneur avec l’immémoriale Khômiss en train de procéder à une cérémonie nouvelle. Ce n’est pas par jeu, ou par nostalgie comme le texte que je viens de lire pourrait le laisser penser. Le rôle de la tradition n’est pas de flatter le passé mais d’unifier la société et plus précisément, ce soir, de développer un esprit de corps, l’esprit polytechnicien.

Le décalage entre la Khômiss de 1963 à laquelle j’ai appartenu et celle de 2015 qui m’invite, est en effet très important, mais sa place dans le dispositif polytechnicien reste assez semblable. En 1963, la Khômiss œuvrait à contourner les règles qu’une hiérarchie militaire stricte et tatillonne tentait de nous imposer.

La Khômiss pouvait ainsi apparaitre comme l’opposant principal du système militaire alors qu’en réalité, elle en était le complément indispensable, le double, l’ombre portée. La promotion était prise en étau entre une structure visible du haut, l’armée, et une structure cachée du bas, la Khômiss.

La similitude, voire l’homologie entre les deux institutions était en effet flagrante. De même qu’un général commandait l’Ecole, un géné K était à la tête de la Khômiss. Les hauts faits de la Khômiss étaient ceux d’un commando militaire. Il s’agissait par exemple de dérober furtivement, de nuit, le clairon qui sonnait l’appel du matin pour le percher sur un paratonnerre ou pour y couler du plâtre.

La coopération entre la Khômiss et ce qu’on nommait la Mili était encore plus flagrante dans la gestion des bêtas. Par ce terme, on désignait les issues clandestines grâce auxquelles on pouvait sortir ou rentrer à toute heure, car les sorties officielles étaient limitées à un début de soirée, de 19h 30 à 22h 15.

La Khômiss entretenait par exemple le bêta de la chimie, un barreau scié et remis en place, pendu à une ficelle, ou l’infirmerie, dont une clef permettait d’ouvrir la porte pour sortir rue Monge ou encore le bélier et le Styx, auxquels on accédait par les sous-sols de l’ancien couvent des Genovéfins.

Une tête de bélier sculptée est en effet enchâssée à mi-hauteur dans le mur qui donne sur le square de la rue Monge. En prenant appui sur elle, on pouvait atteindre une lucarne des sous-sols. Les militaires étaient bien sûr au courant de ces issues qu’ils bloquaient périodiquement, ressoudant le barreau de la chimie, changeant la serrure de l’infirmerie, grillageant la lucarne du Styx. Mais dès la nuit suivante, la Khômiss rouvrait les issues. C’était un ballet bien réglé entre deux complices.

La circulation des clés en donnait un autre exemple. L’un des missaires, Gerald Boisrayon, était chargé en tant que « pitaine clés » de produire des doubles des clés qu’utilisaient les militaires. Il avait un talent remarquable, capable de fabriquer une clé, non pas seulement à partir d’un original, mais directement à partir de la serrure en écoutant le bruit de ses « pompes ».

Il se mettait en colère quand on lui demandait une fausse clef. Elles sont aussi vraies que les autres grondait-il. Parfois, les militaires qui avaient égaré l’une de leurs clés venaient lui emprunter une vraie-fausse clef, nouvel exemple du parallélisme des deux organisations.

Une anecdote, plus longue, fournira mon dernier exemple. La promotion partait une fois dans l’année en visite à Coëtquidan où elle passait quelques jours avec les Cyrards. A l’arrivée, on nous faisait visiter leurs caserts ou dortoirs pour nous montrer l’extrême ordre qui y régnait.

Les armoires de chaque Cyrard étaient ouvertes et leurs affaires rangées exactement de la même manière. Sur l’une des étagères hautes, à gauche, bien pliée, se trouvait la tenue léopard dont ils étaient très fiers et qui sentait un peu le soufre en cette année où la guerre d’Algérie venait à peine de se terminer.

A la sortie de la visite, les Cyrards nous chahutèrent en nous bousculant et en nous jetant de la farine (peut-être de la poudre d’ailleurs). C’était déplaisant et grossier comme plaisanterie.

La Khômiss se réunit et nous décidâmes d’exercer une vengeance plus raffinée. En pleine nuit nous nous introduisîmes dans les caserts des Cyrards et nous prîmes dans leurs armoires leur tenue léopard, ce qui était simple puisqu’elle se trouvait toujours à la même place. L’ordre n’est pas toujours un avantage stratégique. Le lendemain matin une de nos compagnies se présenta à l’appel, toute en tenue léopard. Je me souviens encore de cette expédition nocturne avec les Cyrards plongés dans un sommeil tranquille pendant que nous les dépouillions de leur trésor, en craignant qu’ils ne s’éveillent.

Dans cette opération encore, le parallélisme entre la Khômiss et l’armée est frappant. L’expédition nocturne est typiquement celle d’un commando. Et le lendemain, l’arrivée en tenue léopard est typiquement militaire.

Sur le moment, nous ne sentions pas l’homologie entre la Khômiss et l’armée. Il est difficile de comprendre une structure lorsque l’on se trouve à son intérieur. On peut seulement en avoir l’intuition et cette intuition je l’ai éprouvée à la fin de mes études à l’X. J’ai alors décidé d’étudier une structure à laquelle je serai extérieur.

Grâce à l’aide du professeur d’humanités et sciences sociales (c’était l’intitulé à l’époque), l’historien Charles Morazé, je suis parti comme anthropologue stagiaire au centre du Tchad étudier les Massas, un groupe tribal d’éleveurs d’origine nilotique que l’on pouvait qualifier de primitif à première vue, mais qui se révéla, comme la plupart de tels groupes, très raffiné socialement.

Les Massas me tendirent un miroir pour regarder mon expérience à la Khômiss et mon passage à l’X. Non pas que ces deux institutions puissent être directement qualifiées de primitives, mais parce qu’elles deux étaient constituées, comme la société Massa, des mêmes éléments primitifs combinés dans un ordre différent.

Percevoir de l’extérieur ces éléments chez les Massas permettait de les repérer chez les militaires et à la Khômiss. Ce qui distingue les sociétés est l’assemblage de leurs éléments primitifs, non leur matériau, comme l’a remarquablement montré Claude Lévi-Strauss, en particulier dans « Les structures élémentaires de la parenté ». Il y a été aidé par un grand mathématicien, André Weil, l’un des membres du groupe Bourbaki.

Les destins s’étaient en quelque sorte croisés. De mathématicien, j’étais devenu (presque) anthropologue et Lévi Strauss, d’anthropologue était devenu (presque) mathématicien. Mais il y a une grande différence, en fait, entre les deux parcours.

Un polytechnicien peut devenir anthropologue mais un anthropologue ne peut pas devenir mathématicien. Il peut se faire aider par un mathématicien. C’est une formidable possibilité qu’offre la formation polytechnicienne. Elle permet d’aborder pratiquement n’importe quelle forme d’activité scientifique, sociale, économique et même politique.

Suite et fin du GénéK

Parrains, vous allez bientôt remettre son bicorne à votre fillot. Ce geste symbolique a son importance bien au-delà de la simple complétion de l’uniforme. Il est tout d’abord le début d’un lien qui doit unir les deux promotions ici réunies. Aujourd’hui, une promotion ne connaît que celle qui la précède et celle qui la suit. C’est bien dommage. Il est alors dans notre intérêt à tous que ce lien que vous créez soit fort et fécond.

La transmission des savoirs, à fortiori celle des traditions, est mise en péril par le manque de communication entre les promotions ainsi que par une volonté de certains dirigeants de notre Ecole, bien qu’eux même parfois anciens élèves, de mettre fin à quelques une de nos traditions qui participent pourtant à la transmission de l’état d’esprit polytechnicien qui a fait la force de l’Ecole pendant plus de 200 ans. N’hésitez pas à venir voir vos parrains quand vous aurez une question. N’hésitez pas à aller vers vos antiques lors des occasions diverses qui s’offriront à vous. En d’autres termes, n’hésitez pas à vous approprier ce riche patrimoine qui est maintenant le vôtre.

Le bicorne est aussi l’un des symboles de l’Ecole Polytechnique. Permettez-moi à nouveau de citer l’ancien Code-X : « Vois-tu l’ancien ? A sa démarche noble et fière, à ce chic qui le caractérise, tu ne peux manquer de le reconnaître. Son chapeau laisse à découvert la partie gauche de son front, effleure l’oreille droite et divise le sourcil droit en moyenne et extrême raison. » Parrains, faites-vous un devoir de placer le bicorne sur la tête de vos fillots en respectant de ces quelques préceptes.

Roûjes/ Conscrits, mettez vos gants. Le bicorne ne saurait être porté sans.

Roûjes/Conscrits, mettez vous en position de recevoir votre bicorne, genou droit à terre.

Jônes/Parrains (et marraines), remettez les bicornes.

Conscrits, levez-vous. Vous portez dorénavant le bicorne de l’École polytechnique.

Vous allez maintenant recevoir le Code X. Il est le recueil bicentenaire des quelques préceptes simples qui guident la vie des polytechniciens, ainsi que d’indications sur le fonctionnement des organes principaux de la vie des élèves. Il a évolué au rythme des changements de notre Ecole, c’est pourquoi conscrit, tu y trouveras en annexe une version ancienne de celui-ci qui te permettra d’apprécier l’humour et l’esprit de tes antiques, qui fait aujourd’hui encore le socle de nos relations.

Camarades de la 2015, tenez le Code X devant vous.

Conscrits, c’est la dernière fois que je vous appelle ainsi, Placez votre main droite sur sa couverture.

Roûjes et Jônes vous allez maintenant répéter la devise de l’École, Répétez après moi : Pour la Patrie………Les Sciences……….et la Gloire…… Prenez vos Code-X.

2016, par ton serment sur ce présent Code X Conscrit tu n’es plus, Camarade tu deviens. Sâche être digne de ces deux symboles fort de notre identité polytechnicienne.

Je vous remercie d’être venus, Camarades et invités. C’est un plaisir pour la Khômiss et moi-même de vous avoir reçu ce soir.

Vous pouvez maintenant profiter du champagne qui va vous être remis pour baptiser votre bicorne. Ce n’est en aucun cas une obligation mais un moment de convivialité entre parrain et fillot.

Mais avant toutes choses, Chic à la Roûje.

Merci et bonne soirée.

Commentaire

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Thomasrépondre
20 juillet 2017 à 6 h 10 min

C’est un moment émouvant pour

C’est un moment émouvant pour les parents de voir leurs enfants récompensés pour tout leur effort. Bravo à tous.

Thomas acticani-shop.fr

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