Siège de l'OEB

OEB : Performance, Innovation et Qualité

Dossier : Dossier FFEMagazine N°719 Novembre 2016
Par Benoît BATTISTELLI

La Pro­prié­té Indus­trielle pro­fite à l’é­co­no­mie européenne 

Quelques mots pour nous présenter l’Office européen des brevets (OEB) et votre périmètre d’action ?

L’OEB est un exemple d’intégration euro­péenne réus­sie. Notre office a été créé il y a plus de 40 ans pour doter l’Europe d’un sys­tème cen­tra­li­sé effi­cace de déli­vrance de bre­vets de haute qua­li­té, actuel­le­ment recon­nus dans 42 États, ce qui repré­sente un mar­ché de plus de 650 mil­lions d’habitants.

Avec un effec­tif de 7 000 agents – dont 4 300 scien­ti­fiques et ingé­nieurs – l’OEB est la deuxième orga­ni­sa­tion de ser­vice public en Europe de par sa taille. 

L’OEB reçoit et traite quelque 160 000 demandes de bre­vet par an venant du monde entier, soit plus de 430 demandes par jour. Cette ten­dance très posi­tive s’est ren­for­cée au cours de l’année 2016. 

Nous serons éga­le­ment char­gés de la mise en oeuvre du futur bre­vet uni­taire pour les États par­ti­ci­pants de l’UE. En outre, nous sommes un des plus grands four­nis­seurs d’information tech­nique actua­li­sée à l’intention du public via Espa­ce­net, notre base de don­nées gra­tuite, cou­vrant plus de 90 mil­lions de docu­ments du monde entier. 

Depuis le début de l’année 2016, vous êtes en plein recrutement. Quels sont les profils que vous recherchez ?

L’OEB est à la pointe de son domaine et se doit de res­ter aux avant-postes de la tech­no­lo­gie. Nos exa­mi­na­teurs de bre­vets sont des four­nis­seurs de ser­vices impor­tants et doivent pos­sé­der des connais­sances tech­niques asso­ciées à de grandes facul­tés d’analyse.

Cette année nous cher­chons à recru­ter 200 exa­mi­na­teurs. Nous ciblons les diplô­més d’université en sciences et en tech­no­lo­gies ayant une bonne connais­sance de nos langues offi­cielles – l’anglais, le fran­çais et l’allemand – et qui dési­rent tra­vailler dans un envi­ron­ne­ment international. 

Nous cher­chons actuel­le­ment des pro­fils, entre autres, dans le domaine des tech­no­lo­gies médi­cales, de l’informatique et des télécommunications. 

L’OEB est un employeur modèle du sec­teur public inter­na­tio­nal, offrant la pers­pec­tive d’une car­rière stable de longue durée, ain­si que l’un des meilleurs sys­tèmes de pré­voyance sociale en Europe, par­ti­cu­liè­re­ment favo­rable aux familles. 

Nos agents tra­vaillent à Munich, La Haye, Ber­lin et Vienne, quatre villes attrayantes. 

Dans le contexte actuel, quels sont les principaux facteurs internes qui vous importent ?

L’OEB tient un rôle clé dans la pro­mo­tion de l’innovation en Europe. Depuis 2011, nous met­tons tout en oeuvre en vue d’augmenter notre effi­ca­ci­té et la qua­li­té de nos ser­vices au tra­vers de réformes sur le plan des res­sources humaines ou d’investissements dans les solu­tions tech­no­lo­giques les plus innovantes. 

Ces mesures nous ont per­mis de moder­ni­ser l’OEB et de sti­mu­ler la per­for­mance, avec une hausse en 2015 de 14 % des recherches, exa­mens et oppo­si­tions, et une pro­gres­sion de la pro­duc­ti­vi­té de 10 %, tout en main­te­nant la qua­li­té éle­vée et lar­ge­ment recon­nue de nos pro­duits et services. 

L’OEB a aus­si déli­vré plus de 68 000 bre­vets euro­péens, soit près de 6 % de plus que l’année pré­cé­dente et nous nous atten­dons à une pour­suite de la crois­sance cette année. 

De plus, grâce au pro­gramme « Ear­ly Cer­tain­ty from Search », nous avons amé­lio­ré le délai de déli­vrance de nos pro­duits et ser­vices afin d’établir un pre­mier avis rela­tif à la bre­ve­ta­bi­li­té dans les six mois qui suivent le dépôt. 

Ceci sert à ren­for­cer la sécu­ri­té juri­dique : les deman­deurs peuvent mieux éva­luer, à un stade pré­coce, les risques et les pos­si­bi­li­tés que pré­sentent les demandes en instance. 

En 2015, l’OEB a obte­nu la cer­ti­fi­ca­tion de qua­li­té ISO 9001 pour la tota­li­té de sa pro­cé­dure de déli­vrance des bre­vets, situa­tion unique par­mi les grands offices de bre­vets dans le monde. 

Des enquêtes externes auprès des uti­li­sa­teurs placent l’OEB régu­liè­re­ment en tête des grands offices de bre­vets pour la haute qua­li­té de ses pro­duits et ser­vices. Ceci consti­tue pour nous un élé­ment essen­tiel de notre stra­té­gie de déve­lop­pe­ment : offrir de meilleurs ser­vices en contrô­lant nos coûts. 

Et les facteurs externes ?

L’Europe attend aujourd’hui la plus grande réforme de son sys­tème de bre­vets depuis des décen­nies, avec l’arrivée du bre­vet uni­taire et de la juri­dic­tion uni­fiée du brevet. 

Ce bre­vet ins­tau­re­ra – pour la pre­mière fois dans l’histoire – une pro­tec­tion juri­dique uni­fiée sur un vaste ter­ri­toire ras­sem­blant actuel­le­ment 26 États membres de l’UE. Il assu­re­ra un meilleur rap­port qua­li­té-prix pour toute entre­prise inno­vante cher­chant à pro­té­ger par bre­vet son inven­tion à tra­vers l’Europe.

Il ren­for­ce­ra la com­pé­ti­ti­vi­té de l’économie euro­péenne en sim­pli­fiant les pro­cé­dures et en rédui­sant consi­dé­ra­ble­ment les coûts admi­nis­tra­tifs et finan­ciers. Cette réforme sera donc par­ti­cu­liè­re­ment béné­fique pour les PME et les ins­ti­tuts de recherche. 

Qu’est-ce que le Brexit va y changer ?

Il est un peu pré­ma­tu­ré de spé­cu­ler sur les consé­quences que le réfé­ren­dum orga­ni­sé au Royaume- Uni aura sur le paquet du bre­vet unitaire. 

Ces consé­quences dépen­dront lar­ge­ment des déci­sions poli­tiques qui seront prises dans les pro­chains mois. Des solu­tions pour­raient tou­te­fois être trou­vées pour per­mettre au Royaume-Uni de conti­nuer à par­ti­ci­per au bre­vet unitaire. 

Comment l’Europe se situe-t-elle dans le contexte international ?
Comment l’OEB pourrait-il soutenir cette position par ses activités ?

Le nombre de demandes de bre­vet euro­péen a pro­gres­sé de 4,8 % en 2015, pour atteindre le chiffre de 160 000. Cette crois­sance remar­quable des demandes prouve que l’Europe conti­nue d’être un pôle majeur pour les inno­va­teurs du monde entier, un mar­ché tech­no­lo­gique attractif. 

Cela reflète la volon­té des entre­prises et des inven­teurs d’obtenir des bre­vets de grande qua­li­té sur le mar­ché euro­péen. L’augmentation des demandes de bre­vet de la part des entre­prises non euro­péennes est impressionnante. 

Tou­te­fois, l’équilibre par rap­port aux demandes faites par les entre­prises euro­péennes dans d’autres régions du monde reste posi­tif, ce qui prouve le poten­tiel inno­vant de l’économie européenne. 

Les entre­prises qui sou­haitent une pro­tec­tion bre­vet mon­dial peuvent aus­si uti­li­ser les ser­vices de l’OEB selon le Trai­té de coopé­ra­tion sur les bre­vets (PCT), un accord inter­na­tio­nal admi­nis­tré par l’Organisation Mon­diale de la Pro­prié­té Intellectuelle. 

En tant qu’autorité lea­der du PCT, l’OEB est choi­si pour effec­tuer envi­ron 40 % de toutes les pre­mières recherches inter­na­tio­nales au titre de cette pro­cé­dure, et 50 % des rap­ports d’examen pré­li­mi­naire inter­na­tio­nal (une seconde étape). 

EN BREF

L’Office européen des brevets délivre aux inventeurs un brevet qui protège leur invention dans 42 pays.
Ceci s’inscrit dans une mission globale de soutien de l’innovation, de la compétitivité et de la croissance économique en Europe, mission dans laquelle nous nous engageons à fournir des services de qualité élevée.

Dans le contexte actuel de mon­dia­li­sa­tion des mar­chés tech­no­lo­giques, les entre­prises font sou­vent bre­ve­ter leurs inven­tions dans plu­sieurs pays en paral­lèle. Pour ren­for­cer la qua­li­té du sys­tème des bre­vets et en sim­pli­fier l’utilisation, nous tra­vaillons avec les prin­ci­paux offices de bre­vets dans le monde, en par­ti­cu­lier avec les offices amé­ri­cain, chi­nois, coréen et japo­nais (le groupe « IP5 »). 

Ensemble, les cinq offices couvrent près de 90 % des demandes de bre­vet dépo­sées dans le monde. Cette coopé­ra­tion doit appor­ter des béné­fices directs aux inven­teurs : créer des condi­tions com­pa­rables sur tous les mar­chés en har­mo­ni­sant les pra­tiques et procédures. 

L’OEB a un rôle de pointe dans la coopé­ra­tion mon­diale et est le porte-parole de l’Europe dans les négo­cia­tions avec les par­te­naires régionaux. 

Ceci est com­plé­té par des actions de coopé­ra­tion bila­té­rales, en par­ti­cu­lier avec les éco­no­mies émergentes.

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