Le point de vue des élèves

Dossier : Les prépasMagazine N°703
Par Pierre LASZLO

Selon Antonin Assoun, les prépas présentent l’avantage énorme de disposer d’un unique professeur par matière, là où l’université offre des cours avec des professeurs qui tournent au cours de l’année : « Chaque professeur suit ses élèves et leur est vraiment dévoué.

En échange, on demande aux élèves un travail intensif mais, après tout, le but est de réussir aux concours. L’échéance des concours permet de poursuivre un objectif motivant.

« Enfin, contrairement à la fac, on demande un réel travail de réflexion culturelle, hors du contexte scientifique, avec les heures de langues et de français-philosophie. »

REPÈRES

Trois élèves de classes préparatoires du lycée Louis-le-Grand apportent ici leur témoignage. Actuellement en première ou deuxième année de CPGE, ils ont choisi la section MP* (Mathématiques et sciences physiques).
Les matières scientifiques principales qu’ils étudient sont donc les mathématiques et les sciences physiques. Ils doivent en outre choisir une spécialisation : SI (sciences de l’ingénieur) ou Informatique.
Les étudiants des CPGE scientifiques présentent les concours des ENS (Écoles normales supérieures), des écoles d’ingénieurs et des écoles supérieures militaires.

Des différences entre établissements

Le système des classes prépas fait que les emplois du temps et les programmes officiels sont les mêmes dans chaque établissement.

« Les lycées de province ont moins l’habitude des “gros concours” »

« On dit souvent que “ce n’est pas la prépa qui permet d’intégrer telle école, c’est le travail de l’étudiant”.

« Dans la pratique, il y a une grande différence selon l’établissement. J’ai moi-même effectué mon année de “sup” dans un lycée de province. Terminant major en maths j’ai postulé pour ma “spé” à Louis-le-Grand où j’ai été accepté en MP*. Je constate une nette différence entre ce qui se fait ici et ce qui se fait dans mon lycée d’origine.

QUELQUES POINTS FAIBLES

Les critiques du système des classes préparatoires sont généralement apportées par des personnes qui n’en ont jamais fait l’expérience.
Certains évoquent un système de reproduction des élites. Si jamais c’est le cas, ce n’est pas la prépa qui est en cause mais le manque d’information et de formation qui précède la classe prépa, et chacun peut trouver une prépa qui lui convienne.
Ceux qui ont « fait » une prépa en sont ravis.

« Celui-ci n’a pas l’habitude des “gros concours” et centre ses préparations sur le concours des ENSI. Les élèves ont tendance à limiter leurs efforts.

« En contrepartie, les élèves dont le niveau est plus faible peuvent suivre une prépa qui leur est plus adaptée, sans avoir à se traîner dans une classe dont ils n’ont pas le niveau. Mais des élèves brillants se retrouvent dans des classes moins relevées, sans bénéficier des avantages des “grands lycées parisiens”. »

Une stratification

« Deux facteurs expliquent cette stratification des élèves. Le premier est psychologique. « Ceux qui ne sont pas pris dans les prépas les plus sélectives pensent généralement qu’ils n’ont aucune chance et préfèrent se rabattre directement sur des concours moins sélectifs sans essayer de s’impliquer et de travailler suffisamment pour tenter leur chance.

S’ensuit une ambiance de classe moins travailleuse, moins combative face aux difficultés.

Ensuite, il y a effectivement une différence certaine de niveau pour ce qui est des capacités de concentration et de travail mais aussi d’assimilation et de réutilisation du savoir dans les contextes nouveaux. Face à cette différence de niveau et d’intérêt des élèves, l’enseignement des professeurs s’adapte. »

La valeur du temps

Pour Elena Matias, le sentiment de perdre un temps précieux est constamment là, même lorsqu’on parle à des amis, voire à la famille.

« On se dit “je pourrais être en train d’avancer mon devoir”. C’est un peu triste, mais bon, d’ici quelques mois ça sera terminé.

« Mais beaucoup de clichés qui circulent sont faux.

“ On peut avoir de vrais amis malgré l’ambiance des concours ”

« Le premier, qui m’a fait le plus peur, évoque la méchanceté des professeurs. Certains disent que le but des professeurs en prépa est d’humilier les élèves, de les traiter comme s’ils étaient idiots. Je ne me suis jamais trouvée dans cette situation, tout au contraire.

« On dit aussi qu’en prépa on ne peut avoir de vrais amis parce que c’est un concours et que tes camarades se réjouissent de tes mauvaises notes. Ça ne m’est pas arrivé non plus. J’ai connu des gens très intéressants, qui ont des goûts proches des miens, très sympathiques et avec qui je m’entends très bien.

« Je crois que ces deux idées fausses étaient mes plus grandes peurs avant de venir en prépa, surtout en tant qu’étrangère (Catalane, de Barcelone). Je ne connaissais personne à Paris et je ne connaissais pas très bien le fonctionnement des classes préparatoires.

« En revanche, ce qu’on dit sur deux années (voire trois) où tu travailles comme jamais dans ta vie, avec un temps très limité pour faire du sport ou de la musique, est totalement vrai, mais je trouve que ça permet d’acquérir une méthode de travail qui me sera très utile dans le futur. »

Changer de filière

Joseph de Vilmarest, lui, a suivi un autre parcours.

« N’ayant pas été accepté dans une prestigieuse prépa en MPSI l’année dernière, je me suis retrouvé en PCSI ici. J’avais en effet fait le choix de placer Louis-le-Grand en PCSI devant d’autres MPSI.

« Ma passion pour les maths et l’informatique excédant toujours celle pour la physique et la chimie et leur influence sur mes résultats étant visible, j’ai convaincu le proviseur de me changer de filière, et je suis passé en MP*1. J’en suis très satisfait, bien que le niveau en maths soit nettement plus relevé. »

LES PRÉPAS SCIENTIFIQUES

Ces classes préparatoires s’adressent aux bacheliers S souhaitant intégrer une école d’ingénieurs.
  • La prépa MPSI : mathématiques, physique et sciences de l’ingénieur
    La prépa MPSI est, avec PCSI, la voie qui accueille le plus d’élèves. Elle s’adresse aux lycéens qui aiment les mathématiques, la physique et sont à l’aise avec l’abstraction. À privilégier aussi pour ceux qui sont intéressés par l’informatique. Deux filières en deuxième année : MP ou PSI.
  • La prépa PCSI : physique, chimie et sciences de l’ingénieur
    Accordant une large place à l’expérimentation, la prépa PCSI offre un cocktail de matières scientifiques plus équilibré qu’en MPSI. C’est aussi la voie à choisir pour les élèves attirés par la chimie. Elle donne accès à deux filières en deuxième année : PC ou PSI.
  • La prépa PTSI : physique, technologie et sciences de l’ingénieur La prépa PTSI constitue une formation de haut niveau en sciences industrielles. Dans toutes les matières, les notions étudiées sont rattachées au concret dans la mesure du possible.
  • La prépa PSI : physique et sciences de l’ingénieur Accessible à partir des voies MPSI, PCSI ou PTSI, la prépa PSI propose une approche transversale des mathématiques, de la physique et des sciences industrielles au service de l’étude d’objets technologiques complexes.
SOURCE : ONISEP

 

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