Couverture de la BD Le Monde sans fin

Une critique de la BD Le Monde sans fin de Jean-Marc Jancovici (81)

Dossier : ExpressionsMagazine N°773 Mars 2022
Par François Xavier MARTIN (63)

Notre camarade François Xavier Martin (63) a lu avec intérêt et précision la bande dessinée Le Monde sans fin de Jean-Marc Jancovici (81) et Christophe Blain, qui connaît un grand succès en librairie puisqu’elle en est à sa deuxième édition, depuis son lancement le 29 octobre 2021. Par-delà son constat de l’aspect incontestablement pédagogique et réussi de la BD, il en propose une lecture critique, relevant çà et là des éléments trop rapidement exposés, voire inexacts.

 

C’est sous la forme inattendue d’une imposante bande dessinée (BD) de près de 200 pages que Jean-Marc Jancovici (81) et le dessina­teur Christophe Blain se livrent à un utile exercice de pédagogie sur l’énergie et l’environnement. Tout au long de cet ouvrage, illustré de très nombreux schémas explicatifs, souvent humoristiques, les auteurs passent leurs messages exclusivement sous forme de bulles de BD, toujours en des termes très accessibles : par exemple l’unité de puissance est comparée à celle développée par un cycliste, celle de travail à l’activité d’un travailleur de force pendant une journée. Voilà qui sera bien utile à une large partie de la population française qui a souvent oublié ou n’a même jamais bénéficié d’un enseignement de physique. Les dirigeants de mouvements écologistes, plus souvent diplômés en sciences politiques ou en économie qu’en physique ou en biologie y apprendront vraisemblablement certains détails dont ils ne semblent pas toujours conscients.

Production économique et énergie, un lien qui s’atténue

La première partie du Monde sans fin (jusqu’à la page 125) traite de sujets irréfutables ou largement consensuels, à l’exception de l’affirmation prêtée à Charles Dupin, page 88 : « La production économique varie exactement comme l’énergie », relativement vérifiée jusqu’à la fin du XXe siècle, mais qui ne semble plus l’être depuis que l’humanité est consciente de l’obligation de réduire ses émissions de gaz à effet de serre.

 


CONSOMMATION FINALE ÉNERGÉTIQUE PAR SECTEUR

Total : 1 562 TWh en 2020 (données corrigées des variations climatiques)

Consommation finale énergétique par secteur
* La répartition de la chaleur par secteur consommateur n’est pas disponible entre 2000 et 2006.
Champ : jusqu’à l’année 2010 incluse, le périmètre géographique est la France métropolitaine. À partir de 2011, il inclut en outre les cinq DROM.
Source : SDES, Bilan énergétique de la France

 

Les chiffres sont sans appel dans le cas de la France : de 2001 (début de la baisse de la consommation d’énergie) à 2019 (dernière année avant l’épidémie de Covid), le document « Chiffres clés de l’énergie » pour la version web du Service des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique nous indique, page 30, que la consommation française d’énergie a baissé d’environ 0,3 % par an. Pendant ce temps, le PIB français augmentait de 52 % en euros courants (21 % en euros constants). Une diminution de 6 % de la consommation d’énergie (en quantités physiques) et une augmentation simultanée de 21 % du PIB en euros constants : il est clair que la prise de conscience des méfaits des rejets de gaz à effet de serre semble rendre caduc le postulat de la page 88.

Notons au passage que la part exceptionnellement élevée du nucléaire dans la production française d’électricité dope les besoins apparents en énergie primaire. En effet, le lancement du programme massif de constructions de centrales nucléaires a été initialement accompagné d’une forte incitation à adopter le chauffage électrique des logements, procédé qui conduit à multiplier l’énergie provenant d’une combustion locale de gaz ou de fuel par environ 3 pour générer la vapeur entrant dans les groupes turbo-alternateurs des centrales électriques. Ce phénomène est aggravé par le rendement thermodynamique modeste des réacteurs nucléaires à eau d’où celle-ci ne sort qu’à environ 300 °C. À titre de comparaison, la génération précédente de réacteurs graphite-gaz envoyait vers les échangeurs générant la vapeur un gaz carbonique à plus de 400 °C.

Mieux exposer la différence entre énergie primaire et consommation finale

Dans cette première partie du Monde sans fin on note deux lacunes auxquelles d’éventuelles rééditions devraient remédier. Tout d’abord, la différence entre énergie primaire et consommation finale n’est pas suffisamment expliquée, ce qui peut rendre le lecteur réceptif à des comparaisons spécieuses : dans des statistiques de consommation d’énergie finale peut-on accorder la même valeur à un kilowattheure venant du pétrole et à un kilowattheure électrique qui a demandé pour sa production près de 3 kWh d’énergie fossile (charbon, pétrole, gaz ou uranium) ? Oui, si le kilowattheure électrique sert à chauffer un appartement… bien évidemment non, si le kilowattheure électrique sert à faire rouler un véhicule qui devrait consommer plus de 3 kWh d’énergie fossile pour rendre le même service.

D’autre part les perspectives révolutionnaires, même incertaines, de la fusion nucléaire ne sont pas évoquées, à un moment où on assiste à une certaine accélération des progrès, en particulier dans les décisives techniques de confinement magnétique, à tel point que certains éléments clés d’Iter risquent d’être obsolètes  avant même d’avoir commencé à fonctionner.

À partir de la page 126, la BD glisse vers un raisonnement de type TINA (There is no alternative, l’acronyme favori de feue Margaret Thatcher). Le lecteur est enfermé dans une logique cherchant à convaincre que, si l’humanité ne veut pas régresser par rapport à l’époque où elle pouvait disposer pratiquement sans limites des énergies fossiles, le passage par l’énergie nucléaire s’impose.

Les limites de la solution nucléaire

Loin de nous l’idée de rejeter a priori cette technologie, mais les raisons, qui militent pour cette solution, mériteraient d’être clairement énoncées. Nous savons que, face à la bienvenue réduction drastique des émissions de gaz carbonique qu’entraînerait le recours mondial au nucléaire, existent certains inconvénients : durée très importante de réalisation d’un tel programme avant que ses effets bénéfiques sur l’évolution du climat se fassent sentir, coût croissant des investissements correspondants, gestion de dangereux déchets, risque d’incidents mineurs dégénérant en perte brutale et définitive de réacteurs (ce qui est arrivé à Three Mile Island à un modèle à eau sous pression (PWR), très semblable aux installations EDF actuelles, mais où fort heureusement la cuve du réacteur a pu résister aux sous-produits d’une fusion de son cœur portés par leur radioactivité résiduelle à plusieurs milliers de degrés).

Mais tout cela n’est rien par rapport à la question fondamentale du choix entre les avantages du recours au nucléaire et le risque d’une catastrophe majeure (rendant par exemple définitivement inhabitable une zone hébergeant une population très importante), éventualité absolument minime, mais pas totalement nulle. Il est clair que la seule raison ne permet pas de trancher un tel dilemme. Le choix correspondant est un pari de type quasi pascalien qui doit résulter d’une information d’une totale transparence excluant en particulier toute pression d’éventuels lobbies.

La part du solaire et de l’éolien trop minimisée

L’argumentation de la BD tend dès la page 126 à minimiser les possibilités de remplacement rapide des énergies existantes par du renouvelable accompagné du stockage destiné à en pallier les intermittences. Est tout d’abord mise en exergue « la part (actuelle) infime de l’éolien (1,3 %) et du solaire (2,3 %) » sans mentionner qu’au niveau mondial leur production d’électricité (croissante) est déjà supérieure à celle du nucléaire (stagnante et condamnée à le rester pendant de nombreuses années, compte tenu du délai incompressible de mise en route de nouveaux réacteurs).

 

« Au niveau mondial la production d’électricité (croissante) de l’éolien et du solaire est déjà supérieure à celle du nucléaire. »

 

De plus le lecteur peu compétent risque d’être influencé par l’affirmation qui consiste à présenter la part de l’éolien et du solaire, qui génèrent directement des kilowattheures électriques, non pas par leur part dans la production actuelle d’électricité (actuellement environ 11 %), mais par rapport à une énergie totale primaire majorée par la reconstitution artificielle de celle qui ne correspond pas à une génération par le couple combustion-alternateur. Quant au stockage d’énergie envisagé sous forme d’un réservoir de 100 m de large courant tout le long des côtes d’un pays, il a été à dessein indiqué pour l’Allemagne (2 400 km de côtes) plutôt que la France (19 000 km) ou le Royaume-Uni (16 000 km) afin de faire apparaître une hauteur de 100 mètres ridiculisant le principe même du stockage par pompage d’eau.

Inexactitudes et « rassurisme » sur le nucléaire

Inversement les bulles traitant du nucléaire se veulent généralement rassurantes. Pour chacun des accidents historiques évoqués, il est expliqué que la faille qui a conduit à cette catastrophe n’existe pas dans les réacteurs EDF et que, de toute façon, le nombre de morts résultant du nucléaire a toujours été beaucoup plus faible que celui dû aux accidents de la route ou aux mines de charbon.

Ce « rassurisme » va jusqu’à l’exploitation d’informations inexactes. À cet égard la description de la catastrophe de Fukushima (page 142) est étonnante. Une bulle déclare que, dès détection du tremblement de terre, « le réacteur s’est mis en sécurité. Les barres de contrôle sont tombées à l’intérieur », ce qui a un effet tranquillisant sur le lecteur qui pense immédiatement : « Bravo ! les concepteurs ont vraiment pensé à tout, et installé au-dessus du réacteur des barres tueuses de la réaction en chaîne, suspendues à des électroaimants. Si plus rien ne marche, il n’y a plus de courant électrique : les barres tombent et le réacteur s’arrête immédiatement car la gravité, elle, ne peut pas tomber en panne. » Notons en passant que si les guides des barres de contrôle ont été déformés par une montée de température excessive avant la chute des barres (comme semble-t-il à Tchernobyl), celles-ci ne pourront pas stopper la réaction en chaîne.

Précisions à propos de l’accident de Fukushima

Mais il y a beaucoup plus grave. Dans le cas de Fukushima et de la plupart des réacteurs à eau bouillante (BWR), ce qui précède est totalement faux car en réalité on devrait écrire : « Dès détection du tremblement de terre, le réacteur s’est mis en sécurité. Projetées violemment vers le haut par un mécanisme – pneumatique ? hydraulique ? mécanique ? – situé sous la cuve du réacteur, les barres de contrôle ont atteint leur position, perchées au sommet de cette cuve d’où le mécanisme les a ensuite empêchées de retomber. » Nettement moins rassurant… et pourtant vrai, regardez la véritable disposition des barres de contrôle dans un réacteur type Fukushima (elle a été vraisemblablement modifiée dans le schéma équivalent du Monde sans fin).

disposition des barres de contrôle dans un réacteur type Fukushima
Disposition des barres de contrôle dans un réacteur type Fukushima.
Source : Wikimedia Commons

Cette position de l’entrée des barres de contrôle par le fond de la cuve du réacteur a eu des conséquences beaucoup plus graves que la simple présence du risque indiqué plus haut. En effet les fonds des six cuves des réacteurs à eau bouillante de Fukushima ont été percés lors de leur fabrication de centaines de trous par où coulissent les barres de contrôle. En cas de fusion du cœur (ce qui a été le cas pour les trois réacteurs alors en fonctionnement), du corium (nom donné au résidu de cette fusion) porté par sa radioactivité résiduelle à une très forte température a détruit les joints entourant les barres de contrôle à hauteur de la traversée de la cuve et s’est écoulé sous les trois cuves, ce qui dans la hiérarchie des accidents nucléaires vient juste après l’explosion complète d’un réacteur et de son bâtiment comme à Tchernobyl.

Cuve sous pression d'un réacteur à eau bouillante.
Cuve sous pression d’un réacteur à eau bouillante.
Source : Busby, Jeremy & Nanstad, Randy Prioritization and Implementation Plan for Collaborative Case Study on RPV Steels During Extended Service 

Le domaine est tellement sensible que les autorités japonaises ont fait croire pendant des heures à un faux suspense (les cuves allaient-elles résister ?) alors qu’elles savaient, ainsi que les concepteurs et les constructeurs de ce type de centrales et les autorités de sûreté des pays où elles sont actuellement en exploitation, que c’était absolument impossible puisque les fonds de cuves étaient déjà percés. Ce secteur d’activité ne respire donc pas la transparence…

 


Quelques données de base

  • L’humanité consomme annuellement une énergie primaire totale de 636 exajoules (636 x 1018 joules) soit 177 000 TWh (1 TWh = 109 kWh) (valeur approximative en raison du traitement arbitraire du chiffre des térawattheures électriques obtenus sans passer par l’intermédiaire d’une production de vapeur ou de gaz chaud).
  • Le Soleil envoie vers la Terre un rayonnement de 174 pétawatts (174 x 1015 watts) soit pendant un an une énergie de 1 550 millions de térawattheures soit encore 9 000 fois l’énergie primaire totale utilisée annuellement par l’humanité. Une partie de ce rayonnement est réfléchie ou rediffusée vers l’espace.
  • La chaleur générée par la radioactivité du noyau terrestre et les échanges thermiques entre noyau à plusieurs milliers de degrés et croûte terrestre (quelques dizaines de térawatts) joue un rôle négligeable par rapport au rayonnement solaire.
  • Un réacteur EPR génère une puissance thermique de 4,3 GW correspondant à 1,6 GW électrique. S’il fonctionne à 80 % du temps, sa production annuelle est d’environ 11 TWh.
  • En 2020 la production d’électricité totale de l’humanité a été de 27 000 TWh, soit celle de 2 500 EPR.

 

Le Monde sans finLe Monde sans fin,
miracle énergétique et dérive climatique
Jean-Marc Jancovici et Christophe Blain
Éditions Dargaud, 2021, 196 pages

 

 

 


Lire aussi :

Réaction à la critique de la BD Le monde sans fin par Bernard LEROUGE (52)
 

11 Commentaires

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Jean-Nicolasrépondre
29 mars 2022 à 19 h 31 min

– le couplage énergie/PIB décrit dans la BD est mondial. Il est expliqué dans cette publication pourquoi cela induit en erreur de regarder les choses à la seule maille d’un pays : https://www.carbone4.com/publication-decouplage
– je ne comprends pas ce que l’auteur entend « contredire » quand il évoque l’énergie primaire et l’énergie finale. La distinction est évidemment présente dans le cours des Mines ParisTech ou sur cette page par exemple : https://jancovici.com/transition-energetique/vous-etes-plutot-primaire-ou-plutot-final/
– nous n’évoquons pas la fusion parce que l’horizon de temps est bien trop éloigné
– il n’est absolument pas dit dans la BD que « à part le nucléaire il n’y a rien à faire » : toute la partie finale dit le contraire
– nous avons effectivement mal positionné les barres de contrôle dans le dessin représentant les BWR. Ca ne change pas vraiment la conclusion d’ensemble.
Le profil de l’auteur de la critique est là : https://www.lajauneetlarouge.com/auteur/francois-xavier-martin-63/
Jaune et la Rouge n’est pas une revue à comité de lecture… c’est juste l’opinion du redacteur de l’article …

François Xavier Martinrépondre
31 mars 2022 à 15 h 37 min
– En réponse à: Jean-Nicolas

– le couplage énergie/PIB décrit dans la BD est mondial. Il est expliqué dans cette publication pourquoi cela induit en erreur de regarder les choses à la seule maille d’un pays : https://www.carbone4.com/publication-decouplage

La BD affirme page 88 que : « la production économique varie exactement comme l’énergie ».

La publication de Carbone 4 confirme (à la fin de son 1er §) le découplage très net que j’ai indiqué dans l’article entre PIB et consommation d’énergie pour la France de 2001 à 2019.

Le fait que le PIB français augmente de 21% (en € constants) alors que la consommation totale d’énergie (en TWh) baissait simultanément de 6% n’a pas pour raison essentielle la part exceptionnelle du nucléaire dans notre pays, puisqu’à l’exception de Civaux tous les réacteurs français avaient déjà été mis en service avant 2001.

Les raisons de ce découplage réel (prise de conscience de la nécessité de passer à une croissance plus « sobre », mise en place des premières mesures correspondantes, délocalisation vers d’autres pays d’activités industrielles très consommatrices d’énergie, … ) entraînent des conséquences voisines dans la plupart des économies développées.

Je ne mets pas en doute l’observation de Carbone 4 sur une absence de découplage au niveau mondial. Ceci veut simplement dire que les pays en voie de développement ont eu simultanément, compte tenu de priorités différentes, une trajectoire très énergivore, situation qui devrait évoluer à mesure que leurs économies se rapprochent des standards des pays développés.

– je ne comprends pas ce que l’auteur entend « contredire » quand il évoque l’énergie primaire et l’énergie finale. La distinction est évidemment présente dans le cours des Mines ParisTech ou sur cette page par exemple : https://jancovici.com/transition-energetique/vous-etes-plutot-primaire-ou-plutot-final/

Effectivement, la distinction entre énergie primaire et énergie finale figure dans ce cours des Mines ParisTech à destination d’élèves-ingénieurs dont on peut espérer qu’ils la connaissaient déjà depuis les classes préparatoires ou même le lycée.

En revanche elle n’est pratiquement pas expliquée dans la BD. Cette absence rend « les nuls en physique » (vraisemblables cibles prioritaires de la BD) perméables à des manipulations de chiffres dans les comparaisons entre diverses formes d’énergie, par exemple dans la mise en exergue page 126 de la BD d’une apparente « part infime dans le monde du solaire – 1,3 % – et de l’éolien – 2,3 % – » alors que leur contribution actuelle de 11 % à la production mondiale d’électricité dépasse déjà celle du nucléaire, cette hiérarchie étant destinée à durer pendant plusieurs décennies, quelles que soient les décisions d’investissements à venir).

– nous n’évoquons pas la fusion parce que l’horizon de temps est bien trop éloigné

L’horizon de temps de la contribution significative du nouveau nucléaire par fission (je ne parle pas de la prolongation du fonctionnement de l’existant, mais de celui qui n’a pas encore été décidé !) est également bien éloigné, ce qui rend hasardeux les calculs de rentabilité des investissements correspondants basés sur des durées de fonctionnement des réacteurs extrêmement longues (60 ans ou plus).

La fusion mériterait au moins une ou deux bulles dans la BD, car il est important que les « nuls » prennent conscience du fait qu’un groupe de pays consacre actuellement des dizaines de milliards d’€ à un démonstrateur qui pourrait (ou non !) déboucher sur des réalisations concrètes avant 2100 (donc pendant cette longue période d’amortissement des investissements – encore à décider – dans du nouveau nucléaire par fission).

– il n’est absolument pas dit dans la BD que « à part le nucléaire il n’y a rien à faire » : toute la partie finale dit le contraire

L’article ne reproche « absolument pas » à la BD d’affirmer qu’ « à part le nucléaire il n’y a rien à faire », mais de soutenir que sans une augmentation de la part du nucléaire il sera impossible de maintenir notre mode de vie.

– nous avons effectivement mal positionné les barres de contrôle dans le dessin représentant les BWR. Ça ne change pas vraiment la conclusion d’ensemble.

Il y a dans la BD une volonté systématique de gommer les aspects les plus inquiétants :

– Tchernobyl (destruction d’un réacteur RBMK) : aucune mention du fait qu’a eu lieu le phénomène le plus redouté des concepteurs de réacteurs (considéré jusque-là comme quasi-impossible) : l’emballement d’une réaction en chaîne qui n’a été stoppé que par l’explosion du réacteur entraînant la dispersion de ses composants. L’explosion a été causée tout à la fois par cet emballement de la réaction en chaîne et la génération d’hydrogène – seule raison mentionnée dans la BD, car plus rassurante ! Aucune mention du fait que les barres de contrôle contenaient une partie en graphite dont l’insertion a accéléré la réaction en chaîne au lieu de l’arrêter !

– Fukushima (destruction de 3 réacteurs BWR) : utilisation du thème récurrent et rassurant des barres de contrôle qui tombent spontanément quand tout va mal, inapplicable aux six réacteurs du site (voir schémas erronés page 142 de la BD, à comparer au schéma de l’article). Aucune mention du fait que les fonds des six cuves avaient des formes de passoires ou de presse-purées. Rien sur la fuite de corium à travers les bas de cuves-passoires des trois réacteurs en service.

Au passage ceci montre que certains ingénieurs de ce secteur ont pu concevoir et faire construire sans veto des organismes de sûreté nucléaire des types de réacteurs incluant des caractéristiques complètement aberrantes sur le plan de cette sûreté.

A noter que des BWR et des RBMK sont encore en service, dont deux RBMK à 70 km de Saint-Pétersbourg (plus de 5 millions d’habitants).

Le profil de l’auteur de la critique est là : https://www.lajauneetlarouge.com/auteur/francois-xavier-martin-63/
Jaune et la Rouge n’est pas une revue à comité de lecture… c’est juste l’opinion du rédacteur de l’article …

Ce qui précède montre que la BD n’a pas non plus été soumise à un comité de lecture …

Philippe Renautrépondre
6 avril 2022 à 0 h 38 min

Même si un accident majeur est toujours possible sur une centrale nucléaire en France, je ne mettrais pas sur le même plan toutes les technologies évoquées précédemment : filière graphites-gaz certes avec un meilleur rendement, mais arrêtée après 2 accidents en France (sans gravité pour la population) qui ont vu l’arrêt de la filière, la thechologie RBMK qui utilise le graphite comme modérateur et l’eau comme caloporteur, dangereux car sans boucle négative de rétro action, la technologie PWR en service en France qui utilise l’eau pour modérateur et fluide caloporteur, avec une boucle de rétro action négative.
Quels ont été les conséquences des accidents nucléaires? Three Miles Islands (technologie PWR et enceinte de confinement), 3 semaines d’évacuation temporaire, la perte matérielle d’un réacteur et c’est tout. Chernobyl sans enceinte de confinement, a pollué 5 fois plus que Fukushima qui avait 2 fois plus de puissance installée et a fait l’objet d’une agression extérieure. Le problème à Fukushima ce n’était pas la descente des barres de contrôle, qui a très bien fonctionné et neutralisé les réactions de l’uranium, mais l’arrêt du refroidissement (il convient de garder environ 10% de la capacité de refroidissement). En effet les produits de fission continuent à se désintégrer pendant plusieurs jours tout en dégageant de l’énergie. Suite au tremblement de terre et au Tsunami, la centrale a perdu son alimentation électrique extérieure, donc ses pompes principales, et ses pompes de secours inondées. L’ASN et EDF ont appris de l’accident de Fukushima, en renforçant notamment les redondances de pompes bien positionnées. Il est rassurant de constater que les centrales françaises ont bénéficié d’un REX sincère.
Ceci n’est sans doute pas suffisant et je souhaite également que les prochaines générations de centrales soient encore plus sures, en limitant les conséquences par design, après avoir beaucoup travaillé sur la réduction de la probabilité d’accident.
Quelques éléments de rentabilité, il ne faut pas attendre 60 ans pour que le nucléaire soit moins couteux que l’éolien, mais environ 10-15 ans, ce qui peut rendre le projet un peu long pour un acteur privé (quoique Amazon a perdu de l’argent pendant plus de 10 ans).
En attendant, il faut faire des choix face à l’évaluation des risques, certains potentiels, d’autres certains. Je vois les alternatives suivantes: se serrer la ceinture énergétique en sacrifiant notre niveau de vie ce qui signifie pour les pays en développement des famines, avoir une catastrophe nucléaire potentiellement dans les 50 prochaines années produisant une zone de 500 km2 non-habitable, voir l’élévation du niveau des mers rayer de la carte la moitié des Pays-Bas ainsi que de nombreuses zones côtières, étendre encore l’emprise de l’Homme sur des espaces naturels (éoliennes en mer, dans les parcs) ce qui va nécessairement perturber encore davantage la faune sauvage. Mesurons bien les ordres de grandeur et les enjeux réels avant de prendre des décisions.

francois-xavier.martin.1963répondre
6 avril 2022 à 12 h 40 min

Une précision.  » Le problème à Fukushima ce n’était pas la descente des barres de contrôle, qui a très bien fonctionné et neutralisé les réactions de l’uranium « . Non, c’est la montée des barres de contrôle (sujette à une éventuelle panne du mécanisme qui la provoque) qui a neutralisé la réaction en chaîne. En dehors de ce risque de panne, une conséquence collatérale de cette architecture est que la cuve d’un BWR dont la base est percée d’une centaine de trous ne peut pas confiner totalement un cœur en fusion, rendant cette technologie potentiellement plus polluante que celle des PWR en cas d’incident grave. Fort heureusement la tentative d’introduction de BWR en France a échoué (mais de peu !). Rappel (Wikipédia) :  » En septembre 1972, la CGE présente le BWR-6, un réacteur à eau bouillante de General Electric . Le 4 février 1974, EDF notifie officiellement à la CGE la commande de huit réacteurs, dont deux fermes. Le 4 août 1975, EDF annule cette commande. Il s’agit d’un échec cuisant pour la CGE qui se retire dès lors de la filière nucléaire française « .
Une réflexion : « Je vois les alternatives suivantes (au nucléaire) : se serrer la ceinture énergétique en sacrifiant notre niveau de vie ce qui signifie pour les pays en développement des famines » ce qui est effrayant est qu’une hypothétique décision de développement massif du nucléaire dans ces pays n’aura pas d’effet sensible pendant toute la durée de construction d’un parc significatif de réacteurs …

Guillaume Monnetrépondre
23 avril 2022 à 22 h 10 min

Bonjour,
Pour faire une petite réaction rapide, il est quand même surprenant d’écrire une réaction à un article en reprochant le manque de précision et les raccourcis tout en faisant la même chose dans son article. En effet, il faut environ 3kWh d’énergie fossile pour faire un kWh d’électricité qui alimentera une voiture électrique. Sauf qu’un moteur électrique a un rendement d’environ 95-98%. Donc grosso modo, 1 kWh d’énergie électrique permet de produire 1kWh d’énergie cinétique pour la voiture. A l’opposé, un moteur à combustion interne utilisant de l’énergie fossile à un rendement d’environ 30-35%. Donc 3kWh d’énergie fossile permettent de produire 1kWh d’énergie cinétique. Si on résume:
– voiture électrique : à l’usine 3kWh d’énergie fossile -> 1kWh d’énergie électrique; à la voiture 1kWh d’énergie électrique -> 1kWh d’énergie cinétique
– voiture à combustion : à « l’usine » 3kWh d’énergie fossile -> 3kWh d’énergie fossile; à la voiture 3kWh d’énergie fossile -> 1kWh d’énergie cinétique.
Donc dans tous les cas 3kWh d’énergie fossile donne le même service en sortie contrairement à ce que vous affirmer.
Pour aller plus loin, la grosse différence est que nous avons de bien meilleur perspective d’améliorer l’efficacité de la production électrique, que l’efficacité des moteurs thermiques. Aujourd’hui les moteurs de voitures les plus performants sont ceux des formules 1, mais ils atteignent à peine les 50-55% d’efficacité (et encore c’est en partie grâce à des systèmes de récupération d’énergie cinétique et thermique par une conversion en énergie électrique!). Sachant que les innovations produites en F1 mettent en générale 10-20 pour arriver dans les voitures commerciales.
Bref sur l’ensemble de la chaine du carburant pour une voiture, l’électricité est aussi efficace que le fossile. Et en plus les perspectives sont bien meilleures.

francois-xavier.martin.1963répondre
25 avril 2022 à 14 h 43 min

A G. Monnet. Je vous remercie de votre intérêt pour mon article.
Vous écrivez :
 » Donc dans tous les cas 3kWh d’énergie fossile donne le même service en sortie contrairement à ce que vous affirmez « .
Je suis bien sûr d’accord avec ce truisme, sauf avec le « contrairement à ce que vous affirmez » final qui ne correspond pas à ce que j’ai écrit.
Voici ce que je voulais dire et ai peut-être exprimé de façon trop succincte.

Le même kWh électrique faisant partie du total de la production d’électricité indiqué dans les statistiques peut être utilisé pour :
– faire rouler une voiture électrique et fournir 1 kWh d’énergie cinétique + potentielle (côtes) + frottements (dont résistance de l’air). Il a alors la même utilité qu’environ 3 kWh thermiques venant de la combustion de carburant dans la même voiture munie d’un moteur thermique.
– chauffer un appartement. Il a alors la même utilité que 1 kWh thermique venant de la combustion de gaz ou de fuel dans la chaudière de l’appartement (si on néglige la partie de l’énergie venant de la combustion locale qui part par la cheminée).

Guillaume Monnetrépondre
28 avril 2022 à 19 h 34 min
– En réponse à: francois-xavier.martin.1963

On peut continuer comme cela longtemps… Une chaudière à gaz à un rendement de 80-90% contre 98-100% pour un radiateur électrique. Et si vous avez une pompe à chaleur le rendement est supérieur à 300%. Tout ça pour dire que la BD fait bien de mettre l’accent sur l’électricité comme énergie pour le future et de rétrograder le fioul et le gaz.

Arnaud B.répondre
27 avril 2022 à 1 h 54 min

Je reviens sur la comparaison des productions d’énergie. Dans la BD, à l’endroit évoqué, il s’agit de comparer toutes les sources énergies entre elles ; cela s’est toujours fait en énergie primaire.
Il n’y a pas de malice dans la BD, les proportions des énergies primaires sont : 38EJ en hydroélectrique, 24EJ en nucléaire, 14EJ en éolienne et 7,6EJ en solaire, parmi un total de 636 EJ. En % cela donne : nucléaire 3,7%, éolienne 2,2%, solaire 1,2%. (source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ressources_et_consommation_%C3%A9nerg%C3%A9tiques_mondiales)
Dans cette comparaison toutes les énergies bénéficient du même coefficient de conversion virtuel, avec un rendement de 40%, l’éolien et le solaire ne sont pas défavorisées.
J’explicite la différence entre l’énergie primaire et l’énergie finale, comme évoquée déjà de nombreuses fois. Je reprends un exemple avec du fioul :
– Si vous brûlez le fioul dans la chaudière, vous avez produit 1MJ en énergie primaire, que vous récupérez au finale en 1MJ thermique pour le chauffage.
– Si vous utilisez le fioul dans une centrale thermique en brûlant 1MJ en énergie primaire, vous récupérez au finale 0,4MJ en énergie électrique, si votre système a un rendement classique de 40%.
La consommation d’énergie finale est la plupart du temps inférieure à l’énergie primaire qu’on a utilisée pour en bénéficier, le rapport entre les 2 est le rendement. Lorsqu’on compare des productions d’énergie primaire, on ne regarde pas l’énergie électrique réelle en kWh, on regarde combien de pétrole serait nécessaire pour la produire dans une centrale, avec un rendement classique de 40%. C’est la méthode américaine, il faut faire attention, parce que dans certaines méthodes internationales ou française, les coefficients peuvent être différents pour le nucléaire et pour l’éolien par exemple.
Dans les chiffres de la BD je retrouve bien les conventions où toutes les productions électriques sont mises à égalité avec les autres, avec un rendement de 40%. Il n’y a pas de défavoritisme contre l’éolien et le solaire.

François Xavier MARTINrépondre
27 avril 2022 à 12 h 37 min

A Arnaud B. « Je reviens sur la comparaison des productions d’énergie. Dans la BD, à l’endroit évoqué, il s’agit de comparer toutes les sources énergies entre elles ; cela s’est toujours fait en énergie primaire. Il n’y a pas de malice dans la BD »
Je trouve au contraire qu’il y une certaine « malice » à écrire en tête de chapitre : « l’éolien et le solaire représentent une part « INFIME » des énergies dans le monde » sans comparer au nucléaire existant (et à venir pendant les 20 prochaines années). Après avoir lu cette phrase et des pourcentages – un peu anciens – calculés par rapport à l’énergie primaire et non à l’énergie électrique, le lecteur-cible de cette BD (c’est-à-dire le grand public, la plupart des politiques et des journalistes) serait vraisemblablement très surpris d’apprendre qu’à partir de 2021 cette part « infime » a déjà dépassé celle du nucléaire, situation qui va de toute façon perdurer pendant quelques décennies compte tenu du temps nécessaire à décider la construction de nouvelles centrales nucléaires et à les mettre en service. (d’après https://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/parc-nucleaire-mondial-production-delectricite il y a actuellement 450 réacteurs de tous âges en service et une cinquantaine en construction).
Dans la suite de la BD le nouveau nucléaire est représenté comme un parachute ventral salvateur face tous les « trucs plus propres » (éolien, hydrogène ou « n’importe quelle connerie » – sic ! merci pour ceux qui y travaillent -) dont la mise en œuvre serait trop lente pour éviter de s’écraser sur le sol. Dans la réalité, quelles que soient les décisions au niveau mondial, le nouveau nucléaire aura un effet beaucoup plus lent que la plupart de ces « trucs ». Compte tenu du coût très important de l’investissement nécessaire au nouveau nucléaire, il me semble qu’une bonne gestion devrait conduire à limiter son rôle au strict minimum nécessaire à la compensation du caractère intermittent de la plupart des énergies renouvelables et au remplacement éventuel des centrales existantes qui doivent, elles, « quoi qu’il en coûte » être sécurisées au maximum pour continuer à être exploitées.

Daniel Fischerrépondre
27 avril 2022 à 17 h 29 min

Le lun. 25 avr. 2022 à 18:49, Daniel Fischer a écrit :
L’Article publié sous la signature de notre camarade François Xavier Martin paru dans la Jaune et la Rouge de mars 2022 mérite quelques commentaires que je voudrais apporter ici..
Notre camarade critique le parti pro nucléaire de la BD « Le Monde sans fin » de Jean Marc Jancovici et je retiens 2 éléments qui l’amènent à poser des limites à la solution nucléaire : la gestion des déchets , le risque d’incidents graves .
– Plutôt que de parler de « dangereux » déchets , il aurait été plus rigoureux de parle des seules catégories « moyenne activité vie longue » et « haute activité » pour lesquels les pays nucléarisés Finlande, Suède, Etats Unis et France ont un programme construit de stockage , le programme français sous le nom de Cigeo étant largement documenté sur le site de l’ANDRA .
– Le risque d’incident : par cette formulation délibérément vague qui prend le contre pied du « rassurisme » de JMC , notre camarade enfourche les vieux dadas de la menace nucléaire , menace qui que réfutent toutes les statistiques sur le sujet . Et reprenant les propres mots de FXM , « la description de la catastrophe de Fukushima est étonnante » Cette catastrophe a provoqué plus de 20.000 décès sur lesquels moins de 10 sont dus à des irradiations , le solde étant la conséquence du tsunami . Pour s’en convaincre , il suffit de se référer aux publications de l’ UNSCEAR librement accessibles sur Internet . Cette institution de l’ONU au sigle barbare , créée en 1955 avec comme objet d’évaluer les niveaux et les effets de la radioexposition , est beaucoup moins connue que sa jeune consoeur, le GIEC , créée en 1988 , et , curieusement ses travaux n’attirent pas l’attention du grand public .

Enfin quand FXM aborde la question des énergies renouvelables , il me semble commettre une erreur d’analyse en ne constatant pas que la réponse au choix nucléaire / ENR est largement dépendante de considérations géographiques – ce qui est vrai pour un pays du Sahel largement ensoleillé et dépourvu de réseau HT robuste ne l’est par pour notre pays- et il pêche par optimisme en tenant implicitement pour acquis le problème du stockage . Or il est clair que tant que cette question du stockage n’aura pas été résolu de manière rentable , le recours aux énergies renouvelables est pour notre pays une fausse solution .
Daniel Fischer X59

François Xavier MARTINrépondre
28 avril 2022 à 11 h 47 min

A Daniel Fischer Cher camarade,
Merci pour cette lecture attentive de mon article. Je réponds aux 3 points que tu évoques :
GESTION DES DECHETS : J’ai écrit « Nous savons que, face à la bienvenue réduction drastique des émissions de gaz carbonique qu’entraînerait le recours mondial au nucléaire, existent certains inconvénients : … gestion de dangereux déchets », ce qui ne veut pas dire que ces déchets ont été ou vont être responsable de milliers de décès, mais que leur nature impose une gestion complexe, longue (pendant des décennies ? des siècles ? des millénaires ?) et donc coûteuse dont on doit tenir compte quand on compare le nucléaire aux autres moyens de production d’électricité.
RISQUE D’INCIDENTS GRAVES … que tu qualifies de « menace que réfutent toutes les statistiques sur le sujet ». Je considère que la destruction d’un réacteur rendu subitement inutilisable est un incident grave ; encore plus (dans le cas de réacteurs à eau sous pression ou bouillante) si le cœur en fusion (corium) peut s’échapper au moins partiellement de la cuve ; et stade ultime si c’est l’ensemble du réacteur qui explose. Or pour un parc de moins d’un millier de réacteurs électrogènes (450 actuellement en service + un certain nombre maintenant arrêtés) on a déjà constaté 5 destructions de réacteurs, dont 3 avec fuite « simple » de corium et destruction (par explosion chimique) des bâtiments contenant les réacteurs et 1 destruction totale (mixte par perte de contrôle de la réaction en chaîne + explosion chimique).
En France les 2 centrales graphite-gaz de Saint-Laurent-des-Eaux ont connu des fusions partielles de cœur. Et par chance nous avons échappé, malgré un intense lobbying de leurs promoteurs, aux funestes réacteurs à eau bouillante à fond de cuve pré-percé d’une centaine de trous en usine
(Rappel Wikipedia : En septembre 1972, la CGE présente le BWR-6, un réacteur à eau bouillante de General Electric . Le 4 février 1974, EDF notifie officiellement à la CGE la commande de huit réacteurs, dont deux fermes. Le 4 août 1975, EDF annule cette commande. Il s’agit d’un échec cuisant pour la CGE qui se retire dès lors de la filière nucléaire française).
ENERGIES RENOUVELABLES : « le recours aux énergies renouvelables est pour notre pays une fausse solution ». Le tout nucléaire serait une solution tout aussi « fausse » puisqu’investir uniquement dans du nouveau nucléaire n’apportera pas un kWh supplémentaire avant 2035, alors que le besoin en électricité va vraisemblablement augmenter et que certaines centrales nucléaires actuelles risquent d’arriver en fin de vie.

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