Jean DUMORT (46)

Jean Dumort (46)

Dossier : ExpressionsMagazine N°679
Par Olivier de DINECHIN (56)

Après sa prépa à Charlemagne, Jean Dumort intègre en 1946. Ses cocons gardent mémoire de ses talents à l’escrime, sport qu’il pratiqua jusqu’à 75 ans, et qui a sans doute marqué sa longue et droite silhouette, accompagnant dans l’École son regard souriant.

L’Évangile, vivant appel

À la rentrée 1949, il entre à l’École d’application de l’armement terrestre. Son premier poste le conduit à Lyon, comme ingénieur d’études à l’arsenal. Dans ses années de lycée «il se comportait en rationaliste et méprisait les croyants ». Mais c’est alors qu’une recherche personnelle va le conduire vers l’orientation décisive de sa vie. À Lyon, il rencontre des ingénieurs chrétiens de sensibilité sociale, et, auprès d’un prêtre, il découvre l’Évangile comme un vivant appel. Il entre au noviciat de la Compagnie de Jésus en novembre 1953.

Il suit alors le cursus de formation des jésuites en philosophie, puis en théologie, entrecoupé d’une année d’enseignement des mathématiques. Il est ordonné prêtre en 1962. Peu après, c’est avec joie et élan qu’il accueille, pour la rentrée 1964, sa nomination comme aumônier catholique de l’École polytechnique. Il sait qu’il va retrouver de futurs ingénieurs et cadres, et qu’il pourra apporter à leur formation ce que lui-même a découvert.

Proche et serviable

Être aumônier, pour le père Dumort, c’est se rendre de façon proche et serviable auprès de tous. Les élèves, mais aussi les cadres militaires et le personnel civil de l’École. Plus d’un témoigne aujourd’hui de cette présence inspirante. Après quatre années «royales» viendront les remous de Mai 68, où il aura à naviguer entre les plus agités des élèves et la «strass» dont il se sent solidaire, au milieu d’inquiétudes multiples où il se voudrait homme de paix.

Un homme droit et sensible, au-delà d’une apparence stricte

Suivent sept années difficiles. Vers 1975, l’orage se calme, des jeunes filles intègrent désormais, elles apporteront volontiers un soutien. Mais c’est un autre épisode qui s’ouvre, avec le transfert de l’École à Palaiseau en 1976. Dans ce contexte élargi, les aumôneries trouveront l’espace dont elles bénéficient aujourd’hui.

Au-delà de l’École et au fil des années, plusieurs extensions des responsabilités de Jean Dumort sont à retenir. Du côté des jeunes, l’aumônerie nationale des Chrétiens en Grande École, qu’il assure de 1979 à 1985. Du côté militaire, à la demande de l’évêque aux armées, l’animation de l’équipe nationale d’officiers catholiques.

Fidèle à l’X

La trace de Jean Dumort demeure vive pour sa participation attentive à X-Mémorial, à la mémoire de nos morts. Et, du côté des Antiques, à ce Comité catholique des X, organisation d’une journée annuelle de réflexion qui perdure aujourd’hui. Les sujets vont des questions de société aux questions spirituelles

Passé l’âge de la retraite militaire, ses services furent demandés à l’aumônerie du Secours catholique. Et, fidèle à ses débuts, il accompagna au long des années des équipes du Mouvement chrétien des cadres. Tout cela sans refuser la « tenue de service » auprès de ses confrères jésuites prenant de l’âge.

Son supérieur disait, au jour de son jubilé : « Vous aviez une grande aisance avec tous et une facilité de contact hors du commun, grâce à votre intelligence des hommes, à votre grande simplicité. Vous aviez aussi un immense respect pour autrui quel qu’il fût, fait d’intelligence, de compréhension de tous les problèmes humains et d’un tact immense. »

Poster un commentaire