FRANCE, ÉTAT CRITIQUE

Dossier : Arts, Lettres et SciencesMagazine N°669Par : Jean Peyrelevade (58)Rédacteur : Michel Didier (60)Editeur : Paris – Plon

Dans son onzième livre en quarante ans d’engagement dans la vie économique au plus haut niveau, Jean Peyrelevade ne fait pas dans la dentelle. La France est en état critique. Le modèle social français, auquel se réfèrent en toutes occasions droite et gauche, n’est qu’un antimodèle. Ni économie de production, ni pays à monnaie de réserve, la France se trouve entre les deux, c’est-à-dire nulle part.

Couverture du livre : France, état critiqueTout vient de notre manque de courage et d’une succession d’erreurs économiques qui ont laissé se creuser une dette publique « parasite » et sacrifié notre appareil industriel à la consommation immédiate. Nous allons même jusqu’à critiquer l’Allemagne de mener une politique « non coopérative » parce qu’elle s’impose les règles de compétitivité et d’équilibre public!

L’auteur fustige abondamment les 35 heures qui ont mis du temps à «diffuser leur poison» dans l’économie. La France a gagné en RTT ce qu’elle a perdu en parts de marché. Mais que fait la droite revenue au pouvoir ? Elle tergiverse et elle espère réparer le mal des 35 heures en ajoutant une deuxième couche de dépenses pour encourager les heures supplémentaires. En observant les candidats à 2012, Jean Peyrelevade se dit très inquiet car ils sont tous hors sujet.

Face à nos maux, la droite n’a proposé que de l’homéopathie. Quant à l’opposition, elle avance au mieux des remèdes d’un autre temps, au pire des mesures irréalistes et suicidaires. L’acte d’accusation, très étayé et appuyé sur de nombreux chiffres et exemples, se termine par un chapitre sur le redressement. Le Plan Rueff de 1958 montre que c’est possible. Mais il y avait à l’époque la dévaluation et surtout le général de Gaulle.

Le «plan Peyrelevade» que par modestie l’auteur qualifie « d’esquisse d’un programme» comporte quatre volets : rétablir les finances publiques – l’auteur dénonce au passage mais à juste titre l’erreur à la mode selon laquelle il suffirait d’aligner la fiscalité du capital sur celle du travail –, corriger notre sous-compétitivité, investir dans la recherche industrielle, jouer à fond la solidarité européenne.

Un livre sérieux et documenté. Au moins, les candidats ne pourront pas dire « on ne savait pas ».

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