Des prix pour les jeunes créateurs d’entreprises

Dossier : Le financement de l'innovationMagazine N°641 Janvier 2009
Par Christian MALDIDIER (54)
Par Gérard BONTRON (57)

Entre 2000 et 2004 la Fon­da­tion de l’X a encou­ra­gé les voca­tions de créa­teurs par la remise du prix » FX-Créa­teur « . Aujourd’­hui, onze socié­tés issues des pro­jets pré­sen­tés pour­suivent leur carrière.

X‑Création, socié­té par actions sim­pli­fiée, filiale de l’É­cole et de la Fon­da­tion, a vu le jour en 2003. Deux objec­tifs prin­ci­paux lui étaient assi­gnés : pro­mou­voir la créa­tion d’en­tre­prises dans les labo­ra­toires ; appor­ter ain­si à l’É­cole un com­plé­ment de res­sources par la valo­ri­sa­tion de ses découvertes.

REPÈRES
En cinq ans, X‑Création a inves­ti 150 000 euros dans cinq socié­tés. Aujourd’hui, la valeur théo­rique de son por­te­feuille s’élève à plus de 266000 euros compte tenu des aug­men­ta­tions de capi­tal réa­li­sées par quatre des socié­tés et la vente, en mai 2008, de l’une d’entre elles.

Il faut pas­ser de la recherche à une struc­ture ouverte au marché

Un comi­té de sélec­tion, com­po­sé de repré­sen­tants de l’X et de la FX et d’ex­perts en capi­tal-risque, a été char­gé d’é­va­luer et de choi­sir les pro­jets à sou­te­nir. Chaque créa­tion rete­nue a reçu 30 000 euros en capi­tal et compte courant.

Les socié­tés créées tra­vaillent dans dif­fé­rents domaines scien­ti­fiques et gardent des liens forts avec les labo­ra­toires dont elles sont issues. Plu­sieurs de ces socié­tés ont été héber­gées, et deux le sont encore, dans l’hô­tel d’en­tre­prises de l’X (X‑TEC).

LEOSPHERESpé­cia­li­té : mariage des lasers et des radars pour la sur­veillance de l’environnement (qua­li­té de l’air et sur­veillance de la couche nuageuse).

Fabri­quant des outils, légers et faciles à mettre en oeuvre, à usage mul­tiple : Leos­phere a su affir­mer sa posi­tion sur ces dif­fé­rents cré­neaux tout en réus­sis­sant à occu­per une posi­tion scien­ti­fique recon­nue. Son déve­lop­pe­ment s’est fait majo­ri­tai­re­ment à l’international, en par­ti­cu­lier avec l’explosion actuelle des pro­jets dans l’éolien. Elle est en train de bâtir des par­te­na­riats avec des socié­tés pour opti­mi­ser sa capa­ci­té de dis­tri­bu­tion mon­diale. Leos­phere est par­te­naire du LMD (Labo­ra­toire de météo­ro­lo­gie dyna­mique). Leos­phere a pro­cé­dé à une levée de fonds auprès de busi­ness angels en 2007. Elle a été béné­fi­ciaire en 2008 et son effec­tif est de 35 personnes.

Un prix de l’Innovation

Depuis deux ans aucun pro­jet n’a­vait été pré­sen­té à X‑Création. Pour­tant, l’É­cole compte 21 labo­ra­toires et quelque 600 cher­cheurs, un poten­tiel impor­tant de pro­duc­tion scien­ti­fique et d’in­no­va­tions. Mais le pas­sage de l’é­tape résul­tat de recherche, bre­vet ou inno­va­tion, à l’é­tape sui­vante créa­tion d’une struc­ture des­ti­née à ame­ner un pro­duit ou un ser­vice sur un mar­ché reste la dif­fi­cul­té majeure. Le ren­for­ce­ment de la DRIP (Direc­tion des rela­tions indus­trielles et des par­te­na­riats de l’É­cole) per­met de revi­ta­li­ser ce pro­ces­sus. Des pro­jets détec­tés par leurs char­gés d’af­faires sont en cours d’examen.

Et, pour dyna­mi­ser tous les per­son­nels des labo­ra­toires, un prix de l’In­no­va­tion a été lan­cé, pour récom­pen­ser un pro­jet de créa­tion d’en­tre­prise avec 15 000 euros, et pour un bre­vet avec 10 000 euros.

LET IT WAVE
Spé­cia­li­té : com­pres­sion et amé­lio­ra­tion de la qua­li­té de l’image avec la tech­no­lo­gie des bandelettes.
Let It wave est née des tra­vaux au CMAP (Centre de mathé­ma­tiques appli­quées) de Sté­phane MALLAT (81), Chris­tophe BERNARD (89) et Erwan PENNEC. À cette équipe est venu se joindre Jérôme KALIFA en tant que cocréateur.
La socié­té, créée en 2001, a mené en paral­lèle ser­vices et recherches lui per­met­tant de mettre au point des outils uti­li­sables dans de nom­breux pro­blèmes de trans­mis­sion d’image (ima­ge­rie satel­lite, sis­mique, médi­cale, défense).
Elle a reçu en 2002 le prix de la créa­tion d’entreprise inno­vante de l’Anvar et, en 2005, le grand prix de l’European Infor­ma­tion Science Technology.
Elle a réa­li­sé une levée de fonds en 2007, en deux étapes, qui a été l’occasion d’un recen­trage de sa stra­té­gie. Aujourd’hui, elle s’est concen­trée sur les besoins grand public.
Elle a été ven­due en mai 2008 à la socié­té amé­ri­caine Zoran pour 27,6 mil­lions de dol­lars. Aujourd’hui, Let It Wave compte 41 employés.

PHASICS
Spé­cia­li­té : cor­rec­tion de lasers, contrôle optique, mesure haute réso­lu­tion de sur­face et ima­ge­rie médicale.
Pha­sics s’appuie sur des tra­vaux du LULI (Labo­ra­toire d’utilisation des lasers intenses) dans la carac­té­ri­sa­tion du front d’onde des fais­ceaux lasers et de sa cor­rec­tion. Elle a mis au point des outils avec une très haute réso­lu­tion trans­verse et facile à mettre en œuvre.
Pha­sics a eu un déve­lop­pe­ment conti­nu qui lui a per­mis d’atteindre le point mort cette année et de dis­tri­buer des divi­dendes. Elle a reçu des aides de l’ANVAR.
Aujourd’hui Pha­sics compte 10 employés, dont la majo­ri­té s’occupe de recherche.
ERGELISSpé­cia­li­té : opti­mi­sa­tion de l’utilisation de l’énergie dans les locaux tertiaires.

L’optimisation s’effectue en fonc­tion des modes d’utilisation et des prix de l’énergie, à par­tir d’un logi­ciel cen­tral et de cap­teurs et action­neurs ins­tal­lés dans les locaux en question.
Créée en 2004, par Benoît Paul-Dubois-Taine, en liai­son avec le LIX (Labo­ra­toire d’informatique de l’X) elle s’attache à faire émer­ger un métier « d’Energy Mana­ger » en s’appuyant sur sa solu­tion de pilo­tage originale.
Erge­lis a, en début d’année, effec­tué une levée de fonds et emploie aujourd’hui 8 personnes.

GENEWAVE
Spé­cia­li­té : recon­nais­sance de cel­lules en trace, gène ou protéine.
Elle s’appuie sur les tra­vaux menés sur des concepts de contrôle de l’émission lumiè­re­ma­tière au sein du labo­ra­toire PMC (Phy­sique de la matière conden­sée). Elle applique cette tech­no­lo­gie à des bio­puces à fluo­res­cence (lames de verre conte­nant une série de plots, por­teurs de brins d’ADN de réfé­rence, qui réagissent à la pré­sence aux brins com­plé­men­taires pré­sents dans l’échantillon à ana­ly­ser). Ces bio­puces per­mettent une ana­lyse ultra­sen­sible, tant qua­li­ta­tive que quan­ti­ta­tive sur un grand nombre de brins dif­fé­rents à analyser.
Cocréée en 2001 par Claude WEISBUCH et Hen­ri BENISTY, tous deux cher­cheurs au labo­ra­toire PMC, elle a tra­vaillé dans deux direc­tions : pour la recherche, avec des outils sophis­ti­qués, pour le mar­ché du diag­nos­tic médi­cal avec des pla­te­formes inté­grant le consom­mable de diag­nos­tic et l’instrument d’analyse.
Gene­wave a pro­cé­dé à une levée de fonds dès fin 2005. Elle envi­sage une nou­velle levée de fonds en début 2009. L’équipe com­prend 45 per­sonnes dont de nom­breux scien­ti­fiques de haut niveau.

Poster un commentaire