Westinhouse, nucléaire et mix énergétique

Le nucléaire : une composante incontournable du mix énergétique

Dossier : Vie des entreprisesMagazine N°758 Octobre 2020
Par Tarik CHOHO

Fondée en 1886, Westinghouse est un acteur historique et pionnier du domaine de l’énergie. L’entreprise renforce son positionnement en contribuant au développement de la filière nucléaire et de sa compétitivité dans le cadre de la transition énergétique. Le point avec Tarik Choho, Président de Westinghouse EMEA Operating Plant Services.

 

Westinghouse opère dans le domaine du nucléaire depuis plusieurs décennies. Comment votre positionnement a-t-il évolué ?

Notre histoire dans le monde du nucléaire a commencé avec la construction du premier réacteur à eau pressurisée en 1957 à Shippingport aux États-Unis. Nous sommes aussi des spécialistes de la conception et de la fourniture de combustible pour tout type de réacteurs à l’échelle mondiale. Nous proposons également à nos clients des services de gestion des arrêts de tranche et de maintenance. Pour cela, nous mettons à leur disposition des solutions techniques innovantes pour les grands projets de rénovation et d’extension de la durée de vie des réacteurs. Nous sommes à l’origine de la conception de la moitié des réacteurs nucléaires dans le monde. Cette notoriété nous offre une certaine légitimité technique nous permettant de nouer une relation de confiance avec nos clients.

Nous nous appuyons sur la force de frappe de nos 9 000 employés dont 3 000 en Europe et 600 en France.

Quelles sont vos ambitions dans ce secteur ?

Notre ambition est de devenir leader sur tous les segments dans lesquels nous sommes présents. Dans cette optique, nous capitalisons sur notre solide savoir-faire et investissons considérablement dans la R&D.

Nous cherchons aussi à nous positionner sur de nouvelles activités émergentes telles que le démantèlement et la gestion des déchets. Pour ce faire, nous avons choisi de nous associer avec des partenaires privilégiés pour apporter une véritable valeur ajoutée technique. Sur un plan plus opérationnel, nous visons une nouvelle façon de construire les réacteurs nucléaires.

En effet, les problématiques liées aux coûts de la construction de nouvelles centrales constituent un enjeu important. Pour y répondre, nous avons développé l’AP1000, notre réacteur nouvelle génération qui combine sûreté et compétitivité. Il est modulaire et donc facile à construire.

En parallèle, nous développons des réacteurs de plus petites tailles (Small Modular Reactors – SMR) autour de 200 mégawatts mais aussi des micro-réacteurs tels que le eVinci™ de 5 mégawatts qui peut être installé dans des endroits isolés pour remplacer l’utilisation du générateur diesel.

Nous travaillons aussi sur la conception de combustibles plus performants pour aider nos clients électriciens à réaliser des économies sur l’utilisation de l’uranium.

Quels sont les projets qui mobilisent Westinghouse actuellement ?

En France, nous accompagnons EDF dans la rénovation de ses réacteurs pour augmenter leur durée de vie dans le cadre du projet grand carénage. Nous participons aussi au plan « Excell », toujours aux côtés d’EDF, pour permettre à la filière d’atteindre le plus haut niveau de qualité et d’excellence.

Aux États-Unis, nous finalisons la construction de deux réacteurs AP1000 sur le site de Vogtle. D’autres projets sont en cours d’étude en Pologne, en Inde et en Arabie Saoudite.

Dans le cadre de la transition énergétique, quelle est la place du nucléaire ?

Aujourd’hui, plus de 80 % de l’électricité en France est produite grâce au nucléaire. Sortir du nucléaire serait donc une aberration ! Cette énergie est indispensable à la réussite du mix énergétique puisqu’elle permet de pallier l’intermittence des énergies renouvelables. La filière doit s’adapter à la nouvelle donne, fluctuer la production et laisser de la place aux renouvelables.

La multiplication des sources de production complexifie le pilotage du réseau électrique français. Il va falloir amener plus d’innovation dans la gestion du réseau en misant sur les nouvelles technologies du numérique (smart grids).

Nous poursuivons ainsi activement notre collaboration avec les différentes associations nucléaires en Europe dont le GIFEN (Groupement des Industriels Français de l’Énergie Nucléaire) pour répondre efficacement aux enjeux énergétiques de demain.

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