« Un intérêt marqué des jeunes ingénieurs »

Dossier : X-Nucléaire : L'energie propreMagazine N°656 Juin/Juillet 2010
Par Jacques LECLERCQ (63)

Le groupe X‑Nucléaire, créé en 2005, réunit aujourd’­hui plus de six cents par­ti­ci­pants, en majo­ri­té de jeunes ingé­nieurs issus de plu­sieurs grandes écoles. Le contexte éner­gé­tique et cli­ma­tique favo­rise un incon­tes­table renou­veau du nucléaire pour lequel la France a la chance d’être par­ti­cu­liè­re­ment bien armée.

« Il y a cinq ans à peine, le nucléaire était consi­dé­ré comme hon­teux, rap­pelle Jacques Leclerc. Plus de quatre cents réac­teurs fonc­tion­naient dans le monde, repré­sen­tant envi­ron 16 % de la pro­duc­tion d’élec­tri­ci­té, mais les pro­jets de nou­velles construc­tions étaient pra­ti­que­ment stoppés.

La SFEN La plu­part des membres du groupe X‑Nucléaire adhèrent à la Socié­té fran­çaise d’éner­gie nucléaire (SFEN), socié­té savante qui compte plus de 6 000 membres. Elle compte plu­sieurs groupes régio­naux et orga­nise une dizaine de conven­tions chaque année. Son assem­blée géné­rale s’est tenue fin juin après un débat sur les déchets et le déman­tè­le­ment. Elle orga­nise en sep­tembre pro­chain une mani­fes­ta­tion inter­na­tio­nale en Avi­gnon, sur le thème des per­for­mances et de la sécurité.

» Le besoin d’éner­gies non car­bo­nées, éolienne, solaire ou nucléaire, a relan­cé la machine. EDF a déci­dé la construc­tion de Fla­man­ville 3. Are­va a décro­ché le mar­ché d’Ol­ki­luo­to, en Fin­lande. La Rus­sie a redé­mar­ré un pro­gramme. Les États-Unis ont évo­qué leur retour au nucléaire. Les pays asia­tiques, Corée, Chine et Japon, n’a­vaient jamais ces­sé. Bref, le moment était pro­pice à la créa­tion d’un groupe X‑Nucléaire. »

Un thème passionnant

Sur l’i­dée clas­sique d’un groupe thé­ma­tique, avec débats et pro­duc­tion de dos­siers, se sont rapi­de­ment ins­crits plus de six cents par­ti­ci­pants. Un site Inter­net a été mis au point avec polytechnique.org par Ber­trand de Sin­gly, cocréa­teur du groupe.

» Une petite moi­tié de nos adhé­rents exerce dans des orga­nismes publics ou para­pu­blics, ou dans de grandes entre­prises, pré­cise Jacques Leclercq, mais nous avons recueilli éga­le­ment plus de trois cents ins­crip­tions directes de cama­rades inté­res­sés. Par­mi eux, beau­coup de jeunes des pro­mo­tions pos­té­rieures à l’an deux mille sou­lignent leur inté­rêt pour les domaines tech­niques et scientifiques.

» Ce regain d’in­té­rêt des jeunes pour le nucléaire est tout à fait réconfortant.

» Nous accueillons éga­le­ment des repré­sen­tants d’autres écoles, Cen­trale ou Arts et Métiers. »

<td cols­pan=« 2 » class=« cou­leur-jaune style= » padding:6px »= » »> Jacques Leclercq (63), 67 ans, marié, deux enfants, est ingé­nieur des Ponts et Chaus­sées. Après quelques années de cabi­nets minis­té­riels, il rejoint EDF où il dirige l’ins­tal­la­tion de nom­breuses cen­trales nucléaires, mais aus­si hydrau­liques ou ther­miques. Chez Bouygues, puis CGE, deve­nue Alca­tel-Alstom, il devient un expert des accu­mu­la­teurs et des câbles sous-marins. Depuis une dizaine d’an­nées, il est consul­tant indé­pen­dant à l’in­ter­na­tio­nal pour la pro­duc­tion et le trans­port d’élec­tri­ci­té. En début de car­rière, il enseigne l’é­co­no­mie poli­tique et les mathé­ma­tiques, à l’X, à l’E­NA et aux Ponts ; vers les années 1980, il pré­side le Conseil de l’É­cole d’hy­drau­lique et méca­nique de Gre­noble ; il est éga­le­ment l’au­teur de L’Ère nucléaire, ouvrage dif­fu­sé à plus de 40000 exem­plaires en fran­çais et 20 000 en anglais. C’est un ancien vice-pré­sident de l’AX.

Le groupe X‑NucléairePré­sident : Jacques Leclercq (63)
Vice-pré­sident : Phi­lippe Pra­del (75)
Vice-pré­sident : Jacques Bes­nai­nou (83)
Secré­taire-tré­so­rier : Ber­trand de Sin­gly (95)

21, bou­le­vard Suchet, 75016 Paris
http://x‑nucleaire.polytechnique.org

Délé­gués régionaux

Angle­terre : Alain Régent (68)
Asie : Her­vé Mache­naud (68)
États-Unis : Jacques Figuet (70)
Rus­sie : Denis Flo­ry (72), DGA pour la sûre­té et la sécu­ri­té de l’AIEA

Jacques Leclercq (63), 67 ans, marié, deux enfants, est ingé­nieur des Ponts et Chaus­sées. Après quelques années de cabi­nets minis­té­riels, il rejoint EDF où il dirige l’ins­tal­la­tion de nom­breuses cen­trales nucléaires, mais aus­si hydrau­liques ou ther­miques. Chez Bouygues, puis CGE, deve­nue Alca­tel-Alstom, il devient un expert des accu­mu­la­teurs et des câbles sous-marins. Depuis une dizaine d’an­nées, il est consul­tant indé­pen­dant à l’in­ter­na­tio­nal pour la pro­duc­tion et le trans­port d’élec­tri­ci­té. En début de car­rière, il enseigne l’é­co­no­mie poli­tique et les mathé­ma­tiques, à l’X, à l’E­NA et aux Ponts ; vers les années 1980, il pré­side le Conseil de l’É­cole d’hy­drau­lique et méca­nique de Gre­noble ; il est éga­le­ment l’au­teur de L’Ère nucléaire, ouvrage dif­fu­sé à plus de 40 000 exem­plaires en fran­çais et 20 000 en anglais. C’est un ancien vice-pré­sident de l’AX.

Un lieu d’échanges

» Par­ti­ci­per à un groupe apporte beau­coup, estime Jacques Leclercq. On écoute. On dis­cute. On apprend. On synthétise.

» C’est une occa­sion de ren­contre avec des acteurs impor­tants du nucléaire, venant du monde entier. Nos réunions, qui se tiennent autour d’un cock­tail ou d’un dîner à la Mai­son des X, ras­semblent entre cent cin­quante et deux cents personnes.

« Nous avons accueilli, par exemple, Ber­nard Dupraz (74), direc­teur géné­ral adjoint d’EDF ; André- Claude Lacoste (60), pré­sident de l’Au­to­ri­té de sûre­té nucléaire, sur les enjeux de la sécu­ri­té ; Gérard Mes­tral­let (68), pré­sident-direc­teur géné­ral de GDF-Suez.

« Tout récem­ment, le 31 mai der­nier, Anne Lau­ver­geon, pré­si­dente du direc­toire d’A­re­va, a fait le point sur la situa­tion du nucléaire dans le monde (voir page 69). » Nous publions l’ex­po­sé de l’in­ter­ve­nant sur notre site, ce qui per­met ensuite de pour­suivre l’a­ni­ma­tion des débats. »

Inviter des dirigeants étrangers

L’ins­crip­tion au groupe X‑Nucléaire s’ef­fec­tue très faci­le­ment sur le site. Aucune coti­sa­tion n’est deman­dée. Les par­ti­ci­pants à un débat acquittent le mon­tant de leur repas (qua­rante- cinq euros environ).

« Notre ori­gi­na­li­té, ajoute Jacques Leclercq, est d’in­vi­ter des per­son­na­li­tés de pre­mier rang, ce que font moins des socié­tés savantes telles que la SFEN (voir enca­dré). » Par la suite, nous invi­te­rons sans doute des res­pon­sables occu­pant des posi­tions moins pres­ti­gieuses, mais aus­si de grands diri­geants étran­gers, tels que ceux de Wes­tin­ghouse ou Toshiba. »

Propos recueillis par Jean-Marc Chabanas (58)

Commentaire

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clau­dine solliezrépondre
16 novembre 2012 à 15 h 38 min

rup­ture de jeûne, non, de silence.
Par­don pour le tutoie­ment inso­lite et (peut-être?)déplacé mais cin­quante ans ou presque de silence (toute une vie en somme) ne m’ont pas ame­née à pen­ser que tu as tou­jours rai­son. En autres choses, je ne trouve pas spé­cia­le­ment glo­rieux que le for­ma­tage des grands écoles abou­tisse à « un inté­rêt mar­qué des jeunes ingé­nieurs » pour l’éner­gie nucléaire quand nous aurions tant besoin de recherches vigou­reuses et appro­fon­dies sur les éner­gies dites renouvelables.
Voi­là, je suis très contente quand même d’a­voir pu faire entendre ma très insi­gni­fiante petite voix.
Clau­dine Solliez

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