Les choix des polytechniciens à la sortie de l'École

Que font les X après l’X ?

Dossier : Premier PasMagazine N°697
Par Jérôme SAULIÈRE (05)

Commençons par une bonne nouvelle. Les polytechniciens ne connaissent (presque) pas la crise. Seuls 1,5 % des élèves diplômés en 2010 étaient en recherche d’emploi en 2012. Pour offrir un point de comparaison, 4,6 % des diplômés 2010 des écoles d’ingénieurs françaises étaient en recherche d’emploi en 2012.

REPÈRES

Chaque année, près de cinq cents jeunes polytechniciens entrent dans la vie active ou poursuivent leurs études. L’École mène une enquête systématique sur leur choix. La dernière en date porte sur les promotions diplômées jusqu’en 2011.
D’autres enquêtes récentes permettent de compléter les données sur l’orientation choisie, telles que celle de la Conférence des grandes écoles ou celle menée annuellement par les Ingénieurs et scientifiques de France (IESF).

 
Si l’on considère que les polytechniciens poursuivent le plus souvent leur formation plusieurs années quand les élèves d’autres écoles sont déjà à la recherche d’un premier emploi, et si l’on ôte du compte les élèves ayant poursuivi leurs études (les élèves des Corps d’État sont quant à eux certains d’être embauchés au terme de leur formation complémentaire), le pourcentage est de 2 %, ce qui reste remarquablement faible.

“ Un élève sur cinq poursuit par un doctorat ”

Sans grande surprise, un quart de la promotion des polytechniciens diplômés en 2011 (25 %) choisit les Corps d’État. Plus d’un cinquième de la promotion (22 %) choisit de poursuivre ses études par un doctorat. Ce chiffre ne pourra manquer d’étonner ceux qui croyaient que le doctorat ne servait à rien après un diplôme aussi prestigieux que celui de l’X.

Il faut dire que le doctorat peut se révéler être un atout pour faire carrière à l’étranger, ce qui est envisagé à plus ou moins long terme par nombre de nos camarades : 22 % des jeunes diplômés 2011 ont ainsi choisi de commencer leur carrière dans un autre pays.

Le doctorat est également une condition sine qua non pour continuer dans la recherche, ce que choisissent de faire un nombre non négligeable d’X.

Ainsi, parmi les moins de 30 ans, 14 % ont fait le choix de l’enseignement supérieur ou de la recherche fondamentale, contre moins de 2 % en moyenne pour les écoles d’ingénieurs. À ces derniers s’ajoutent les 19 % qui ont opté pour la R&D dans les entreprises (12 % en moyenne pour les écoles d’ingénieurs).

Fidèle à sa culture de l’excellence scientifique, l’X continue donc de compter dans le monde de la recherche, qu’elle soit fondamentale ou appliquée.

La bulle des finances

Un sujet dont s’émeuvent beaucoup d’anciens et l’opinion publique est le fait que des ingénieurs formés aux frais du contribuable choisissent de faire carrière (et fortune ?) dans la finance. Cela ne concerne pourtant que 6,5 % des diplômés 2011 (13 % hors doctorat et Corps de l’État) qui travaillent pour le secteur des banques et des assurances. Ce chiffre montre une impressionnante décrue par rapport aux 14 % de 2010 (27 % hors doctorat et Corps de l’État). La bulle serait-elle en train de se dégonfler ?

L’énergie est le premier secteur d’emploi des jeunes polytechniciens. Photos d'éoliennes
L’énergie est le premier secteur d’emploi des jeunes polytechniciens. © CAROLE CASTELLI – FOTOLIA

Énergie et BTP

L’industrie, qui avait le plus souffert de la popularité du secteur bancaire, profite de cette décrue et attire désormais près de la moitié des diplômés, hors doctorat et Corps de l’État.

Les secteurs industriels qui attirent le plus les jeunes polytechniciens sont l’énergie et le BTP : ils concentrent à eux deux 60 % des X ayant fait le choix de l’industrie.

Le conseil, quant à lui, continue sans surprise d’avoir le vent en poupe : son attractivité, en constante hausse depuis 2009, atteint 22 % en 2011 (hors doctorat et Corps de l’État), soit pour la première fois plus que le secteur des banques et assurances.

Enfin, un sujet qui intéresse toujours est la création d’entreprise. Malgré les efforts consentis dans ce domaine et la volonté affirmée de développer la soif d’entrepreneuriat chez les élèves, elle reste extrêmement marginale parmi les choix des jeunes diplômés : 1 %, ce qui est tout de même un peu mieux que la moyenne des écoles d’ingénieurs françaises (0,3 %).

SOURCES

  • Enquête « premier emploi » 2013 réalisée par le pôle « Stages, Orientation, Insertion professionnelle » de l’École polytechnique sur les promotions diplômées jusqu’en 2011.
  • 24e enquête IESF, mars 2013.
  • Enquête « Insertion des jeunes diplômés » 2012 de la Conférence des grandes écoles.

LES DÉBOUCHÉS DES POLYTECHNICIENS DIPLÔMÉS EN 2011

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