Prévention de la corrosion et de l’entartrage dans les réseaux de distribution d’eau

Dossier : Arts, Lettres et SciencesMagazine N°521Par : Luc LEGRAND (45) et Pierre LEROY Préface de Pierre-Gilles de GENNES

Ce livre concerne d’abord les réseaux publics et les réseaux privés de distribution d’eau potable. Mais il s’applique aussi aux réseaux privés de distribution d’eau chaude, aux réseaux de chauffage central, aux réseaux de climatisation, aux réseaux d’irrigation, aux circuits de refroidissement, etc. Plus généralement, il concerne tous les réseaux où l’on introduit des eaux naturelles ayant subi le cas échéant un traitement ou un changement de température les rendant propres à l’usage auquel elles sont destinées.

Au cours de leur transport dans les réseaux, ces eaux sont en contact avec des matériaux divers : fonte, acier, revêtements en mortier de ciment, revêtements organiques, béton armé, amianteciment, acier galvanisé, plomb, cuivre, laiton, acier inoxydable, matières plastiques. Comment protéger les parois métalliques contre la corrosion et les matériaux à base de ciment contre la dégradation, comment aussi éviter l’entartrage des réseaux, tel est le sujet de cet ouvrage.

Dans tous les pays du monde, quel que soit le degré de leur développement, on voit des réseaux dont les parois intérieures métalliques sont corrodées par l’eau transportée. On voit aussi des réseaux dont les parois intérieures, constituées d’un matériau à base de ciment, ne sont pas protégées contre la dégradation.

Il existe enfin des réseaux entartrés, principalement parmi les réseaux de distribution d’eau chaude. Les risques sont nombreux : altération de la qualité de l’eau distribuée, pertes d’eau, réduction excessive de la capacité de transport du réseau, nécessité de travaux de réfection. L’importance du sujet étudié est donc grande.

Le livre commence par l’étude des eaux naturelles et du processus hydrogéologique de leur formation. Cette étude est nécessaire pour comprendre les interactions entre les parois intérieures des réseaux et les eaux transportées. Expliquer ces interactions est un des buts essentiels de l’ouvrage. On montre que les parois métalliques comme les parois constituées de matériaux à base de ciment peuvent être protégées ou partiellement protégées par des dépôts formés à partir d’ions issus des parois et d’ions issus des eaux transportées.

Pour obtenir la formation de dépôts protecteurs, il est souvent nécessaire d’appliquer à l’eau un traitement correctif de la composition minérale. Il faut aussi que certaines dispositions soient observées dans la conception du réseau, son mode d’exécution et son mode d’exploitation. L’étude de ces dispositions ainsi que l’étude des traitements correctifs constituent d’autres points essentiels de l’ouvrage.

Cependant, il arrive parfois que certaines des conditions propres à favoriser la formation de dépôts protecteurs sur les parois en fonte, en acier ou en acier galvanisé ne puissent que difficilement être réalisées. En de tels cas, on peut envisager l’utilisation d’inhibiteurs de corrosion qui conduisent à la formation de films sur les parois du réseau.

Dans les différentes parties de cet ouvrage, on se réfère sans cesse, par nécessité, à la représentation graphique des eaux utilisant comme coordonnées la somme des concentrations pour les trois éléments carboniques et la concentration en l’élément calcium.

Cette représentation graphique permet de visualiser l’évolution d’une eau dans la nature, dans une usine de traitement ou dans un réseau. Elle sert aussi de base au programme informatique, conçu par la société CIFEC, qui permet de calculer les doses des réactifs éventuellement nécessaires pour corriger la composition minérale de l’eau dont on dispose.

Ce programme informatique est présenté au dernier chapitre de l’ouvrage.

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