Le VALDOCCO : Aider des jeunes en grande difficulté

Tout au long de ma scolarité, j’ai vu la mixité sociale diminuer à l’école. En classe de quatrième, une de mes camarades a quitté le collège, enceinte, tandis qu’une autre se laissait embarquer dans un gang.
Je me suis alors demandé quelle adolescente j’aurais été si mes parents n’avaient pu me fournir la sécurité affective et financière dont j’ai bénéficié durant mon enfance.
“ Assaillie en permanence par des préjugés sur les cités, je voulais voir par moi-même ”
J’ai donc décidé de profiter de ces six mois de stage FHM pour me confronter à la réalité de beaucoup de jeunes. J’avais besoin de savoir si j’étais capable de les aider, quelles seraient mes réactions. Je voulais être déstabilisée par leurs visions de la vie.
Enfin, assaillie en permanence par des préjugés sur les cités et les grandes théories de chacun sur les meilleurs choix éducatifs, je voulais voir par moi-même.
REPÈRES
Le Valdocco est une association créée en 1995 par Jean-Marie Petitclerc (71) et présente dans cinq villes. Ses actions visent à prévenir la délinquance, l’échec scolaire et les ruptures familiales. La pédagogie mise en œuvre s’inspire de celle préconisée par Don Bosco (1815- 1888).
Ce qui caractérise le projet associatif, c’est l’approche globale de l’enfant, de l’adolescent. Il s’agit de le rejoindre à la fois dans la cité (grâce aux animations de rue), à l’école (grâce au service de soutien scolaire et aux actions de prévention du décrochage scolaire comme d’aide au raccrochage) et dans sa famille (grâce aux actions de soutien à la parentalité).
Comprendre et aider
J’ai effectué mon stage au sein de l’association Le Valdocco, à Tassin-la-Demi- Lune. J’y suis restée de début octobre jusqu’à fin mars. Les équipes, sur place, avaient besoin de notre aide, si bien que nous avons d’emblée pris part aux différentes activités.
“ J’avais peur de me faire marcher dessus, de ne pas être respectée ou de faire des erreurs ”
Mon emploi du temps était divisé en deux parties. Jusqu’au début de l’après-midi, je travaillais au centre d’accueil de jour Laurenfance (CAJL), qui accueille des jeunes entre 12 et 18 ans n’allant plus à l’école et en obligation scolaire.
Placés là par décision judiciaire, ils viennent en journée et repartent le soir ou après le déjeuner. L’objectif de cet accueil est de les aider à garder des habitudes qui seront celles d’une vie professionnelle, de leur donner quelques cours et de leur permettre de reprendre confiance en l’adulte en leur offrant un accueil et une oreille attentive.
Développer des activités et du soutien scolaire
Ma seconde mission était au service de la prévention. Il s’agit de passer dans les quartiers pour jouer avec les enfants ou leur proposer différentes activités, et de s’occuper du soutien scolaire.
SURTOUT EUX
Un jeune m’a demandé, à la fin de mon stage, si ces six mois m’avaient apporté quelque chose. J’ai répondu que oui. Il a alors insisté en me demandant : « Mais même nous, les jeunes ? » Je lui ai dit que c’était probablement eux qui m’avaient apporté le plus. Il a alors eu l’air surpris et sceptique. J’espère que le côté sceptique s’estompera par la suite et qu’il prendra confiance en lui.
Des équipes motivées et combatives
J’ai aussi découvert la vision des éducateurs. J’ai été émerveillée par leur optimisme et leur combativité. Ils essayaient sans relâche de redonner confiance aux jeunes. Ils faisaient confiance aux jeunes.
Lorsqu’on sent que quelqu’un nous fait confiance, on gagne en confiance en nous et on est alors beaucoup plus apte à faire confiance aux autres. En se fondant sur la pédagogie salésienne, il s’agissait de montrer aux jeunes qu’ils étaient capables d’avancer.
Malgré les difficultés, le travail prenant, je n’ai jamais vu d’autres membres de l’équipe baisser les bras. J’ai pu voir durant ce stage des gens engagés et croyant en ce qu’ils faisaient. Malgré un travail épuisant, ils gardaient leur motivation et leur énergie.
