Des microbes ou des hommes

Dossier : Arts, Lettres et SciencesMagazine N°635 Mai 2008Par : Maxime Schwartz (59) et François RodhainRédacteur : Robert Dautray (49) et Jacques Lesourne (48)Editeur : Odile Jacob 15, rue Soufflot, 75005 Paris

Couverture du livre : Des microbes ou des hommesÀ la fin des années 1970, les microbes paraissent vaincus. Grâce à l’hygiène, aux insecticides, aux vaccins et aux antibiotiques. Puis tout a basculé. Sida, vache folle, SRAS, résistances aux anti-infectieux, grippe aviaire, les microbes ressurgissent et semblent se jouer des hommes. Cet ouvrage explique comment nous en sommes arrivés là, en raison de l’accroissement démographique et de l’évolution de nos comportements, et quels nouveaux risques nous guettent, du fait du changement climatique ou du bioterrorisme. Pourtant, la guerre contre les microbes ne sera pas nécessairement perdue, pourvu que nous sachions tirer parti des nouvelles armes que la science nous fournit.

Séparément – mais nous en avons parlé ensuite ensemble – nous avons lu ce livre avec un immense plaisir et une intense satisfaction intellectuelle. Il est rare en effet qu’un ouvrage allie à ce point la rigueur scientifique, la clarté et la simplicité de la langue et le récit d’une histoire aussi captivante qu’un roman. Maxime Schwartz et François Rodhain ont réussi cet alliage à un tel point que le lecteur n’a nulle conscience des écueils qu’ils ont évités et se met à réfléchir tout en s’instruisant.

Il n’est besoin d’aucune connaissance préalable pour suivre l’évolution progressive des concepts de la biologie depuis Pasteur et l’enchaînement des succès qui ont marqué la lutte entre l’homme et le microbe pendant près d’un siècle et demi. On admire la précision et le dépouillement avec lesquels les auteurs commentent cette immense aventure. Ils abordent ensuite le proche passé et le futur, car, autour de 1976, le vent tourne, sous l’effet de causes multiples, mais dont l’une est essentielle : l’adaptabilité des microbes, ce nouvel avatar du conflit entre le glaive et le bouclier. Alors, se tournant vers l’avenir, Maxime Schwartz et François Rodhain décrivent les armes potentielles dont nous disposons. La bataille n’est pas perdue et la situation ne justifie ni pessimisme ni triomphalisme.

Voilà un livre qu’on ne peut que recommander aux abonnés de La Jaune et la Rouge car il présente avec sérieux et élégance l’un des thèmes majeurs pour le devenir de l’humanité dans les prochains siècles.

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