Contrôle de qualité des aliments : traçabilité et authenticité



La sécurité alimentaire… à la poursuite du " risque zéro "
La sécurité alimentaire… à la poursuite du " risque zéro "
Les produits agroalimentaires sont désormais soumis, dans les pays développés tout au moins, à des normes de qualité de plus en plus exigeantes, vigilantes quant à la sécurité. À cet égard, comme l'illustre le drame de l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), l'ampleur et la gravité des dangers encourus, une possible " mondialisation " des contaminations interpellent une communauté scientifique appelée à garantir, dans l'urgence, des diagnostics fiables dans des conditions économiquement supportables.
Ce débat est désormais largement relayé en Amérique du Nord, où, par exemple, le pollen de blé modifié a été rendu responsable de la mortalité de larves du papillon " Monarch ", une espèce protégée. Cependant, même si les réticences exprimées par de nombreuses associations ont réveillé la méfiance des consommateurs américains, il est devenu difficile de faire machine arrière. En effet près de la moitié des récoltes américaines de soja, de coton et de maïs provient de plantes génétiquement modifiées et les OGM de légumes et céréales occupent une place importante dans l'alimentation y compris celle des enfants en bas âge.
La dissémination de ces organismes dans l'environnement par pollinisation croisée rend d'ores et déjà impossible l'adoption de normes excluant la présence de traces d'OGM en deçà d'un seuil de 1 pour 1000. Les polémiques portant sur l'intérêt et les dangers de la culture d'OGM à grande échelle sont loin d'être closes. S'il semble admis que le risque toxique ou allergisant est actuellement faible, les militants anti-OGM ne se satisfont pas des objectifs affichés qui visent, d'une part à limiter l'utilisation de pesticides par production de semences résistantes aux ravageurs, et d'autre part, à améliorer la qualité nutritive des aliments, en augmentant notamment la part des protéines et en diminuant celle des lipides.
| La teneur en deutérium de l’eau varie sur la Terre |
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D/H représente le rapport des nombres d’atomes isotopes (deutérium D et hydrogène H) exprimé en parties par million. À Nantes, l’eau contient environ 150 atomes de deutérium pour 1 million d’atomes d’hydrogène. |
Pour eux les bénéfices attendus dans le cadre de la lutte contre la faim dans le Tiers-Monde et contre un recours abusif aux traitements chimiques ne justifient pas que l'on s'engage dans une modification des espèces susceptible de comporter, à plus ou moins long terme, des risques écologiques incontrôlables.Dans ce contexte, les craintes suscitées par des risques sanitaires imparfaitement maîtrisés confortent l'intérêt croissant du consommateur pour des produits dits " naturels ", supposés exempts de toxicité et dont " l'histoire " peut être retracée avec certitude. Cet engouement pour le " naturel " a même favorisé l'émergence de nouveaux produits, les alicaments ou nutraceutiques, qui sans être des médicaments sont crédités d'effets bénéfiques sur la santé. Cependant, bien que " naturels " les produits dits " bio " et les préparations à base de plantes n'échappent pas aux risques de contamination, de manipulations frauduleuses ou de dosages dangereux ; et ils doivent donc être contrôlés et authentifiés.
Défauts de conformité et fraudes
Si les contaminations alimentaires sont le plus souvent d'origine accidentelle, de nombreux défauts de conformité résultent de fraudes délibérées à motivation économique. Bien qu'elles puissent prendre accidentellement un caractère criminel, comme ce fut le cas pour l'addition de méthanol à des vins italiens ou la présence d'aniline dans de l'huile d'olive espagnole, ces fraudes sont généralement inoffensives. La majorité des falsifications visent un profit en substituant aux ingrédients de l'étiquette des composés meilleur marché et généralement de moindre qualité.
