AU COURRIER : Agro-industries et pratiques durables

Dossier : ExpressionsMagazine N°659 Novembre 2010
Par Jacques BOURDILLON (45)

Je pro­pose ci-après trois cita­tions sus­cep­tibles de venir à l’ap­pui de l’ar­ticle de notre cama­rade Jean-Fran­çois Molle, » Pra­tiques agri­coles durables, le rôle des agro-indus­tries « , paru dans La Jaune et la Rouge, numé­ro 657 d’août-sep­tembre 2010.

Les produits » bio »

Cita­tions de Louis-Marie Hou­de­bine, OGM, le vrai et le faux, Le Pom­mier, 2000.

Les dan­gers de l’a­gri­cul­ture bio­lo­gique : « L’ap­port du fumier ou d’en­grais orga­niques est sup­po­sé consti­tuer un sub­sti­tut idéal à l’u­ti­li­sa­tion des engrais chi­miques, mais la pol­lu­tion due à des épan­dages exces­sifs est la même avec des engrais orga­niques qu’a­vec des engrais chimiques […]

L’a­gri­cul­ture bio­lo­gique est cen­sée appor­ter de nom­breux bien­faits mais jamais per­sonne n’a pu prou­ver que ses pro­duits étaient plus sains que les autres.

L’a­gri­cul­ture bio­lo­gique est cen­sée appor­ter de nom­breux bien­faits, or elle est sou­mise à une obli­ga­tion de mode de pro­duc­tion, pas de résul­tat, jamais per­sonne n’a pu prou­ver que ses pro­duits étaient plus sains que les autres, cer­tains, au contraire, refusent d’en consom­mer depuis qu’on y a décou­vert des toxines pro­duites par des cham­pi­gnons micro­sco­piques, et il n’est pas impos­sible que la consom­ma­tion de ces pro­duits, si elle venait à s’ac­croître, en arrive à deve­nir un pro­blème de san­té publique. Cer­tains pro­duits bio­lo­giques contiennent en effet des quan­ti­tés impor­tantes d’une souche patho­gène de la bac­té­rie Esche­ri­chia coli, ce qui mul­ti­plie par huit les chances des consom­ma­teurs d’être infec­tés en adop­tant ce type de nour­ri­ture. L’a­gri­cul­ture bio­lo­gique est en tout cas un mar­ché inté­res­sant : comme on pou­vait s’y attendre, des frau­deurs appa­raissent en masse. »

Le fumier source de résis­tance à l’am­pi­cil­line : « Une pro­por­tion impor­tante des bac­té­ries que ren­ferme le fumier contient le gène de résis­tance à l’am­pi­cil­line sous forme plas­mi­dique, un simple cal­cul indique qu’une seule remorque de fumier contient plus de copies des gènes que la tota­li­té du maïs trans­gé­nique culti­vé actuel­le­ment dans le monde. »

Le retour aux méthodes tra­di­tion­nelles de cultures ne serait-il pas tout sim­ple­ment une imprudence ?

Les produits naturels face aux produits créés par l’homme

Cita­tions de Chris­tian de Duve, prix Nobel de méde­cine, À l’é­coute du vivant, Odile Jacob, 2002.

« Notre mère Nature n’est ni sage ni bien­veillante : les scor­pions, les cham­pi­gnons véné­neux, le virus du sida sont de sa part l’ob­jet de la même sol­li­ci­tude que les papillons et les moi­sis­sures qui sauvent […] Cer­tains (à la recherche d’une nou­velle morale) croient pou­voir se réfé­rer à la nature, mais la nature n’a pas de sens moral et ne connaît que la loi aveugle de la sélec­tion natu­relle. Or, ce qui fait notre gran­deur, c’est pré­ci­sé­ment notre pou­voir de nous oppo­ser à la nature et de la diri­ger si nécessaire. »

Les OGM

Cita­tions d’Axel Kahn, pré­face de Sau­vez, les OGM, J.-C. Jaillette, Hachette, 2009.

« La super­fi­cie des terres culti­vables va régres­ser alors que la popu­la­tion de la pla­nète va presque dou­bler, il est donc essen­tiel d’aug­men­ter la pro­duc­ti­vi­té agri­cole et les OGM sont à l’é­vi­dence l’un des moyens les plus effi­caces d’y par­ve­nir. La France a autre­fois été pion­nière dans ce domaine, elle se trouve main­te­nant dans le pelo­ton de queue en rai­son du mora­toire sur les OGM en plein champ, impo­sé par des idéo­logues, alors que 125 mil­lions d’hec­tares de végé­taux trans­gé­niques sont aujourd’­hui plan­tés dans le monde (8,33 %), avec une aug­men­ta­tion rapide de l’ordre de 10% l’an qui ne se ralen­tit pas. »

Il fait en outre remar­quer » l’ab­sence de tout effet néfaste avé­ré d’une tech­no­lo­gie qui fonc­tionne depuis une décen­nie et qui concerne des cen­taines de mil­lions de per­sonnes. » Il ajoute que » si les OGM ont un tel suc­cès c’est sans doute parce qu’ils ont des avan­tages […] Est-il bien rai­son­nable alors qu’il faut faire face aux besoins ali­men­taires d’une popu­la­tion en expan­sion de se pri­ver du poten­tiel des bio­tech­no­lo­gies végétales ? »

Jacques Bour­dillon (45)

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