Paul Badré (26)

Paul Badré (26), 1906-2000

Dossier : ExpressionsMagazine N°587
Par André TURCAT (40)

Paul Badré, qui s'est éteint à 95 ans, a connu une des plus belles carrières de pilote d'essais d'avant-guerre.

Paul Badré, qui s'est éteint à 95 ans, a connu une des plus belles carrières de pilote d'essais d'avant-guerre.
La promo 26, avec sa cadette, a réuni des noms restés fameux dans l'industrie aéronautique et les essais : Henri Ziegler, Tuffal, Lecarme, Desbruères, Glasser, Roos, Polart, du Merle, Cambois, Louis Bonte. C'était aussi l'époque restée dans notre cœur de Rozanoff, du père Coupet, tous ayant mis au point au CEMA de Villacoublay des méthodes d'essais scientifiques auxquelles il ne manquait que des moyens. Ils ont inventé l'analyse des efficacités de commandes de vol, des qualités de vol (et des défauts !), de la stabilité.

Depuis ses débuts sur Morane 138 jusqu'au Messerschmitt 262 et au Meteor à réaction qu'il connut après-guerre, Badré a volé avec audace, adresse et chic sur tout ce qui pouvait voler… et même ne le pouvait pas, à l'époque où l'on commençait l'entraînement sur des avions désentoilés dits rouleurs. Mais son mieux aimé fut le Léo 45.

En août 1940, parlant allemand, il est nommé à la Commission d'armistice. Il y reste jusqu'en janvier 1941, et entre dans la Résistance à Vichy même après réception des premiers postes de radio de Londres, participant aux opérations du "S. R. Air".

Il envoyait à Londres, du grenier de sa maison, les communications téléphoniques entre l'état-major allemand de Paris et l'Allemagne, interceptées par Keller (dénoncé par Bousquet et mort en déportation). En janvier 1943 on le retrouve à Londres avec l'Intelligence Service ; mais avide d'action il se fait envoyer en AFN où il prend le commandement du groupe Franche-Comté et fait ainsi un tour d'opérations sur B26 Marauder.

De 1946 à 1948 il est directeur du Bureau des matériels nouveaux, puis premier directeur des essais en vol de la SNECMA, directeur de production de la SNCASO, président de la SFERMA.

Resté cependant aussi discret que lucide, il était avec Léopold Galy (de chez Dewoitine) le dernier survivant des pilotes d'essais d'avant-guerre. Mais surtout il était grand, de taille, de valeur, de modestie et de gentillesse.

Membre d'honneur de l'Académie nationale de l'air et de l'espace.

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