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Dossier : Arts, Lettres et SciencesMagazine N°568Par : André Danzin (39), Jean-Pierre Quignaux et Sylviane Toporkoff, préface de Gérard Worms (55)Rédacteur : Silvère SEURAT (37)

En présentant une ample moisson de données, de prévisions et d’exemples, l’ouvrage permet au lecteur de percevoir les conséquences pour l’homme du déferlement des NTIC, Nouvelles technologies de l’information et de la communication, conséquences pour le travail dans ses divers aspects, pour l’emploi dans la double face d’offre et de demande, pour l’éducation enfin aussi bien première que permanente.

Mais l’originalité de ces pages ne se limite pas à ce premier regard d’analyse corpusculaire de grains de travail. Les auteurs ont souhaité aller au-delà et nous offrir un deuxième regard proposant au lecteur la mise en perspective de l’actuelle “révolution” des NTIC dans la grande aventure de la création et de l’évolution de l’univers.

Cette aventure, orientée par l’information est marquée par diverses étapes, l’énergie, la matière, la vie, la pensée.

Et c’est sur cette dernière étape que vient se brancher l’émergence des NTIC, épisode de l’évolution peut-être, mais épisode aigu.

Les auteurs nous entraînent dans le double regard de leur vision, corpusculaire et globale afin de nous faire partager leur conviction que “avec les NTIC nous sommes parvenus à ce point de bifurcation, où l’économie, jadis accrochée au couple énergie-matière, bascule vers l’énergieinformation ”.

Pas de frontière franche, toutefois, entre l’ancienne économie née au XIXe siècle pour dominer la première moitié du XXe siècle et une nouvelle économie fêtant son premier cinquantenaire.

Certes cette dernière voit éclore et se multiplier des industries nouvelles nées de la seule info-communication, mais elle accueille aussi, transformés, régénérés par les NTIC, tous les grands acteurs de l’économie du XXe siècle : énergie, transport, métallurgie, chimie, banque, etc.

Peu de métiers restent inchangés, peu de métiers s’offrent à ceux qui se cantonneraient dans le ghetto des infopauvres. Ainsi des frontières se dessinent-elles entre infopauvres et info-riches, séparant non des économies, mais des hommes, des régions et peut-être des pays.

L’émergence d’un État hautement contrasté, l’Inde, déjà riche de plusieurs Silicon Valley, démontre heureusement que toute frontière peut être franchie.

Un ultime regard s’oriente vers l’habituel support de toute réflexion sur l’avenir, l’éducation. L’éducation, d’abord première, mais davantage encore seconde, permanente, qui trouve dans la poursuite de l’évolution des NTIC une nouvelle justification. Cette évolution présente une heureuse contrepartie : pour la première fois des technologies nouvelles offrent dans leur émergence le moyen de leur enseignement, groupé dans le nom de baptême de cyberformation.

Tout en restant prudents, car les risques de dérapage sont multiples, les auteurs concluent leur ouvrage sur une note optimiste illustrée par un espoir de plein emploi.

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