Madame Monge

Dossier : Arts, Lettres et SciencesMagazine N°623Par : François PairaultRédacteur : Jean Langlet, président de l’Association Les Amis de l’Ardenne

La vie de cette Ardennaise, née Marie-Catherine Huart, n’avait jamais été évoquée. En devenant l’épouse de Gaspard Monge, le fondateur de l’École polytechnique, elle connut un destin exceptionnel grâce à la fabuleuse carrière parcourue par son mari sous la Révolution et plus encore sous l’Empire.

Cette épouse exemplaire, mère et grand-mère remarquable, ne se contenta pas de vivre dans l’ombre de son époux ; elle se révéla une femme d’affaires étonnante, sachant gérer les biens et assurer la fortune de sa famille. Adepte fervente et passionnée des idées nouvelles et des grandes libertés adoptées par la Révolution, cette féministe avant la lettre fut véritablement la conscience politique du ménage.

À la Restauration et après la mort de Monge, en 1818, la comtesse de Péluse affronta avec fermeté et courage son destin et elle se fit la gardienne des idéaux révolutionnaires, entretenant le flambeau de l’Empire dans la société parisienne, à l’instar des vieux grognards de Napoléon. Persuadée que la Révolution reviendrait un jour, que le souffle de 1789 emporterait de nouveau la France parce que le pouvoir monarchique ne pouvait s’opposer au mécontentement grandissant de l’opinion et à l’évolution de la société française, elle entretint cet espoir autour d’elle jusqu’à sa mort, en février 1846, à l’âge de 99 ans.

Deux ans presque jour pour jour après son décès, la révolution de 1848 fit disparaître à jamais les familles régnantes de France et assura le triomphe des idées démocratiques ; quelques mois plus tard, le retour d’un Bonaparte à la tête de l’État lui serait apparu comme l’heureuse conclusion du combat mené par son mari durant toute sa vie.

 

F. Pairault est également l’auteur d’une biographie : Gaspard Monge, le fondateur de l’École polytechnique, éditions Tallandier, 2000. Quelques exemplaires restent disponibles à l’adresse ci-dessus.

 

 

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