Ecole polytechnique Infokès n° 1041

L’InfoKès, épicentre de la vie de la promo; Écrire envers et contre tout; Écrire pour être lu

Dossier : La Kès 2010 : L'IK 2.0 est arrivéMagazine N°676Par : Julien PANIS-LIE (IK 2010), Maxime FOURNIÉ (IK 2009), Éric SIBONY (IK 2008)

L’InfoKès, épicentre de la vie de la promo

L’InfoKès, épicentre de la vie de la promo

Ce mercredi à 10 heures, Julien Panis-Lie, l’infokessier 2010, m’accueille, souriant, malgré le marathon intense qui l’a tenu éveillé jusqu’à 4 heures du matin pour boucler l’InfoKès, au milieu du campus assoupi. En effet, c’est chaque mercredi que le journal des élèves est publié à 150 exemplaires, distribués principalement dans les lieux de convivialité (BôBar, bars d’étages) et dans les services administratifs de l’École.

 
L’InfoKès (IK) est une revue hebdomadaire d’une quarantaine de pages rédigée par les élèves, qui paraît en version papier et électronique sur leur site frankiz.fr. Elle aborde des sujets variés concernant leur vie sur le Plateau et les encourage aussi à analyser des sujets plus généraux : la vie en communauté, le choix d’une carrière universitaire, les inégalités, l’organisation de l’École, etc.

Aux rubriques traditionnelles comme les activités des Binets, de nombreuses autres se sont ajoutées cette année, avec la création du Binet IK : une caricature pour illustrer l’édito, l’interview décalée d’un(e) élève, l’humeur du chat (largement inspiré de celui de P. Geluck), un rébus, des morceaux choisis sur Facebook, le Mickey énigme, qui réapparaît après trois ans d’absence, les mots croisés, la rubrique jeux vidéo-mangas, les morceaux choisis de l’IK d’il y a trente ans, la revue de presse internationale, la rubrique de musique métal, les billets d’humeur variés.

L’InfoKès, dont le coût de production avoisine les 2 500 euros annuels, est bien davantage qu’un organe de liaison entre les élèves pendant leur passage sur le Plateau. Il contribue aussi à la chaîne de solidarité qui relie les kessiers de toutes les promotions.

Régine Lombard : Julien, comment en êtes-vous arrivé à accepter une telle responsabilité en décembre dernier, quelles étaient vos motivations ?

Julien : Petit, je voulais devenir journaliste. Je lis régulièrement des journaux comme Le Monde, The Economist, The Times, le magazine Moyen-Orient. Je me suis tout de suite intéressé à l’IK en arrivant à l’École, mais j’ai été déçu par son manque de contenu. Ma motivation, lorsque je me suis proposé pour m’en occuper, était de le changer en profondeur en y introduisant des rubriques régulières pour le structurer, de l’humour, de la satire, des caricatures, davantage d’images. Je voulais aussi lui imprimer ma touche personnelle, élargir le cercle des lecteurs.

RL : C’est ce projet ambitieux à votre avis, qui a convaincu une dizaine de vos camarades à vous rejoindre dans le premier Binet IK de l’histoire de l’École?

Julien : Oui, c’est une belle réussite pour nous, cette année, d’avoir réussi à créer ce Binet, même si, dans la pratique, la pression des délais repose surtout sur Julia Chatain et moi : nous nous relayons pour boucler l’IK le mardi soir.

C’est aussi elle qui a conçu en grande partie la maquette actuelle de l’IK, et qui travaille sur la création du nouveau site de l’IK, qui sera lancé avant les vacances d’été. Dans un premier temps, nous proposerons surtout des PDF de l’IK.

RL : Qui sont les autres contributeurs de l’IK ?

Julien : Je compte beaucoup sur quelques camarades : l’un des Bôbarmen, Florent Couderc et ses talents de dessinateur pour des dessins humoristiques dans l’esprit de Plantu – il a d’ailleurs le projet de publier une bande dessinée –, Cyril Novel qui s’occupe des couvertures et des photomontages, Arnaud Sauterey qui publie La boîte à g33k, des articles sur l’Internet interactif 2.0, les jeux vidéo, les mangas, Gautier Maigret qui fait les interviews et Jia Li, un élève chinois spécialisé dans la BD. Nous nous sommes connus par le bouche à oreille et grâce à des annonces dans l’IK et frankiz.fr.

RL : Quelles sont les grandes lignes de son contenu ?

Julien : Des thèmes globaux, une bonne partie de mon travail consiste à chercher des sujets pour publier des numéros à thème : dernièrement, nous avons publié un article sur le premier tour des élections, la journée de la femme, et des mots croisés thématiques.

Nous avons des premières de couverture qui couvrent l’actualité des Binets. Nous récupérons aussi, sur un site dédié, des contributions anonymes ou cryptées pour les pages «Khôtes», réflexions des élèves prises sur le vif où seuls les intéressés se reconnaissent et VDM, exutoire de toutes les frustrations.

RL : Quels sont les problèmes?

Julien : Le manque de temps. Les contributeurs ont du mal à respecter les délais.

Propos recueillis
par Régine Lombard

 


Écrire envers et contre tout

Au cours de mon année d’IKman, je me suis souvent senti comme une poule prise dans un processus de ponte, donnant plus ou moins facilement naissance à des numéros de plus ou moins bonne qualité. Si j’ai parfois eu l’impression d’être frappé d’une idée géniale certaines semaines, je me souviens aussi d’autres nuits frappées par différents déboires, allant du manque d’inspiration aux imprimantes qui bourrent ou à l’ordinateur qui plante. Au-delà de ces mésaventures dont je souris aujourd’hui, la tâche la plus difficile a sans doute été d’inciter mes camarades à écrire dans leur hebdomadaire.

Je souhaitais en particulier plus de chroniqueurs réguliers qui auraient pu tenir des rubriques, comme le fait aujourd’hui avec succès le Binet IK 2010. En véritable Jules Verne, j’aurais aussi voulu propulser l’IK dans le troisième millénaire en le dotant d’une version Internet à part entière. Hélas, la seule réalisation de l’IK et la charge de kessier à côté ne m’ont pas laissé le temps de mettre ce projet bien en place.

Je garde finalement un très bon souvenir de cette année à la tête de l’organe de presse de la Kès, et souris en évoquant à nouveau les plaisirs et les déboires propres au poste d’IKman.

Maxime Fournié (IK 2009)

 


Écrire pour être lu

Quand on m’a invité à faire partie d’une liste Kès, j’ai vite répondu : « D’accord, mais pas pour faire l’IK. » Puis, j’ai réalisé que c’était en fait le seul poste de la Kès où l’on peut faire ce que l’on veut sans être soumis à des contraintes extérieures. Et en effet, une fois en fonction, je n’ai pas hésité à titrer mon premier numéro de mon prénom, et surtout à changer la numérotation des IK afin que mon dernier soit le numéro 1 000 (les numéros 972 à 989 seront disparus à jamais). Ainsi, un raisonnement assez direct pourrait vous faire dire que la réalisation de l’IK n’apprend pas l’humilité.

Et pourtant, le souhait de tout IKman reste d’être lu par le plus grand nombre de personnes, ce qui en fait l’humble serviteur de son public de lecteurs. Et justement, sous mon «mandat», j’ai tenté d’agrandir au maximum ce public jusqu’à ce que je me rende compte que pour que l’IK soit lu, encore faut-il qu’il y ait quelque chose d’intéressant à y lire. Or, un raisonnement assez direct (un autre) montre qu’un seul élève ne peut pas écrire plusieurs articles intéressants par semaine. J’ai proposé de créer un « Binet IK ». Ce fut un échec. Mais heureusement, l’idée a perduré, et a finalement réussi à se concrétiser avec la promotion 2010, qui a formé un Binet nombreux dont les IK sont d’une grande qualité. Je les félicite, et je pense que l’IK a encore de beaux jours devant lui !

Éric Sibony (IK 2008)

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