Les femmes au coeur de la transition énergétique

Dossier : 225e anniversaire de l'École polytechniqueMagazine N°749 Novembre 2019
Par Sylvie JÉHANNO (X89)

Ren­con­tre avec Sylvie Jéhan­no (89). Elle revient pour nous sur ses prin­ci­pales mis­sions et ambi­tions à la tête d’une Busi­ness Unit au cœur de la tran­si­tion énergé­tique, écologique et solidaire.

Vous avez réalisé l’intégralité de votre carrière au sein du groupe EDF. Depuis 2018, vous êtes à la tête de Dalkia. Dites-nous-en plus sur votre parcours et feuille de route.

J’ai réal­isé un par­cours var­ié au sein du groupe EDF, où j’ai occupé des respon­s­abil­ités mul­ti­ples : de l’exploitation de réseaux au com­merce, en pas­sant par le mar­ket­ing et la direc­tion clients. J’ai notam­ment piloté la créa­tion de Sowee, la fil­iale d’EDF dédiée à la mai­son con­nec­tée, appréhen­dant ain­si le virage du groupe dans la SmartHome. Rejoin­dre Dalkia était pour moi une suite logique. J’ai élaboré avec l’ensemble des col­lab­o­ra­teurs du groupe notre stratégie à 5 ans, que nous avons nom­mée Cap Dalkia. Il s’agit d’une ambi­tion et d’un plan d’actions afin d’accélérer la tran­si­tion énergé­tique et numérique de notre entre­prise au ser­vice de nos clients.

Comment s’inscrit votre plan stratégique dans la transition énergétique ?

La France s’est dotée d’une loi sur la Tran­si­tion Energé­tique qui fixe au pays deux grands objec­tifs prin­ci­paux : la baisse de la con­som­ma­tion d’énergie et le développe­ment des éner­gies renou­ve­lables. Tous deux cor­re­spon­dent aux deux grands métiers de Dalkia. Nous avons for­mulé un objec­tif fort : attein­dre 50 % d’énergies renou­ve­lables et de récupéra­tion dans notre mix énergé­tique dès 2022 dans Cap Dalkia.

Nous étions à 24 % en 2014, nous sommes actuelle­ment à plus de 38,2 % notam­ment grâce au bois énergie, à la val­ori­sa­tion énergé­tique des déchets et à la géother­mie. Nous allons pour­suiv­re dans le développe­ment de la chaleur renou­ve­lable et de récupéra­tion à tra­vers les réseaux de chaleur vertueux. La chaleur représente plus de la moitié des con­som­ma­tions glob­ale d’énergie. Il est indis­pens­able de trou­ver les moyens de la décar­bon­er. C’est clé dans la lutte con­tre le change­ment climatique.

En 2018, Dalkia a déjà per­mis d’éviter l’émission de 4,2 mil­lions de tonnes de CO2, comme si on avait retiré plus de 2 mil­lions de voitures de la cir­cu­la­tion. Nous sommes sur la bonne voie.

Quelle vision portez-vous sur la mixité dans votre secteur ?

Être une femme et tra­vailler dans l’industrie n’est pas si com­mun et ce n’est pas si facile non plus. Il y a une sous-représen­ta­tion des femmes dans les car­rières sci­en­tifiques. Seule­ment 29 % des ado­les­centes s’orientent vers un lycée pro­fes­sion­nel. Elles représen­tent 7 % des effec­tifs en génie élec­trique dans les IUT , 7 ‚5 % en génie mécanique, et 9 ‚3 % en génie thermique.

Elles ne sont que 1 % des élèves ou appren­tis en CAP dans les secteurs de l’énergie et du génie cli­ma­tique. Enfin, les femmes représen­tent 28,2 % des effec­tifs en écoles d’ingénieurs. Quelles que soient les raisons sous-jacentes : les femmes ne pensent pas aux métiers tech­niques lorsqu’elles se pro­jet­tent pro­fes­sion­nelle­ment. La diver­sité et la mix­ité sont sources de suc­cès et d’innovation. Pour cela, nous avons mis en place plusieurs pro­jets afin de faire con­naître nos métiers. Nous avons d’abord retra­vail­lé notre mar­que employeur avec une nou­velle sig­na­ture : “Rejoin­dre Dalkia, c’est rejoin­dre plus qu’une entreprise”.

Nous avons égale­ment con­clu plusieurs parte­nar­i­ats avec des écoles, avec des mar­raines, salariées de Dalkia, pour met­tre en valeur les par­cours des femmes dans l’industrie.

Vous êtes d’ailleurs à l’origine de l’initiative Women Energy in Transition. Que faut-il attendre de l’édition 2019 ?

L’idée est de faire con­naître et de val­oris­er les par­cours pro­fes­sion­nels des femmes dans le monde de l’énergie. M on objec­tif est d’inciter les jeunes femmes à rejoin­dre les métiers sci­en­tifiques, tech­niques et tech­nologiques en lien avec la tran­si­tion énergé­tique et de faciliter la for­ma­tion dans ces fil­ières, puis l’accus au pre­mier emploi.

Ce prix est ouvert à l’ensemble des femmes qui sont intéressées par la tran­si­tion énergé­tique, qu’elles soient déjà en poste ou qu’il s’agisse d’étudiantes.

La pre­mière édi­tion, en 2018 a été un véri­ta­ble suc­cès. Nous avons reçu 115 can­di­da­tures et avons récom­pen­sé 16 lau­réates. L’édition 2019 promet d’être aus­si riche en partage, en humani­té et en pro­jets pas­sion­nants. Et surtout, elle sera pleine de belles éner­gies féminines.

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