La sécurité numérique enjeu majeur pour la souveraineté nationale

Les applications numériques sont aujourd’hui vitales partout, a fortiori dans les systèmes d’armes. Assurer la sécurité, ce n’est plus se barricader, les données sont dans le cloud et les opérateurs mobiles. La nouvelle conception de la sécurité est “security by design” qui doit être réfléchie et incluse dès la conception du système d’information.
En 2018, dans un environnement économique et technologique en pleine mutation, tous les dirigeants d’organisation ont désormais compris que la réussite de leur « transformation numérique ou digitale » est stratégique voire vitale. Mais nommer les choses, c’est d’abord les définir.
REPÈRES
Pour le dirigeant d’une entreprise, la stratégie de « transformation digitale » procède d’une vision nouvelle de son système d’information.
Dès le stade de la conception, il se décline en quatre axes stratégiques by design : la sécurité dans le cloud, la protection des données personnelles, l’agilité et la mobilité.
Dans ce contexte, garantir un partage sécurisé des données sur internet devient l’enjeu majeur de la stratégie numérique de l’entreprise.
PASSER D’UNE SÉCURITÉ PÉRIMÉTRIQUE À UNE « SECURITY BY DESIGN »
Le premier constat, c’est qu’Internet et le cloud sont désormais incontournables. Or la sécurité informatique de l’entreprise repose, depuis l’invention des réseaux et du Web, sur une vision de protection périmétrique qui considère que seul tout ce qui à l’extérieur d’un réseau protégé est l’ennemi.
La protection est réalisée par des technologies de contrôle et de supervision du réseau : pare-feux, systèmes de détection d’intrusion (IDS), passe-plats, bastions, contrôle des connexions réseaux, deep packet inspection (DPI), centre de gestion de sécurité (SOC).
Parallèlement, l’accès aux données depuis l’extérieur de l’entreprise passe par des technologies de chiffrement réseau comme les réseaux privés virtuels.
PARER LES NOUVELLES MENACES
Mais cette stratégie de protection, de type « ligne Maginot », n’est pas suffisante. Elle est inopérante face aux nouvelles menaces.
“ Internet et le cloud sont désormais incontournables ”
Et puis, comment parallèlement assurer l’accès généralisé aux données de l’entreprise alors que certains pays interdisent les réseaux privés virtuels ?
Les menaces sont principalement de deux natures : d’une part, la violation des données (Yahoo : 3 milliards de comptes utilisateurs, Uber : 57 millions de clients et 600 000 chauffeurs, le Pentagone : 1,8 milliard de messages soit plusieurs To de données) ; et d’autre part l’indisponibilité des données, voire leur corruption (la cyberattaque du rançongiciel NotPetya a fait perdre à Saint-Gobain 250 Me de commandes).
PENSER LA SÉCURITÉ DÈS LE DÉPART
La sécurité informatique de l’entreprise doit désormais commencer dès le stade de la conception du système d’information en partant du principe que la vulnérabilité principale est le terminal utilisateur ; en d’autres termes, que c’est le terminal (y compris sa dimension humaine) qui garantit le niveau de sécurité.
Dans ce cas, la confidentialité des données reposera sur le secret de la clé privée qui ne devra pas sortir du terminal utilisateur. Le cloud public assurera quant à lui la résilience et la disponibilité. L’authentification, éventuellement forte à plusieurs facteurs, garantira la légitimité de l’utilisateur.
Le principe général est d’intégrer la sécurité au stade de la conception du système d’information ou Security by Design.
UNE CONSTRUCTION À TROIS NIVEAUX
C’est pourquoi, il faut construire le système sur une triple confiance : confiance dans les accès pour garantir l’identité et les droits associés ; confiance dans le transport, par exemple en utilisant le HTTPS qui offre une excellente garantie ; enfin, confiance dans le partage qui implique de gérer les clés privés au niveau de l’utilisateur.
Toutes ces applications sont généralement construites sur des architectures obsolètes « trois tiers » ou « client-serveur » qui comportent de nombreuses failles de sécurité. Il est impossible de boucher tous les trous.
Dans le meilleur des cas, l’entreprise a organisé ses processus autour de progiciels de gestion intégrés ou PGI, censés couvrir tous ses besoins fonctionnels, moyennant un paramétrage métier, mais nécessitant généralement de nombreux développements spécifiques et une longue et douloureuse période de migration et de changement.
À l’heure de la révolution numérique, continuer à organiser son système d’information autour de progiciels et de solutions applicatives est une erreur stratégique.
Comment assurer un accès universel au système d’information de l’entreprise ? Comment adapter quotidiennement le système d’information à la stratégie de l’entreprise, aux processus et aux organisations en perpétuel mouvement ? Et comment garantir que toutes les données de même nature seront traitées de la même manière et de façon synchrone ?
PRIVILÉGIER L’OPEN SOURCE
Au final, la meilleure approche consiste à reconstruire intégralement le système d’information à partir d’une plateforme d’échange intersystème, sur la base de briques libres construites, d’une part à partir des processus métiers (le frontend), et d’autre part, sur la base d’une restructuration métier des données (le backend).
Pour l’utilisateur, la transition sera douce puisque la plateforme intégrera une messagerie intersystème qui synchronisera tous les applicatifs historiques avec la plateforme via des interfaces de programmation applicatives ou API.
STRATÉGIE GAGNANTE
Face aux inconvénients des progiciels intégrés, une stratégie gagnante est par exemple celle annoncée par la Société Générale à l’occasion du Paris Open Source Summit 2017 :
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migrer ses applications, son middleware et son infrastructure sur des solutions du « libre » ;
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généraliser nativement le recours au « libre » dans les nouveaux projets ;
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convertir progressivement les applicatifs traditionnels par leurs alternatives en open source ;
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et faire de ses informaticiens des contributeurs actifs.
Le choix de l’open source par une organisation permettra d’assurer la réversibilité et la pérennité, et l’ouverture du code sera une garantie supplémentaire que les failles de sécurité seront plus rapidement corrigées.
L’adoption très rapide de Kubernetes, conçu par Google pour automatiser le déploiement et la montée en charge d’applications, est un autre exemple qui illustre la force du modèle open source.
UNE NOUVELLE VISION DU SYSTÈME D’INFORMATION
La conclusion pourrait s’écrire sous forme d’une équation : « Transformation numérique = Sécurité + Protection + Agilité + Mobilité ». Cette transformation numérique procède d’une vision nouvelle du système d’information qui se décline désormais en quatre axes stratégiques by design : sécurité dans le cloud ; protection des données personnelles ; mobilité ; agilité et open source.
