La France défend son industrie

Dossier : La DéfenseMagazine N°639
Par Bruno RAMBAUD (70)

L'industrie de la défense ne peut pas se développer comme les autres industries. Elle doit garantir le développement international en maîtrisant totalement les techniques.

GICAT
Le Groupement des industries françaises de défense terrestre (GICAT) représente 176 sociétés spécialisées qui ont réalisé en 2007 un chiffre d’affaires de 3,84 milliards d’euros, avec un effectif de 15800 personnes.
Le GICAT, au travers de sa filiale le COGES, organise toutes les années paires le salon de référence mondiale Eurosatory, premier rassemblement international de l’industrie de défense terrestre, aéroterrestre et de sécurité.

La France, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, fait partie du cercle très fermé des pays capables d'être autonomes et de faire entendre leur voix sur la scène internationale. Notre industrie de défense est une des meilleures au monde et peut se targuer de rivaliser dans certains domaines avec celle des États-Unis.

À titre d'exemple, la France est une des deux puissances mondiales à pouvoir développer la simulation nucléaire avec le Laser mégajoule (LMJ) et la détection électromagnétique et sous-marine. Un noyau d'entreprises françaises – telles que Safran, EADS, MBDA ou Thales – se positionne au meilleur niveau mondial. Ces groupes se sont développés à l'international en commençant par l'Europe. Afin de respecter les contraintes nationales de sécurité des États, les entreprises internationalisées ont dû organiser un solide système de protection et de cloisonnement des échanges techniques. Le " secret défense " reste, donc, une réalité bien ancrée. 

Politique industrielle et politique tout court

Il est difficile de concevoir une politique industrielle européenne de la défense sans politique européenne de la défense.

CIDEF
Le CIDEF regroupe le GIFAS (Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales), le GEAD (équipements), le GICAT et le GICAN (constructions et armements navals).
Il étudie les questions communes aux industries de défense françaises dans leur environnement national et européen. Il les représente auprès des autorités compétentes.

Et, par extension, il est ardu de construire une politique européenne de la défense sans politique étrangère commune. Néanmoins, depuis 2004, l'Union européenne dispose d'une Agence européenne de défense (AED). En matière de politique industrielle commune, on peut citer de belles réalisations : l'avion de transport militaire européen A400M, l'hélicoptère d'attaque Tigre, sans oublier le programme européen " NH90 " qui regroupe cinq nations : Allemagne, France, Italie, Pays-Bas et Portugal. 

Les ambitions industrielles du Livre blanc

Internet, la navigation inertielle ou le GSM sont issus des recherches avancées menées par les laboratoires de l’industrie de la défense

Le récent Livre blanc définit la stratégie pour la défense et la sécurité nationale du pays mais il précise, également, les ambitions gouvernementales dans le domaine de l'industrie de la défense. Un premier cercle de technologies conserve à la France son autonomie stratégique notamment sur la dissuasion nucléaire, la sécurité des systèmes d'informations ou encore les avions-missions. Un second cercle rassemble toutes les technologies qu'elle accepte de partager avec ses partenaires européens. Un troisième cercle regroupe l'ensemble des technologies et savoir-faire pouvant être ouvert à la concurrence internationale.

Compte tenu de la force et des positions acquises par l'industrie française de la défense, les industriels se sont montrés favorables à toutes ces initiatives susceptibles de renforcer les coopérations et d'encourager l'ouverture du marché.

Propos recueillis par Émilie Vidaud

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