Environnement et géopolitique

Dossier : ÉditorialMagazine N°743
Par Hubert JACQUET (64)

Le dossier de notre précédent numéro nous a apporté un éclairage sur le développement durable, à la fois nécessité vitale pour notre avenir et sujet éminemment complexe à traiter. Sur un sujet aux multiples dimensions et intéressant la planète entière, la bonne maîtrise des questions de gouvernance est indispensable pour assurer la coordination et l’harmonisation du jeu de tous les acteurs étatiques et privés. 

Dans ce numéro et dans le suivant, nous retrouvons les questions liées au développement durable en nous focalisant sur un pays, la Chine, et un aspect essentiel, mais non exclusif, du développement durable qui est l’environnement. Si le groupe X-Environnement nous a proposé ce choix, ce n’est évidemment pas anodin. Les coordonnateurs du dossier nous rappellent que l’empire du Milieu par sa taille, son poids économique, sa démographie et la vitesse de sa croissance est en première ligne face aux problèmes environnementaux.

 

“L’empire du Milieu est en première ligne
face aux problèmes environnementaux”

 

Mais au-delà de l’image qu’on peut ainsi se faire de ce sous-continent, il est frappant de voir comment les autorités chinoises arrivent à prendre à bras-le-corps les énormes défis auxquels le pays est confronté avec un grand pragmatisme – on n’hésite pas à tester des solutions quitte à les abandonner –, une réelle capacité à organiser la démultiplication des actions sur le terrain et surtout une étonnante faculté pour transformer les défis et les difficultés en opportunités. C’est ainsi que le développement rapide des voitures électriques permet à la Chine d’acquérir un leadership technologique et industriel en matière de batteries, comme elle l’a déjà fait dans le domaine du photovoltaïque. La Chine sait également jouer habilement sur le registre de la politique internationale : alors qu’elle est le plus gros émetteur de CO2 avec près de 30 % des rejets, son engagement en faveur du climat lui permet d’améliorer son image internationale et de tenter de s’approprier à bon compte une réputation qui devrait revenir à l’Europe. La forte culture scientifique des dirigeants chinois n’est sans doute pas étrangère à cette capacité de rebond qui les caractérise.

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