Auguste Comte / CarolineMassin

Dossier : Arts, Lettres et SciencesMagazine N°617 Septembre 2006Par : Pascaline Gentil, Notes de Bruno Gentil (55), Introduction de Mary PickeringRédacteur : JR

Si certaines des lettres d’Auguste Comte à son épouse ont été publiées dans l’édition des huit volumes de Correspondance générale et Confessions, celles de Caroline Massin sont restées inédites et ignorées en grande partie des chercheurs comme du grand public.

Cet oubli a paru à l’auteur à la fois injuste et regret table pour la connaissance du philosophe. Injuste d’abord, parce que ces lettres révèlent en Caroline une personnalité digne de considération, contrairement à la réputation que les disciples de Comte et ses biographes lui ont faite.

Foncièrement attachée à son mari, sachant reconnaître sa haute valeur intellectuelle et morale, elle a su garder son propre jugement et ses convictions. En épouse “dévouée mais pas soumise ”, elle témoigne des difficultés que rencontrait, au milieu du XIXe siècle, une femme pour s’affirmer. En outre, ce qui ne gâte rien, ses lettres font preuve d’une fraîcheur et d’une qualité littéraires étonnantes.

En second lieu, il était regrettable de se priver de ce document biographique, qui fait voir sous un nouveau jour Auguste Comte, comme son épouse, qui a vécu dix-sept ans à ses côtés, a su le voir et l’apprécier comme nul autre n’a pu le faire d’une façon aussi complète. On y découvre surtout comment les relations de Comte avec son épouse, entre la fascination pour son intelligence et la crainte de se voir dominer par elle, ont pu évoluer de manière aussi dramatique.

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Bruno Gentil est président de l’Association internationale “La Maison d’Auguste Comte” (10, rue Monsieur-le-Prince”, 75006 Paris), Association internationale de chercheurs qui gère le Musée et le Centre de documentation sur Auguste Comte et les mouvements positivistes et philosophiques du XIXe siècle.

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