Et pour cela préfère l’impair

Dossier : Arts, Lettres et SciencesMagazine N°631 Janvier 2008Par : Audrey GEORGE (51)Rédacteur : Benoît de La MORINERIE (51)

Audrey George est le pseu­do­nyme d’un cocon de la 51. Pour pré­sen­ter cent poèmes japo­nais dans leur meilleure tra­duc­tion en fran­çais, cet auteur a pris pour titre un vers de Ver­laine et sur la cou­ver­ture a pla­cé en des­sous une ban­de­role ver­ti­cale faite de quatre idéo­grammes signi­fiant : « De cent poètes cha­cun un poème ». L’ouvrage est dédi­ca­cé par Vital Heur­te­bize, pré­sident de la « Socié­té des poètes fran­çais » et de « Poètes sans frontières ».

Un mil­lé­naire sépare le jour où fut écrit cha­cun de ces tei­ka de celui où il fut tra­duit en fran­çais. Il s’agit de courts poèmes de quatre ou cinq vers de 5 à 7 pieds. En voyant côte à côte le texte en fran­çais et celui de l’original expri­mé en lan­gage pho­nique pour ten­ter de nous en faire appré­cier la musique, je n’ai pu que pen­ser au ver­set du psaume « Hier ou mille ans, pour Dieu, c’est la même chose ».
Pour don­ner un avant-goût de ces petites fleurs qui n’ont pas peur de jon­gler entre l’instant et l’éternité, voi­ci l’une d’elles, le poème de Shu­nye, moine théo­ri­cien ès poé­sie (1113−1191) :

La nuit m’a recru de songes
Venue l’aube ils se sont enfuis
Puis glisse un rai sous mon huis
Cruel­le­ment il fuit et me ronge

(L’absence de ponc­tua­tion est une spé­ci­fi­ci­té japonaise.)

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Pour les ama­teurs de poé­sie, l’ouvrage est dis­po­nible et peut être consul­té à l’espace cultu­rel de la Socié­té des poètes fran­çais, 16, rue Mon­sieur-le-Prince, 75006 Paris.

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