De Palaiseau à Las Vegas : deux diplômés de l’Executive Master de l'École polytechnique ont participé au CES de Las Vegas

De Palaiseau à Las Vegas : deux diplômés de l’Executive Master au CES

Dossier : Nouvelles du platâlMagazine N°794 Avril 2024
Par Cécile CHAMARET (D12)

Le Consu­mer Elec­tro­nics Show (CES) de Las Vegas est le plus grand salon mon­dial de tech­no­lo­gies. En 2024 il s’est tenu du 9 au 12 jan­vier. Deux diplô­més de l’Executive Mas­ter y ont par­ti­ci­pé, pour pré­sen­ter le pro­duit des start-up qu’ils ont cha­cun fon­dées. Ils racontent leur expé­rience, à la fois en tant qu’entrepreneurs et en tant que par­ti­ci­pants au salon.

Tu es diplômé de l’Executive Master, année durant laquelle tu as développé un projet d’entreprise. Peux-tu nous en dire plus sur le projet ?

Phi­lippe Blas­quez : Notre sys­tème de san­té est sous une pres­sion extrême, en proie à une pénu­rie de per­son­nel et à une insuf­fi­sance de lits, tan­dis que le nombre de patients conti­nue d’augmenter. Face à cette situa­tion, les méde­cins se voient pous­sés à pra­ti­quer des chi­rur­gies ambu­la­toires afin d’alléger la charge, mais ils sont confron­tés à un manque d’outils pour assu­rer un sui­vi adé­quat des patients. Cette réa­li­té se tra­duit par le constat alar­mant du nombre crois­sant de com­pli­ca­tions post-opé­ra­toires. Plus d’un mil­lion de patients par an en France voient leur état se dété­rio­rer une fois ren­trés chez eux et déve­loppent des com­pli­ca­tions par­fois graves. Il est donc impé­ra­tif de sur­veiller ces patients de manière proac­tive, afin de détec­ter pré­co­ce­ment toute ano­ma­lie et de les prendre en charge le plus tôt possible.

Je suis ingé­nieur spé­cia­li­sé en trai­te­ment du signal, avec une exper­tise d’accès mar­ché pour des solu­tions nova­trices dans le domaine des neu­ros­ciences. Mon par­cours pro­fes­sion­nel s’est lar­ge­ment dérou­lé à l’international, notam­ment en Chine, où j’ai pas­sé dix ans à éta­blir des filiales pour une entre­prise fran­çaise. J’ai ensuite éten­du la com­mer­cia­li­sa­tion de ces pro­duits d’abord en Asie-Paci­fique (Chine, Japon, Corée, Aus­tra­lie), puis aux États-Unis. L’innovation a tou­jours été au cœur de mon par­cours pro­fes­sion­nel ; j’ai œuvré à éta­blir des pas­se­relles entre la recherche fon­da­men­tale, sou­vent sous-exploi­tée, et les pos­si­bi­li­tés du mar­ché. Je m’efforce donc de favo­ri­ser leur valo­ri­sa­tion et leur mise en pra­tique dans des contextes concrets. C’est aus­si la rai­son de mon choix d’effectuer l’Executive Master.

Notre objectif est de réduire la durée d’hospitalisation et de favoriser le virage ambulatoire, tout en garantissant la qualité des soins.

Le dis­po­si­tif que nous pro­po­sons est jus­te­ment issu d’une brique tech­no­lo­gique déve­lop­pée par le CNRS et per­met la col­lecte de l’ensemble des don­nées de l’écosystème des patients et des constantes vitales (phy­sio­lo­giques, céré­brales et com­por­te­men­tales) sans entra­ver leur mobi­li­té. Ces don­nées sont ensuite inter­pré­tées par une intel­li­gence arti­fi­cielle, afin de détec­ter rapi­de­ment toute ano­ma­lie ou dégra­da­tion de l’état de san­té du patient. Concrè­te­ment, notre solu­tion, conçue pour les hôpi­taux et les cli­niques, inter­vient à trois moments clés du par­cours de soins. Elle éta­blit un pro­fil per­son­na­li­sé avant l’intervention chi­rur­gi­cale pour esti­mer les risques opé­ra­toires, sur­veille la pro­fon­deur de l’anesthésie pen­dant l’opération et pré­dit les réveils, puis sur­veille les constantes vitales du patient après l’intervention afin de pré­ve­nir d’éventuelles complications.

Notre objec­tif est de réduire la durée d’hospitalisation et de favo­ri­ser le virage ambu­la­toire, tout en garan­tis­sant la qua­li­té des soins. En rédui­sant ne serait-ce que d’une jour­née la durée moyenne d’hospitalisation, qui est actuel­le­ment de cinq jours, nous pour­rons réa­li­ser des éco­no­mies de plu­sieurs mil­liards d’euros par an pour notre sys­tème de santé.

Nico­las Bel : J’ai vingt ans d’expérience dans le tra­ding algo­rith­mique, prin­ci­pa­le­ment dans le mar­ket-making de pro­duits déri­vés. J’ai « tra­dé » et diri­gé des équipes tech­niques à Londres, New York, Paris et Amster­dam. Entre­pre­neur, j’ai aus­si créé ou cocréé des PME, dont un acteur impor­tant du reve­nue mana­ge­ment et du pri­cing en 1999, que je diri­geais depuis trois ans quand j’ai com­men­cé mon Exe­cu­tive Mas­ter (4e promotion).

Depuis ma sor­tie de l’Executive Mas­ter, je me concentre sur le groupe Piw­wop qui réunit deux acti­vi­tés : un bureau d’étude en IA & Data Science (Piw­wop Ana­ly­tics) et un édi­teur de logi­ciel (Piw­wop Soft­ware) dédié à la construc­tion de Clas­si­fID, le pro­jet que j’ai por­té pen­dant l’Executive Mas­ter. Outre une dizaine de jeunes col­la­bo­ra­teurs basés à Bor­deaux, Clas­si­fID compte dans son comi­té stra­té­gique deux cama­rades, Fabrice Moriaux (E20, Exe­cu­tive Direc­tor de la branche US d’un grand groupe) et Yous­sef Laa­rou­chi (E20, spé­cia­liste de la recherche en cyber­sé­cu­ri­té dans une ins­ti­tu­tion fran­çaise), ain­si que la par­ti­ci­pa­tion excep­tion­nelle de Nico­las Mot­tis (D93, ensei­gnant cher­cheur et créa­teur de l’Executive Mas­ter de l’X).

L’application permet de partager des documents de manière sécurisée, avec une architecture fondée sur le peer-to-peer, qui ne nécessite aucun stockage dans le cloud.

L’idée de Clas­si­fID est née de la frus­tra­tion que je res­sen­tais à par­ta­ger mes don­nées per­son­nelles, celles de mes enfants en par­ti­cu­lier, avec tout un tas d’organismes sans savoir ni pour­quoi ils avaient besoin de ces infor­ma­tions ni ce qu’ils en feraient vrai­ment. Mes réflexions sur la pro­tec­tion de la vie pri­vée, ain­si que sur la ges­tion des don­nées per­son­nelles et des consen­te­ments sur Inter­net, ont débou­ché sur une archi­tec­ture dis­tri­buée, qui rend le contrôle des don­nées à son pro­prié­taire. J’avais pré­sen­té une ébauche de deck à droite et à gauche sans vrai­ment trou­ver d’amorce cré­dible. Le Team Pro­ject a été l’occasion de res­sor­tir cette idée du pla­card. De fil en aiguille, j’ai eu la chance de réunir une équipe très com­pé­tente et aux membres com­plé­men­taires, cha­cun appor­tant ses propres exper­tise et perspective.

Sans aban­don­ner ses valeurs fon­da­men­tales de pro­tec­tion de la vie per­son­nelle (la cyber­sé­cu­ri­té est au cœur de l’app), le pro­jet a pris de l’épaisseur et est rapi­de­ment deve­nu une solu­tion éco­res­pon­sable de ges­tion de docu­ments. En effet l’application per­met de par­ta­ger des docu­ments de manière sécu­ri­sée, avec une archi­tec­ture fon­dée sur le peer-to-peer, qui ne néces­site aucun sto­ckage dans le cloud. L’application per­met de par­ta­ger des docu­ments de manière sécu­ri­sée sans lais­ser aucune trace sur le cloud.

Outre l’intérêt éco­lo­gique, c’est par­ti­cu­liè­re­ment adap­té à la dis­tri­bu­tion de docu­ments médi­caux, aux échanges entre avo­cats et clients, entre cher­cheurs, etc. C’est un contai­ner sécu­ri­sé sur le télé­phone des B2C dans lequel les B2B peuvent pous­ser de l’information pri­vi­lé­giée pour retou­cher leurs clients de façon hyper­qua­li­fiée. Nous avons des use cases pro­met­teurs avec des com­mer­çants, avec des fabri­cants qui veulent éta­blir un lien avec leur client final, avec des médias qui sou­haitent ouvrir de nou­veaux canaux d’audience et avec des écoles.

Cofondé par Philippe Blasquez (E20), Manitty est une solution de neurodiagnostic et biosurveillance médicale en mobilité.
Cofon­dé par Phi­lippe Blas­quez (E20), Manit­ty est une solu­tion de neu­ro­diag­nos­tic et bio­sur­veillance médi­cale en mobilité.

Quel a été le rôle de l’Executive Master dans la naissance et la croissance du projet ?

PB : Le pro­jet Manit­ty a évo­lué de manière signi­fi­ca­tive tout au long de l’Executive Mas­ter grâce aux Team Pro­jects. Pen­dant cette période, nous avons eu l’occasion d’ajuster notre pro­po­si­tion de valeur, le posi­tion­ne­ment de notre tech­no­lo­gie face à notre mar­ché, ain­si que la stra­té­gie de déve­lop­pe­ment, en col­la­bo­rant avec mes cama­rades de pro­mo­tion. Leur exper­tise nous a été pré­cieuse et le regard aigui­sé de Nico­las Mot­tis a per­mis la mise en lumière de cer­taines lacunes dans notre pro­po­si­tion initiale.

Manit­ty est un pro­jet à la fois uni­ver­si­taire et entre­pre­neu­rial qui trouve ses racines au Centre de recherche en neu­ros­ciences de Lyon, mais qui est né au sein de l’École poly­tech­nique. Deux de ses fon­da­teurs sont diplô­més du pro­gramme Exe­cu­tive Mas­ter (Phi­lippe Blas­quez & Pas­cal Gar­cin – E20) et en 2021 le pro­jet a été hono­ré du prix Geron­deau-Safran. Ensuite, grâce au sou­tien et à l’accompagnement du Dra­hi, nous avons gran­di et l’École poly­tech­nique est entrée au capi­tal de Manit­ty, scel­lant ain­si un par­te­na­riat solide, un lien indé­fec­tible, à la vie à la mort. Pour nous, l’accomplisse­ment de grandes inno­va­tions n’est pas une tâche com­plexe, mais elle requiert une déter­mi­na­tion inébranlable.

“La fraternité et l’entraide de l’EM sont des éléments qui enrichissent l’expérience.”

NB : Le Team Pro­ject a été pour moi une boîte à outils ines­ti­mable pour concré­ti­ser une vision entre­pre­neu­riale. Ayant mul­ti­plié les expé­riences dans le pas­sé, je cher­chais un cadre uni­ver­si­taire pour m’apprendre à construire des fon­da­tions busi­ness solides. Mais je suis aus­si très scien­ti­fique (je suis diplô­mé de Supé­lec) et je n’avais jusqu’alors pas trou­vé de MBA adap­té. L’Executive Mas­ter a été une révé­la­tion asso­ciant, dans une ins­ti­tu­tion de renom­mée mon­diale, l’état de l’art des tech­no­lo­gies avec un pro­gramme busi­ness extrê­me­ment solide. Le pro­gramme du Team Pro­ject nous a gui­dés à tra­vers des étapes clés, struc­tu­rées de manière logique, nous per­met­tant de déve­lop­per à la fois le savoir-faire et le savoir-être néces­saires à la mise en œuvre de notre pro­jet, Clas­si­fID. C’était une aven­ture humaine intense. Nous étions tous des pro­fes­sion­nels expé­ri­men­tés et la com­plé­men­ta­ri­té de nos pro­fils et de nos expé­riences a été un atout majeur.

Quant aux apports de l’Executive Mas­ter, ils sont mul­tiples. D’abord, le pro­gramme offre une mise à niveau sur une varié­té de sujets tech­niques et busi­ness, avec des inter­ve­nants excep­tion­nels. Ensuite, il per­met de consti­tuer un réseau solide, une « pro­mo » qui va bien au-delà des rela­tions pro­fes­sion­nelles pour deve­nir une véri­table ami­tié. La fra­ter­ni­té et l’entraide de l’EM, tant au sein de notre pro­mo­tion qu’avec les autres, sont des élé­ments qui enri­chissent l’expérience et qui, j’en suis convain­cu, res­te­ront avec nous pour le reste de notre vie.

Nicolas Bel (E20) a créé ClassifID qui permet aux utilisateurs de partager leurs données directement entre leur smartphone et leur ordinateur, garantissant ainsi leur souveraineté vis-à-vis de leurs informations personnelles.
Nico­las Bel (E20) a créé Clas­si­fID qui per­met aux uti­li­sa­teurs de par­ta­ger leurs don­nées direc­te­ment entre leur smart­phone et leur ordi­na­teur, garan­tis­sant ain­si leur sou­ve­rai­ne­té vis-à-vis de leurs infor­ma­tions personnelles.

En janvier 2024 tu as participé au CES, peux-tu nous faire partager ton expérience ?

PB : Le CES est une mani­fes­ta­tion d’une ampleur impres­sion­nante, offrant un aper­çu des inno­va­tions qui façon­ne­ront notre futur quo­ti­dien, ain­si que des avan­cées tech­no­lo­giques et des pers­pec­tives inter­na­tio­nales, à tra­vers les start-up pré­sentes. Cette expé­rience nous a per­mis de dis­tin­guer les nations qui jouent un rôle moteur dans le domaine de l’innovation. La Corée, par exemple, était par­ti­cu­liè­re­ment remar­quable, se posi­tion­nant après la France comme l’une des nations les plus influentes, avec beau­coup de pro­jets ambi­tieux. Il était stu­pé­fiant de voir la déter­mi­na­tion et l’engagement de la Corée en faveur de l’innovation, ce qui contras­tait net­te­ment avec les pavillons du Japon et des États-Unis, qui étaient éton­nam­ment décevants.

“Cette expérience nous a permis de distinguer les nations qui jouent un rôle moteur dans le domaine de l’innovation.
Le Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas est le plus grand salon mondial de technologies.
Le Consu­mer Elec­tro­nics Show (CES) de Las Vegas est le plus grand salon mon­dial de tech­no­lo­gies. © Consu­mer Tech­no­lo­gy Association

Par­ti­ci­per au CES offre une visi­bi­li­té mon­diale et repré­sente une occa­sion ines­ti­mable pour éta­blir des par­te­na­riats com­mer­ciaux avec les acteurs majeurs de l’industrie. Le CES est par­ti­cu­liè­re­ment pro­pice aux pro­jets B2C. Je recom­mande vive­ment d’y par­ti­ci­per avec un pro­duit déjà bien déve­lop­pé (TRL 8–9) et une clien­tèle grand public. Il est essen­tiel de pré­sen­ter un démons­tra­teur tan­gible que les visi­teurs peuvent voir, tou­cher et expé­ri­men­ter. Par exemple, une start-up pré­sente à mes côtés a conclu un accord por­tant sur plu­sieurs dizaines de mil­liers d’unités avec un grand dis­tri­bu­teur amé­ri­cain. Il y a donc des chances com­mer­ciales consi­dé­rables durant le CES (le fon­da­teur est repar­ti avec une très belle com­mande, mais ne savait pas com­ment hono­rer un tel volume – c’est un pro­blème que nous aime­rions tous avoir). 

Bien que Manit­ty ne vise pas direc­te­ment le grand public, notre pré­sence dans l’Eureka Park, l’espace dédié aux start-up et aux pro­jets inno­vants, nous a per­mis de mieux appré­hen­der les ten­dances. Nous avons éga­le­ment eu l’occasion de ren­con­trer de grands hôpi­taux, des cen­trales d’achats, des inves­tis­seurs, ain­si que de nom­breux curieux, ce qui a enri­chi notre com­pré­hen­sion des pos­si­bi­li­tés offertes aux États-Unis.

“Il y a des chances commerciales considérables durant le CES.

NB : Le CES 2024 a été une étape impor­tante pour nous. Nous l’avons pré­pa­ré pen­dant plu­sieurs mois. Notre par­ti­ci­pa­tion a été une aven­ture remar­quable, mar­quée par des décou­vertes tech­no­lo­giques de pointe et des échanges extrê­me­ment enri­chis­sants. Cet évé­ne­ment a ren­for­cé notre déter­mi­na­tion à inno­ver dans la green tech, tout en met­tant en lumière le dyna­misme de l’écosystème ani­mé par nos accom­pa­gnants : la CCI inter­na­tio­nale, la région Nou­velle-Aqui­taine et la French Tech.

L’ambiance là-bas était élec­trique et notre stand, grâce à un desi­gn boos­té à l’IA, a vrai­ment cap­té l’attention mal­gré un han­di­cap cer­tain, puisque nous pré­sen­tions une solu­tion logi­cielle dans un salon de Consu­mer Elec­tro­nics ! Nous ne nous atten­dions pas à un tel suc­cès ; Busi­ness France a joué le jeu et nous a pla­cés très en vue sur l’allée prin­ci­pale. Les visi­teurs qui cher­chaient du conte­nu ori­gi­nal ont été atti­rés par notre stand. Au-delà de la pré­sen­ta­tion green­tech et cyber de notre solu­tion d’échange et de ges­tion de docu­ments, cela a per­mis de faire connaître notre exper­tise en data science et en IA gen au-delà de nos espérances.

Qu’est-ce qui t’a le plus étonné ?

PB : L’intelligence arti­fi­cielle était indé­nia­ble­ment au cœur des dis­cus­sions, omni­pré­sente dans tous les domaines, allant des voi­tures aux réfri­gé­ra­teurs, en pas­sant par les télé­phones et les télé­vi­sions. Alors qu’en Europe nous ren­for­çons la régle­men­ta­tion et les normes (AI Act, MDR 2017…), les grandes puis­sances ont clai­re­ment adop­té une approche plus libé­rale. Dans le domaine médi­cal par exemple, il est évident que la FDA (Food & Drug Admi­nis­tra­tion) est consciente des dif­fi­cul­tés ren­con­trées en Europe pour cer­ti­fier les dis­po­si­tifs médi­caux. Elle mène ain­si au CES des actions de pro­mo­tion visant à encou­ra­ger les start-up euro­péennes, comme Manit­ty, à cer­ti­fier leur tech­no­lo­gie en Amé­rique du Nord plu­tôt qu’en Europe, en rai­son de pro­cé­dures plus rapides, plus simples, et du mar­ché beau­coup important.

“La technologie dépasse la fiction.

Concer­nant les pro­duits, les télé­vi­sions trans­pa­rentes sont assez impres­sion­nantes, mises les unes der­rière les autres, elles per­mettent un ren­du 3D bluf­fant (plus besoin de lunettes). Les engins de chan­tier de Hyun­dai pilo­tés par intel­li­gence arti­fi­cielle nous ont ren­voyés direc­te­ment aux réfé­rences de Ter­mi­na­tor. La tech­no­lo­gie dépasse la fiction.

Présentation de la télévision transparente OLED au CES.
Pré­sen­ta­tion de la télé­vi­sion trans­pa­rente OLED au CES. © Consu­mer Tech­no­lo­gy Association

NB : Je m’attendais à voir beau­coup plus d’IA géné­ra­tives. Les images et vidéos étaient, à mon sens, les grandes absentes de cette ver­sion du CES. Il y avait bien sûr de très belles avan­cées en IA et des inté­gra­tions pro­met­teuses dans des objets de e‑santé ain­si que dans la mobi­li­té. Mais je pen­sais voir un concen­tré de busi­ness cases autour des prouesses IA gen qu’on a vu tout au long de 2023… et je suis res­té sur ma faim. Sur une tona­li­té plus posi­tive, j’ai été empor­té par le dyna­misme du salon. Il y avait beau­coup d’effervescence autour de la tech, avec des visi­teurs très poin­tus et très concen­trés, des after events de qua­li­té tous les soirs et une cou­ver­ture média beau­coup plus impor­tante que sur les autres salons tech aux­quels j’ai pu participer.

Quelles sont les prochaines étapes de développement de ton entreprise ?

La technologie développée par Manitty a été utilisée pour surveiller les données vitales, cérébrales et comportementales de manchots dans le cadre d’une étude menée par l’Institut polaire coréen et le Centre de recherche en neurosciences de Lyon, étude qui a été mise à l’honneur en couverture du magazine Science en décembre 2023.
La tech­no­lo­gie déve­lop­pée par Manit­ty a été uti­li­sée pour sur­veiller les don­nées vitales, céré­brales et com­por­te­men­tales de man­chots dans le cadre d’une étude menée par l’Institut polaire coréen et le Centre de recherche en neu­ros­ciences de Lyon, étude qui a été mise à l’honneur en cou­ver­ture du maga­zine Science en décembre 2023.

PB : Nous avons réus­si à éta­blir des preuves de concept en labo­ra­toire et dans des envi­ron­ne­ments vété­ri­naires, démon­trant ain­si l’efficacité de notre tech­no­lo­gie. De plus, nous avons publié les résul­tats d’une étude menée par l’Institut polaire coréen et le Centre de recherche en neu­ros­ciences de Lyon, au cours de laquelle notre tech­no­lo­gie a été uti­li­sée pour sur­veiller les don­nées vitales, céré­brales et com­por­te­men­tales de man­chots pen­dant trente jours dans des condi­tions extrêmes au pôle Sud (à ‑40 degrés, en mer, sous l’eau, etc.). Cette étude a mis en lumière notre capa­ci­té unique à col­lec­ter des don­nées dans des condi­tions extrêmes, sur des sujets en mou­ve­ment, ce qui repré­sente une avan­cée signi­fi­ca­tive. En recon­nais­sance de ces réa­li­sa­tions, notre étude a été mise à l’honneur en cou­ver­ture du maga­zine Science en décembre 2023.

“Nous voulons rendre cette innovation accessible au milieu médical.

Aujourd’hui nous vou­lons rendre cette inno­va­tion acces­sible au milieu médi­cal et amor­çons notre feuille de route régle­men­taire. À cet effet, nous venons de par­ti­ci­per au Demo Day de l’IP Paris (orga­ni­sé par le Dra­hi à la Sta­tion F avec Bru­no Cat­tan X93). Nous cher­chons à lever 1,2 mil­lion d’euros pour finan­cer les pro­chains 24 à 36 mois et lever les der­niers ver­rous tech­niques, fran­chir la bar­rière régle­men­taire et cer­ti­fier la solu­tion en dis­po­si­tif médi­cal de classe 2B. Manit­ty sera la pre­mière entre­prise à pro­po­ser cette tech­no­lo­gie révo­lu­tion­naire, dans le but de deve­nir le lea­der du sui­vi post­opé­ra­toire intel­li­gent. Le sou­tien de l’X et de nos cama­rades revêt une impor­tance capi­tale et nous sommes convain­cus que nous pou­vons bou­le­ver­ser de manière posi­tive le monde qui nous entoure.

“Le CES nous a permis de faire un test marché efficace de notre proposition.

NB : Nous avons construit le MVP (pro­duit mini­mum viable) de notre tech­no pen­dant nos dix-huit pre­miers mois d’existence (dis­po sur iPhone, Android et web app). Pour la dif­fu­ser, nous assem­blons aujourd’hui des busi­ness cases B2B, notam­ment autour d’échanges sécu­ri­sés de don­nées sen­sibles et de noti­fi­ca­tions push pour com­mu­ni­quer de manière ultra-ciblée et pri­vi­lé­giée avec ses clients.

Le CES nous a per­mis de faire un test mar­ché effi­cace de notre pro­po­si­tion et nous reve­nons avec de nom­breux leads, dont quelques dis­tri­bu­teurs. Les six mois à venir sont dédiés à faire gros­sir notre base de B2B ins­tal­lés. Nous cher­chons d’une part des dis­tri­bu­teurs ou des par­te­naires qui ont accès à des groupes ou à des réseaux de com­mer­çants (e.g. des res­tau­rants) et d’autre part des PME ou des ETI qui sou­haitent ins­crire les échanges de docu­ments sen­sibles dans leur démarche RSE. Nous enta­mons aus­si une levée de fonds avec un objec­tif de bou­clage au deuxième semestre 2024.


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