Insaisissable Graal La fusion nucléaire par laser au temps des pionniers

Insaisissable Graal
La fusion nucléaire par laser au temps des pionniers
(1962−1975)

Dossier : Arts, lettres et sciencesMagazine N°793 Mars 2024Par : Jean-Louis Bobin (X54)Rédacteur : Yves Sacquin (X71)Editeur : EDP Sciences, mars 2023

Com­ment naît une dis­ci­pline scien­ti­fique : l’idée de pro­vo­quer une fusion nucléaire avec des lasers a don­né lieu à des déve­lop­pe­ments dès les années 1960, dans une recherche qui avait une face visible et une autre secrète.

Jean-Louis Bobin, qui a été un des pion­niers de cette explo­ra­tion, nous la décrit de façon très péda­go­gique car il nous rap­pelle les prin­cipes de la fusion, cri­tère de Law­son, confi­ne­ment, etc., ain­si que la genèse et les déve­lop­pe­ments des lasers qui ont per­mis d’envisager de chauf­fer un plas­ma. Ces recherches fai­saient inter­ve­nir des dis­ci­plines très dis­tinctes (lasers, plas­mas, phy­sique nucléaire) et ont don­né lieu à l’émergence d’une nou­velle com­mu­nau­té scien­ti­fique inter­na­tio­nale éta­blie entre les laboratoires.

L’auteur nous détaille la genèse des équipes du CEA de Limeil où il a eu d’importantes res­pon­sa­bi­li­tés, et de Poly­tech­nique. Il nous décrit la course à la puis­sance des lasers et les per­son­na­li­tés qui ont mar­qué ces étapes, dont de nom­breux X comme Jean Robieux (X46). La par­tie expé­ri­men­tale est éga­le­ment bien décrite, en par­ti­cu­lier la détec­tion des neu­trons, signa­ture de la fusion.

Les dif­fi­cul­tés tech­niques et l’âpreté des débats ne sont pas élu­dées, pas plus que l’ambiance média­tique des annonces : chaque ministre vou­lait voir un tir laser !

Et c’est en décou­vrant que les inter­ac­tions laser plas­ma ont ouvert un vaste domaine de R & D aux contours indé­fi­nis, riche ‑d’effets de toutes sortes, en par­ti­cu­lier de phé­no­mènes non linéaires, que l’on ‑com­prend mieux pour­quoi les pré­vi­sions opti­mistes des débuts ont don­né lieu à une entre­prise de longue haleine, qui com­mence tout juste à mûrir.

Jean-Louis Bobin fait œuvre ici de péda­gogue, de vul­ga­ri­sa­teur, mais aus­si d’historien, en tant que témoin direct. 

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