QUINTEN : la data science au service de l’amélioration de la performance des organisations

Dossier : Dossier FFE | Magazine N°732 Février 2018
Par Alexandre TEMPLIER

Quelques mots pour nous présenter Quinten, son cœur de métier et son périmètre d’action ?

L’aventure Quinten a débuté il y a près de 10 ans. Dès le début, nous nous sommes spécialisés dans la valorisation stratégique des données qui implique en tout premier lieu la compréhension des besoins, des attentes, des contraintes et des pratiques courantes d’un interlocuteur donné.

Il s’agit ensuite de mobiliser les données internes et externes aux organisations pour apporter de nouvelles réponses et de nouveaux modes de prise de décision au service de meilleures performances et d’une meilleure gestion des risques.

Le phénomène du Big Data a pris son essor début 2011 suite à la forte accélération des débits de données sur les réseaux. Toutes les sociétés se sont alors équipées d’infrastructures matérielles et logicielles pour faire face à l’augmentation des débits, stocker les volumes inhabituels de données, les transformer et les partager.

Qu’en est-il plus particulièrement dans le secteur de la santé où vous avez atteint une certaine maturité ?

Pour l’industrie pharmaceutique, l’objectif est de produire, au meilleur coût, le médicament le plus efficace et le plus sûr pour améliorer la santé du plus grand nombre de patients tout en minimisant les effets indésirables.

Le développement d’un médicament nécessite près de 10 années de recherches et de développements extrêmement coûteux. Sur une dizaine de médicaments testés chez l’Homme, un seul parvient à être commercialisé. Sur trois médicaments commercialisés, un seul est rentable au regard des investissements réalisés.

Pour toutes ces raisons, le coût de la mise sur le marché d’un nouveau médicament est estimée à 1,5 à 2 milliards de dollars, alors qu’il ne reste aux laboratoires qu’une dizaine d’années pour amortir cet investissement avant que les génériques ne vienne les concurrencer. Les laboratoires accumulent des données tout au long de ce processus.

Nous les aidons à apprendre de leurs données pour améliorer le taux de succès à chaque étape. L’industrie pharmaceutique se focalise par ailleurs de plus en plus sur les données de vie réelle. Le remboursement et le prix des médicaments sont en effet d’ores et déjà — et seront de plus en plus — déterminés en fonction de l’efficacité et de la sécurité observées en vie réelle.

Les laboratoires s’organisent donc pour avoir accès à ces données en vie réelle et pour être en mesure d’en exploiter tout le potentiel.

Si ces données sont facilement accessibles aux États-Unis, nous sommes encore mal organisés en Europe au niveau de la centralisation et de l’accessibilité de ces données aussi bien au sein des hôpitaux que des organismes de remboursement par exemple.

Pouvez-vous nous donner des exemples ?

Les essais cliniques se déroulent selon trois phases successives et sur un nombre de patients de plus en plus élevé. Quelques dizaines à quelques milliers de patients de la phase I à la phase III. Quand l’efficacité et la sécurité du médicament sont confirmées en moyenne, le laboratoire peut passer à la phase suivante. En revanche, si l’essai est négatif ou neutre, le programme est stoppé.

Néanmoins, nous avons pu démontrer qu’un essai clinique négatif ou neutre peut en réalité ouvrir des perspectives tout à fait intéressantes. En prenant ces données et en leur appliquant notre méthode et nos algorithmes, nous avons à plusieurs reprises mis en évidence des sous-groupes de patients, qui, pour des raisons que nous identifions, sont de très bons répondeurs au traitement.

Nous donnons ainsi aux laboratoires les moyens de mieux appréhender l’hétérogénéité de leurs données de manière à optimiser le ciblage des futures études cliniques.

Vos axes de développement ?

Sur le marché de la Santé, nous sommes arrivés à une certaine maturité. L’enjeu est donc à présent non seulement de contribuer à l’avènement de la Pharma 3.0, mais également de concevoir les outils d’aide à la décision dont les médecins se serviront bientôt pour prendre la meilleure décision face à leur patient, sans s’en remettre entièrement à la décision d’une machine.

En parallèle, nous allons continuer d’une part à innover et perfectionner nos technologies et nos méthodes et d’autre part à développer nos autres secteurs d’activité tels que la banque, l’assurance, l’énergie, ou encore le ciblage de la publicité online, qui offre de très belles perspectives.

Cette diversification fait partie de notre ADN. Elle nous permet à la fois de rester créatifs et de proposer aux talents qui nous rejoignent des projets passionnants et des conditions tout à fait attractives.

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