Le choc des économies

Dossier : Arts, Lettres et SciencesMagazine N°630Par : Raoul Chabot (54) et Laurent ChabotRédacteur : Hubert Lévy-Lambert (53)

Ce livre a été écrit à quatre mains par Raoul Chabot (54), ancien banquier et directeur financier d’un groupe multinational, et son fils Laurent, ENA, banquier, spécialiste de commerce extérieur.
RLC se demandent comment expliquer que, contrairement à la théorie économique, le développement des échanges internationaux et la spécialisation qui en résulte ne bénéficient pas à tous partout et toujours.

 En s’appuyant sur des longues séries économiques internationales, RLC essaient d’abord d’analyser les différents modèles nationaux, considérés comme la résultante de quatre composantes : création de richesse, répartition de cette richesse, financement de la croissance, gestion de l’environnement financier. Chaque modèle donne lieu à une sorte de benchmarking destiné à en faire ressortir les points forts et les points faibles, comme les grandes entreprises le font pour étudier la concurrence.

Couverture du livre : Le choc des économiesL’analyse des différents modèles économiques de création de richesse porte sur les principaux pays développés de l’OCDE ainsi que sur le « BRIC » (Brésil, Russie, Inde, Chine). Elle conduit RLC à définir un triangle magique sur lequel reposent les performances des entreprises et dont les sommets sont l’innovation, la capacité d’adaptation et l’environnement financier.

D’après les indicateurs pondérés mis au point par RLC, les entreprises d’Irlande, des États-Unis et de Corée sont les meilleures. Les françaises font assez bonne figure dans ce classement sur 2 de ces 3 critères globaux : 5e sur 12 en matière d’innovation et en matière d’adaptation ; mais elles sont 9e sur 12 en matière financière.

Dans une deuxième partie, RLC visent à généraliser leurs constatations des entreprises aux nations, grâce à un aménagement des 3 critères ci-dessus auxquels ils ajoutent un 4e critère démographique. Sauf sur ce dernier critère, le résultat est hélas catastrophique, en raison notamment de la différence de comportement qu’ont le secteur exposé et le secteur abrité face au changement et de l’hypertrophie du secteur public.

France SA, comme la dénomme Yann Duchesne, arrive bon dernier en matière de capacité d’adaptation et dans les derniers en matière d’innovation et d’environnement financier. Le carré magique des plus performants est constitué de l’Irlande, les États-Unis, la Corée, le Royaume-Uni et les pays nordiques. La France ferme la marche avec le Japon, l’Espagne, l’Allemagne et l’Italie.

De longs développements sont ensuite consacrés aux finances publiques, où la France est classée dans les derniers, un peu avant les USA bons derniers, et à la politique monétaire, avec de sévères critiques, hélas courantes en France, à l’égard des modalités de fonctionnement de la BCE.

Bien que souvent aride, la lecture du livre de RLC est recommandée à ceux qui veulent comprendre les mécanismes qui assurent la réussite ou l’échec de chaque modèle national et qui veulent se faire une idée sur ce qu’il faudrait pour que notre pays reprenne une meilleure place dans le concert des nations développées.

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