Alterscience

Dossier : Arts, Lettres et SciencesMagazine N°689 Novembre 2013Par : Alexandre MOATTI (78)Rédacteur : Laurent BILLÈS-GARABÉDIAN (83)Editeur : Odile Jacob – 2013 – coll. « Sciences », 15, rue Soufflot, 75005 Paris.

Notre camarade Alexandre Moatti (78), chercheur associé en histoire des sciences et des idées à l’université Paris-VII-Denis- Diderot, vient de sortir un nouveau livre, Alterscience. Postures, dogmes, idéologies.

Alexandre Moatti a déjà publié plusieurs livres à contenu scientifique (Les Indispensables Mathématiques et Physique pour tous, Regards sur les textes fondateurs de la science, Récréations mathématiques, etc.).

Livre ALTERSCIENCE Postures, dogmes, idéologies d'Alexandre Moatti (78)Il reprend dans son ouvrage la base d’une conférence qu’il avait donnée il y a plusieurs années à l’AX, poursuivie par ses derniers travaux d’épistémologie et ses cours à l’École des hautes études en sciences sociales et à la Sorbonne.

Il s’attaque à un sujet polémique mais qu’il approche dans une démarche scientifique. Le thème de l’ouvrage n’est pas d’entrer dans les contradictions sur le fond, mais de chercher à comprendre comment des scientifiques de haut niveau, médecins, ingénieurs, chercheurs, réfutent certains textes de la science et vont jusqu’à prendre contre eux des positions parfois radicales.

Le lecteur peut y découvrir que le révolutionnaire et médecin Marat s’est élevé contre la théorie de Newton sur la réfraction de la lumière et a écrit contre l’Académie des sciences et son président Lavoisier, ou encore qu’Auguste Comte a montré de la réticence à s’engager dans l’évolution de la physique théorique au milieu du XIXe siècle, électromagnétisme, cinétique des gaz, théorie des quanta, etc.

L’auteur revient sur la contestation de la gravitation newtonienne et de la génétique classique, mais aussi sur le mélange entre sciences et politique au cours du XXe siècle, pour terminer sur la science dans les radicalités contemporaines.

Alexandre Moatti utilise trois facettes du mot alter, pour décrire des théories « alternatives », les qualifier d’altérées, et enfin cherchant la reconnaissance de « l’autre».

La critique constructive et nécessaire des hypothèses et théories se fait alors hors des mécanismes de confrontation classique avec les pairs scientifiques, et le débat peut devenir très virulent.

Il est intéressant de présenter cet ouvrage dans une période où les ingénieurs et scientifiques doivent prendre part au débat sur les thèmes de société, d’innovation et d’emploi et où l’on note que, dans le gouvernement, il n’y a aucun ingénieur.

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