« Lire, écrire et conter »

Dossier : X-Mines Auteurs : les lettres gourmandesMagazine N°692
Par Jean SOUSSELIER (58)

« Début 2013, explique Jean Sousselier, l’Association a changé de statuts pour simplifier son fonctionnement, confié à un simple bureau », et s’est jumelée avec le club littéraire des Mines.

À table!
X-MA organise chaque mois un déjeuner amical et informel au Tire-Bouchon, bistrot de la rue Descartes. Inscriptions sur le site Internet.
Par ailleurs, des dîners littéraires ont lieu, à la Maison des X ou au Cercle militaire, en présence de personnalités comme Jean-Louis Debré, Constance Meyer (auteur de La Jeune Fille et Gainsbourg), ou Alain Minc.

Désormais, le groupe X-Mines Auteurs réunit les anciens de l’École polytechnique et des écoles des Mines de Paris, Saint-Étienne et Nancy, ainsi que tous ceux qui souhaitent en faire partie.

L’Association poursuit différents objectifs : aider ses membres à passer de l’intention au manuscrit, grâce à des ateliers d’écriture, passer du manuscrit à l’oeuvre publiable, par les moyens classiques ou par la voie électronique, grâce au comité de lecture en place, diffuser les oeuvres et en assurer la promotion, inciter les membres à écrire dans un cadre ludique et concurrentiel au travers d’un concours de nouvelles, rencontrer des professionnels du monde littéraire (écrivains, éditeurs, distributeurs), par des conférences sur la littérature, l’édition, notamment électronique.

En favorisant les contacts et les échanges entre les anciens élèves de grandes écoles et des universités manifestant un intérêt particulier pour l’écriture et l’édition d’ouvrages littéraires ou documentaires, X-Mines Auteurs recherche aussi les oeuvres écrites par des anciens élèves de ces écoles et de ces universités.

Un concours de nouvelles

Théodora, impératrice, et la marchande de poissons
C’est le thème imposé sur lequel se sont affrontés, cet hiver, 14 auteurs.

  • Le vainqueur du concours est Philippe Vincent (61), avec le texte Théodora, Impératrice de Chine.
  • Le deuxième est Jean Deleplanque (Centrale 60), avec la nouvelle Ego procopus.
  • Le troisième est Pierre Raufast (Mines Nancy 93), avec le texte La patte.
  • Le quatrième est Daniel Bonnicci (Mines Saint-Étienne 85), pour Ambroise et les drôles de dames.
  • Le cinquième est Stéphane Kaufmann (2008), pour Train de banlieue.
  • La sixième est Patricia Crozel (doctorat en droit 90), pour Théodora.

Une des activités les plus connues de l’Association est le concours de nouvelles. Organisé deux fois par an depuis 2011, ce concours recueille un large succès, avec 20 à 25 participants. Le tout dernier vainqueur est Philippe Vincent (61) avec Théodora, Impératrice de Chine.

Des ateliers d’écriture

XM Auteurs organise des ateliers d’écriture. Ce concept n’a rien d’industriel, encore moins de littéraire : il s’agit de séances de rencontres, et de stimulation et d’expression de l’imaginaire. L’objectif est la découverte, la libération et la jubilation individuelle par la synergie collective.

Le procédé consiste à constituer un petit groupe homogène, de préférence récurrent, pour faciliter la confiance et la communication. Ce groupe se réunit amicalement en un lieu confortable et calme, dans une grande concentration, indispensable à la décontraction.

Après être convenu d’un thème commun, porteur pour un conte fantastique, chacun écrit en silence, dans un temps imposé convenu. Chacun à son tour lit son texte, interprété personnellement.

Les réactions de perception du groupe, et les suggestions positives, sont recueillies de façon à produire une version aboutie du texte après la séance, à collationner les divers textes obtenus, à titre de mémoire, et à les échanger par Internet.

Quelques règles éthiques

Respect réciproque et extrême courtoisie sont de mise. Tout jugement, toute appréciation négative sont exclus. Le groupe exprime sa perception des textes : comment il les reçoit et les comprend (ou pas).

Le groupe formule des idées et suggestions positives susceptibles d’améliorer le texte, surtout sous l’angle de la perception, plutôt que sur la partie proprement syntaxique ou de style (sauf demande expresse de l’intéressé, par exemple en poésie).

Jean Sousselier (58) a commencé sa carrière à IBM, principalement à l’Institut de calcul scientifique. En 1970, il quitte IBM et fonde Statiro, SSII spécialisée en statistiques (logici​els et service), qu’il vend à GFI en 1980.
Il y occupe différentes fonctions puis rachète Statiro en 1985, la développe fortement et la revend en 1998 au groupe Ipsos.
Il refonde alors une nouvelle société toujours spécialisée en informatique et statistiques, JSC, qu’il dirige depuis.
Il est l’auteur de Vanité des vanités… tout est vanité, paru aux Éditions Édilivre.

Jean SOUSSELIER (58)
X-Mines Auteurs

Président du bureau :
Jean Sousselier (58),
sousselier.jean [at] orange.fr
Secrétaire général :
Philippe Kalousdian
philippe.kalousdian [at] minesparis. org
Trésorier :
Sylvain Cros
sylvain.cros [at] gmail.com
Responsable du Comité de lecture:
Pierre Cochet
pierre.cochet.ensmp82 [at] gmail.com

Adresse : c/o AX, 5, rue Descartes, 75005 Paris

Écrire des contes

Les résultats des ateliers d’écriture sont multiples. D’abord, il y a incitation à écrire, notamment des contes, ce qu’on ne ferait pas spontanément, en général.

Ensuite, la contrainte du temps imposé stimule les neurones. La stimulation et l’émulation de devoir lire son texte devant un public choisi amènent à rechercher l’originalité et l’impact.

Un habitué des lauriers
Franck Lirzin (03) est un vainqueur régulier du concours de nouvelles. Voici quelques extraits de son style. «C’était pendant l’horreur d’une profonde nuit. Une nuit comme un goudron. Qui vous colle aux neurones. Ces nuits-là, je les connais par cœur. Je m’y suis souvent perdu, elles m’ont si souvent envahi. Elles et moi, on vit comme un vieux couple, un je t’aime, moi non plus, qui dure depuis des années.»

Franck Lirzin (03), Palimpseste, incipit

Citons encore l’expression de son texte, qui est libératrice, et en modifie la perception personnelle. Ou bien, l’expression directe, spontanée, sincère et immédiate de la perception par autrui, ce qu’on n’a jamais quand on écrit seul.

Il y a la découverte de l’extraordinaire variété des imaginations et des imaginaires, les siens et ceux d’autrui, avec toujours le même émerveillement sur la variété des idées qui étaient possibles sur le même thème (celles qu’on a eues, et celles qu’on n’a pas eues).

Enfin, c’est l’occasion de découvrir d’autres esprits en action et, ce n’est pas interdit, de se faire de nouveaux amis.

Propos recueillis par
La Rédaction

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