Axion

« Le paradigme Big Data et intelligence artificielle s’applique aussi aux enjeux environnementaux »

Dossier : Vie des entreprisesMagazine N°755 Mai 2020
Par Alexis HANNART (94)

Axionable a fait le choix de se positionner et spécialiser en intelligence artificielle durable et responsable. Alexis Hannart (94), directeur scientifique d’Axionable, nous explique les raisons de ce choix et comment il se traduit sur le terrain dans le cadre de l’accompagnement que le cabinet de conseil propose à ses clients.

 

Axionable se positionne comme le spécialiste du conseil en intelligence artificielle durable et responsable. Dites-nous en plus sur ce positionnement et ce qu’il implique.

Créé il y a environ 3 ans, Axionable s’est d’abord positionné comme un cabinet de conseil généraliste en intelligence artificielle. Il y a presque un an, nous avons fait le choix de nous concentrer sur les cas d’usages à finalité durable et responsable d’intelligence artificielle. Dans ce cadre, nous nous adressons à des clients pour lesquels nous allons identifier, développer et mettre en production des cas d’usages de l’intelligence artificielle qui permettront de combiner résultat économique et réponse à leurs objectifs durables et responsables (RSE). Cette décision a été motivée par plusieurs facteurs.

Dans un paysage en constante évolution où il y a de plus en plus de cas d’usages, nous avons souhaité nous spécialiser par conviction, mais aussi par raison. En effet, nous sommes convaincus que la voie du développement durable peut souvent être pertinente aussi bien sur le plan business que citoyen.

Enfin, nous percevons là une véritable opportunité stratégique. Les entreprises et nos interlocuteurs accordent une importance croissante à ces sujets. Si la RSE était un sujet militant il y a encore quelques années, aujourd’hui, c’est devenu un enjeu stratégique pour beaucoup d’entreprises et de plus en plus de dirigeants en font une priorité afin d’opérer leur transition vers la durabilité.

Dans ce cadre, quelle est votre proposition de valeur ?

Nous mettons au service de nos clients une expertise avérée qui se traduit par un accompagnement bout en bout à toutes les étapes de leurs projets :

  • Identification des opportunités d’utilisation des données et de l’intelligence artificielle en regard des objectifs de développement durable et responsable ;
  • Développement de la solution technique et scientifique ;
  • Mise en production de la solution développée.

Nous intervenons donc aussi en amont, quand les stratégies de développement durable et d’utilisation des données ne sont pas forcément clairement établies, afin d’accompagner nos clients sur leur identification et leur priorisation.

Plus particulièrement concernant la partie R&D dont j’ai la responsabilité, nous assurons donc la conception scientifique des algorithmes, et nous maintenons à cette fin un lien étroit avec la sphère académique à travers plusieurs partenariats et projets. Cela nous permet de nous assurer que nous restons à la pointe de l’état de l’art scientifique en IA, celui-ci évoluant rapidement et poursuivant son foisonnement.

Nous maintenons également par ce biais une veille active sur les données externes ouvertes permettant d’enrichir les données internes de nos clients. Le but est donc d’être toujours à la pointe scientifiquement et d’être en capacité de répondre aux besoins à partir des avancées récentes les plus pertinentes.

Pouvez-vous nous donner des cas d’usages concrets ?

Nous travaillons notamment avec le secteur de la finance. De nombreux investisseurs et gestionnaires d’actifs souhaitent se positionner sur des investissements à finalité durable dans un contexte où le régulateur devient aussi plus exigeant concernant de telles stratégies afin d’éviter le « green washing », avec par exemple, l’émergence de normes internationales de reporting tels que TCFD (Task Force on Climate-related Financial Disclosures). Or, il existe de plus en plus de données extra-financières et notamment textuelles qui, lorsqu’elles sont correctement et systématiquement exploitées en s’appuyant sur l’intelligence artificielle, permettent d’obtenir des informations détaillées sur les entreprises et leurs performances sur les enjeux ESG (Environnement Social Gouvernance), entre autres climat-énergie. Plusieurs cas d’usages récents ont démontré la valeur ajoutée de l’intelligence artificielle dans le traitement de ces données et le processus de prise de décision. On peut espérer que, dans le contexte des gigantesques plans de relance qui devraient être mis en œuvre prochainement, de telles approches pourraient être utilisées afin d’orienter les efforts dans la bonne direction.

Avec les assurances, nous travaillons également sur le volet des risques physiques liés aux changements climatiques entre autres. Ici, l’intelligence artificielle peut venir appuyer le travail d’exploitation des vastes ensembles de données issues de capteurs et de simulations numériques permettant de suivre l’évolution du climat.

Comme pour de nombreux secteurs, il y a une dynamique de multiplication des données qui ouvrent de nombreuses perspectives et opportunités. Ce foisonnement de données et les algorithmes développés pour en tirer le meilleur parti montrent ainsi que le paradigme Big Data et intelligence artificielle s’applique aussi aux enjeux environnementaux.

Nous travaillons également sur l’amélioration de l’efficacité énergétique des processus industriels ou des bâtiments à partir des données remontées en temps réel via les capteurs toujours plus nombreux déployés à cette fin.

Finalement, même si nous ne sommes pas spécialistes dans ce domaine et que par ailleurs cela soulève de nombreuses questions sur la protection des données personnelles, l’actualité montre que l’intelligence artificielle pourrait être un des éléments de réponse à la pandémie de COVID-19. Des pays asiatiques, notamment la Corée du Sud et Singapour, ont développé des outils pour limiter la propagation de l’épidémie en s’appuyant sur des données et des informations sur les déplacements des personnes. Combinée aux mesures médicales, l’intelligence artificielle est donc un outil qui peut potentiellement être déployé au service de la gestion de cette crise sanitaire.

Quels sont vos principaux challenges sur le marché ? Vos ambitions ?

Sur le plan scientifique et technique, à l’instar de l’ensemble des acteurs de ce secteur du conseil en intelligence artificielle, l’enjeu premier est d’être en veille permanente pour être à jour sur l’état de l’art, les aspects algorithmiques et tout ce qui tourne autour de la data. C’est un environnement qui évolue fréquemment et rapidement. Il s’agit vraiment d’être à la pointe sur l’ensemble de ces sujets. Il y a beaucoup de choses en développement dans les laboratoires et qui n’ont donc pas encore été industrialisées.

Nous prenons en charge le transfert technologique entre la sphère académique et économique.

Et c’est notamment une des missions clés de mon équipe à la R&D d’Axionable.

Enfin, il est important de rester en phase avec la réalité opérationnelle et le terrain pour être en mesure de développer pour nos clients des solutions qui auront un impact mesurable et quantifiable, et in fine une forte intégration dans les métiers de ces derniers.

Et pour conclure ?

Aujourd’hui, nous sommes à la croisée de nombreux enjeux sociétaux. La crise du COVID-19 en est l’illustration parfaite, on peut raisonnablement la voir comme une sorte de répétition générale en miniature et sur des échelles de temps beaucoup plus courte des crises à venir. En parallèle, il y a une effervescence et un véritable espoir autour de la technologie et de l’intelligence artificielle notamment, quant à ses apports face à ces enjeux. Notre défi est de pouvoir mettre ces technologies au service de tous pour relever ces enjeux sociétaux. Néanmoins, il faut garder à l’esprit que la technologie ne solutionnera pas tout. C’est une petite partie de la solution, mais dont il faut pouvoir tirer le meilleur avantage!

 


En bref

  • Cabinet de conseil spécialisé en intelligence artificielle à finalité durable et responsable créé à Paris en 2016 ;
  • Une cinquantaine de collaborateurs ;
  • 35 clients issus de divers secteurs d’activité (banque, assurance, industrie, transports, médias, luxe…) ;
  • Des bureaux à Paris et à Montréal ;
  • Une vingtaine de projets en production.

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