Stéphane Mallat (X81), médaille d’or du CNRS 2025, venu partager son expérience et ses travaux.

X Recherche : à la rencontre des jeunes chercheurs de l’X

Dossier : Vie de l'association | Magazine N°813 Mars 2026Par Philippe AUROY (X83)Par Jean-Marc FLESSELLES (X83)Par Bernard COMMERE (X77)Par Léon REMBOTTE (X18)Par Céline RATON (X18)

Le groupe X Recherche, après une première édition ayant rencontré un grand succès en 2025, vient de tenir ses deuxièmes rencontres des jeunes chercheurs de l’X. Au-delà de cet événement, le groupe organise plusieurs fois par an des conférences prononcées par des chercheurs de renom : tous ceux qui s’intéressent à l’actualité scientifique y sont les bienvenus, qu’ils soient ou non adhérents au groupe.

Après le succès de la première édition, le groupe X Recherche a organisé, le jeudi 29 janvier 2026, la deuxième « Rencontre des jeunes chercheurs de l’X ». À l’origine de cet événement, la demande de jeunes thésards qui s’interrogeaient sur les carrières de recherche et constataient l’absence de lieu où poser leurs questions et partager leurs expériences.

Près de 70 participants

Comme la première, cette deuxième rencontre s’est tenue à la Maison des polytechniciens et s’est déroulée en trois temps : d’abord une série de présentations de travaux de thèse par les participants, puis une table ronde en présence de jeunes anciens engagés dans une carrière de recherche, enfin une conférence de clôture de Stéphane Mallat (X81), médaille d’or du CNRS 2025, à laquelle se sont joints des participants habituels des activités du groupe X Recherche. La rencontre a rassemblé près de soixante-dix personnes qui y ont participé à tout ou partie : quelques postdoctorants, une quarantaine de thésards, principalement des promotions 2019 à 2021 ou travaillant dans les laboratoires de l’X, ainsi que des membres ou sympathisants du groupe X Recherche, allant des élèves à l’École aux anciens des promotions des années soixante.

Une diversité de sujets

Quatorze doctorants et postdoctorants se sont prêtés au jeu de présenter leurs travaux. À la différence des rassemblements scientifiques usuels, cette Rencontre ne constitue pas une réunion thématique. De fait, de nombreuses disciplines scientifiques s’y sont côtoyées : mathématiques, physique, chimie, biologie, neurosciences, informatique, économie, etc. Il s’agissait donc, pour les orateurs, d’un format original visant à rendre les travaux accessibles à un public de scientifiques non spécialistes. En plus de constituer un excellent entraînement pour les orateurs, cela donnait à tous l’occasion de découvrir un large éventail de sujets à la pointe de la recherche scientifique, dans des domaines très variés.

“Rendre les travaux accessibles à un public de scientifiques non spécialistes.”

Du fond diffus cosmologique au repliement de peptides, des systèmes quantiques aux systèmes nerveux des poissons ou des bébés, des instabilités de combustion aux mouvements des flagelles, en passant par le changement climatique vu sous l’angle des adaptations écologiques et économiques, ou encore par les méthodes d’optimisation mathématiques, la diversité des sujets est bien réelle. Néanmoins, tous les exposés, ou presque, mettaient en œuvre des techniques de traitement de données caractéristiques de l’apprentissage profond et de l’intelligence artificielle, témoignant ainsi d’une profonde révolution affectant la façon de faire de la science.

Une riche table ronde

La rencontre s’est poursuivie autour d’une table ronde à laquelle avaient volontiers accepté de témoigner sept camarades aux expériences différentes : Guillaume Boissonnat (X09), directeur scientifique de la start-up Pili ; Lucile Dalion (X09), chargée de recherche au CNRS, chimiste au CEA ; Marie-Florence d’Arras (X06), directrice de l’innovation et de la recherche de Naturopera ; Jean-Baptiste de Saint Aubert (X14), responsable de programmes de R&D chez Essilor-Luxottica ; Aurélien Gouhier (X12), docteur et data scientist chez BimBamJob ; Diane-Laure Pagès (X14), cofondatrice d’Orakl Oncology ; et enfin Hervé Turlier (X06), chargé de recherche au CNRS, biophysicien et chef d’équipe au Collège de France.

Ce panel éclectique a répondu sans détour aux questions posées par l’assemblée sur les parcours après la thèse, la différence entre recherche publique et recherche privée, le passage postdoctoral par l’international, la publication d’articles, le rôle du directeur de thèse et du réseau, et bien d’autres encore que se pose naturellement tout doctorant, soit-il polytechnicien.

Le panel de la table ronde a répondu aux questions des participants.

La conférence de Stéphane Mallat

Des camarades sont venus rejoindre les participants en début de soirée pour assister à la conférence de clôture de Stéphane Mallat (X81), professeur au Collège de France et médaille d’or du CNRS 2025, dont le titre était : « Mystères mathématiques d’intel­ligences pas si artificielles ». Stéphane Mallat a commencé son exposé par une présentation de son parcours, depuis l’École jusqu’au Collège de France. Son parcours résonnait avec les sujets abordés pendant la table ronde : bifurcations personnelles, richesse des rencontres, provoquées ou dues au hasard, persévérance et adaptabilité, talent d’orga­nisa­­tion et goût d’entreprendre.

La conférence a exploré des questions qui se posent aujourd’hui avec une acuité nouvelle : pourquoi les modèles d’IA générative donnent-ils des réponses si remarquablement justes ? Comprennent-ils ? Qu’est-ce que comprendre ? Après avoir rappelé les approches philosophiques de la connaissance, Stéphane Mallat est parti du problème de la classification des images, vu comme un processus d’extraction de l’information pertinente dans lequel on fait abstraction des détails non signifiants. Il s’agit en quelque sorte d’un problème analogue à la décomposi­tion des images en ondelettes, domaine auquel Stéphane Mallat a apporté des contributions essentielles. S’il est encore difficile d’expliquer comment on comprend et ce que comprendre veut dire, on voit poindre le jour où il ne s’agira plus uniquement d’un sujet de philosophie…

Science et fromage, et conférences

Conformément à l’esprit et au fonctionnement du groupe X Recherche, la priorité était donnée à la convivialité, aux échanges et aux discussions informelles autour d’un café. Cette année, la fondue savoyarde du cocktail de clôture a été particulièrement appréciée. Science et fromage font bon ménage ! Après une première édition réussie en 2025, cette seconde rencontre confirme l’intérêt et le bénéfice, pour les doctorants, de se retrouver, d’échanger et de questionner les parcours après la thèse, chemin choisi par environ un tiers des élèves.

Les événements organisés par le groupe X Recherche ne se limitent pas aux rencontres à destination principalement des thésards. En 2025, X Recherche a notamment reçu Raphaël Gaillard, psychiatre récemment élu à l’Académie française, qui a parlé du lien entre folie et créativité ; Gérard Berry (X67), membre de l’Académie des sciences et ancien professeur au Collège de France, est venu présenter ses réflexions sur le temps et son rapport à l’informatique ; Rémy Mosseri a présenté son expérience de référent à l’intégrité scientifique au CNRS.

La prochaine conférence du groupe aura lieu le 2 avril à la Maison des X, en présence d’Anne-Marie Lagrange (X82), membre de l’Académie des sciences, qui nous entraînera « À la découverte des exoplanètes ». Nous invitons celles et ceux qui s’intéressent à la recherche et à ses enjeux à rejoindre le groupe. Pour cela, il suffit de se rendre sur le site de l’AX, d’aller à la page du groupe X Recherche (listé parmi les groupes professionnels) et de cliquer pour demander l’adhésion. 

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