Une révolution qui doit profiter au développement économique

Le point de vue des sociétés par le vice-président du MEDEF. Il se félicite des évolutions prévues qui associent innovation, réglementation et sécurité. Il espère y trouver des opportunités pour mieux servir les consommateurs et des gains de croissance et de compétitivité pour les entreprises.
La seconde Directive européenne sur les services de paiement (DSP 2) a séparé les fonctions clés de tenue de compte, et favorise l’entrée de nouveaux acteurs dans les paiements. Qu’en attendez-vous ?
La disruption du secteur des moyens de paiement qui se fait sous l’impulsion des innovations technologiques, de produits, de services ou d’usages conduit à une reconfiguration de l’écosystème.
En un sens, il semble logique que cela se traduise par une instantanéité des paiements. Il ne devrait y avoir que des avantages au développement d’un tel instrument de paiement paneuropéen en particulier pour les TPE et PME exportatrices qui bénéficieraient ainsi d’un marché européen des paiements plus intégré.
Plus largement, les bénéfices pourraient se révéler nombreux pour les entreprises et se traduire par des gains de croissance et de compétitivité :
- une meilleure adaptation aux nouveaux usages des utilisateurs en particulier en ce qui concerne le commerce électronique ;
- une automatisation des processus avec un gain d’efficacité sur la gestion de la trésorerie des entreprises ;
- des paiements électroniques de proximité facilités ou encore, à terme, permettre le développement de nouvelles solutions innovantes en matière de m-payments et de facturation électronique.
Au-delà de tous ces bénéfices, j’en attends surtout que cela puisse permettre de mettre un terme aux difficultés rencontrées par les TPE et PME face aux nombreux impayés et retards de paiement.
Selon certaines statistiques, 25 % des défaillances d’entreprises seraient dues à des retards de paiement et plus de 13 milliards d’euros manqueraient dans les caisses des PME françaises !
Dans la zone euro, y a-t-il besoin d’initiatives nouvelles, notamment pour faciliter des opérations transfrontalières et l’interopérabilité ?
Au niveau européen, beaucoup d’initiatives ont été lancées et notamment, je pense au passage au SEPA qui a permis de mettre en place des instruments de paiement communs. Cette première étape, à laquelle le MEDEF s’est fortement associé pour accompagner les entreprises dans cette transition, a été essentielle.
“ Selon une récente étude, une cyberattaque coûterait en moyenne 773 000 euros à une entreprise ”
Au-delà, une palette riche d’instruments est d’ores et déjà disponible et d’autres initiatives telles que l’Instant Payment devraient voir le jour. Ce qui me semble le plus utile dans l’immédiat serait de mettre en place une initiative européenne en matière de cybersécurité dont les enjeux sont très importants pour les entreprises.
En effet, selon une récente étude (NTT Com Security), une cyberattaque coûterait en moyenne 773 000 euros à une entreprise. Ce qui peut être fatal pour une entreprise et en particulier pour une PME.
Y a-t-il des besoins mal couverts en termes de modes ou de moyens de paiement pour lesquels les fintechs apportent des réponses concrètes ?
Les fintechs participent à la disruption du secteur des moyens de paiement. Elles vont vite, sont agiles et initient de nombreuses innovations qui permettent de développer de nouveaux usages.
Au même titre que les banques qui, ne l’oublions pas, innovent chaque jour en réalisant de nombreux investissements dans ce domaine et s’associent avec certaines fintechs pour créer des synergies.
La disruption du secteur se traduira par une nouvelle donne à terme et de nombreux défis restent à relever dans cette compétition internationale. Il faudra impérativement que l’innovation se traduise par des gains de compétitivité pour les entreprises et en particulier les TPE et PME dont les moyens de paiement innovants pourraient constituer un levier de différenciation et de fidélisation des consommateurs et contribuer à tirer la croissance et gagner des parts de marché.
Face au « phénomène » des fintechs, en tant qu’entrepreneur, je ne peux que me réjouir de voir émerger de jeunes entreprises et start-ups innovantes qui sont à la pointe de la recherche, développent de nouveaux modèles et services et créent de l’emploi.
Le MEDEF a d’ailleurs, dans le cadre de l’université du numérique du MEDEF qu’il organise tous les ans, mis en valeur certaines jeunes pousses. Et en tant qu’utilisateur, je suis également très attentif aux questions de sécurité.
Quelle doit être la prochaine étape dans les évolutions en France dans le domaine des moyens de paiement ?
Nous assistons aujourd’hui à une reconfiguration du secteur des moyens de paiement, c’est à la fois un défi et une opportunité. Après la révolution de la carte à puce où la France avait naturellement su imposer son leadership, le mobile et les objets connectés sont les prochaines évolutions.
Nous disposons de tous les atouts en France pour créer les conditions d’un écosystème qui soit à la fois fertile pour faire des moyens de paiement une filière française d’excellence en matière notamment d’innovation mais également un levier de croissance et de compétitivité pour l’ensemble des entreprises françaises.
Ne laissons pas les entreprises et les banques françaises se faire distancer à un moment si crucial !
