Synapse Risk & Compliance : Maîtriser les risques, fiabiliser les décisions


Au croisement de la conformité réglementaire et de la gestion du risque, Synapse Risk & Compliance propose un logiciel au service des grandes entreprises. En croisant des données issues d’une soixantaine de sources — Banque de France, Refinitiv, Dow Jones, Altares, registres publics et fournisseurs spécialisés — la solution anticipe les risques financiers et réglementaires tout en restant lisible pour ses utilisateurs. Julien Dumez, directeur produit, et Nicolas Derycke, directeur technique de Synapse (filiale du groupe Syspertec), reviennent sur l’ambition, les ressorts technologiques et l’engagement sociétal d’une PME discrète, mais stratégique.
D’où vient Synapse, et dans quel cadre vous inscrivez-vous aujourd’hui ?
Julien Dumez : Synapse Risk & Compliance est un éditeur français de logiciels, installé à Saint-Cloud, employant une trentaine de collaborateurs. Nous faisons partie du groupe Syspertec. Notre histoire remonte à 1993. Ce n’est donc pas une start-up, mais une société pérenne, ancrée dans les grands comptes, et spécialisée dans la gestion du risque tiers – qu’il soit financier, juridique ou réglementaire.
Comment résumeriez-vous le métier de Synapse ?
J.D. : Nous éditons une solution qui permet aux grandes entreprises de fiabiliser leurs relations d’affaires. Il s’agit de vérifier la solidité financière d’un client, la conformité d’un fournisseur, ou l’intégrité d’un distributeur. Notre logiciel automatise les contrôles, croise les données, alerte les bons interlocuteurs. C’est un véritable outil de pilotage du risque.
“ Être agnostique en matière de données, c’est un vrai levier d’efficacité pour nos clients.”
Nicolas Derycke
Quel est votre positionnement dans cet écosystème ?
J.D. : Nous ne sommes pas une autorité ni un cabinet de conseil. Nous sommes le point d’entrée unique pour les entreprises qui veulent centraliser l’information sur leurs partenaires. Notre rôle, c’est de structurer, fiabiliser et transmettre les bonnes données au bon moment, pour qu’un client puisse, par exemple, savoir s’il prend un risque à accorder un crédit ou à nouer un contrat avec un tiers.
De quels types de tiers s’agit-il ?
J.D. : Nos clients doivent évaluer en continu les tiers avec lesquels ils travaillent : clients, fournisseurs, sous-traitants ou partenaires. Nous les aidons à identifier ces acteurs, à comprendre leur situation juridique et financière, et à mesurer les risques associés à chaque relation, dans un contexte réglementaire de plus en plus exigeant.
Quels risques cherchez-vous à prévenir ?
J.D. : Nous couvrons deux grandes familles de risques. D’une part, les risques financiers : impayés, retards de paiement, entreprises en difficulté ou insolvables. D’autre part, les risques réglementaires : conformité à la loi Sapin 2, lutte contre le blanchiment d’argent, respect des sanctions internationales ou du devoir de vigilance. Pour cela, nous aidons nos clients à croiser les informations issues de plus de 60 sources publiques ou privées, comme par exemple la Banque de France, le registre des bénéficiaires effectifs, le registre national des associations, etc.
Quel cadre juridique encadre votre accès à ces données sensibles ?
J.D. : Nos clients, comme les banques ou les grandes entreprises, ont légalement accès à des données sensibles. Nous agissons pour leur compte, en veillant à ce que chaque consultation soit tracée, justifiée et conforme au Règlement général sur la protection des données. Le RGPD impose un cadre strict, mais c’est aussi ce qui renforce la fiabilité et la rigueur de nos pratiques.
Concrètement, comment cela se traduit-il dans les organisations ?
J.D. : Une banque, par exemple, peut intégrer notre solution dans son système d’information. Lorsqu’un client demande un crédit, les contrôles se déclenchent automatiquement : incidents de paiement, situation juridique, risques de fraude… Une alerte est remontée si besoin. L’analyse est ainsi partagée entre services commerciaux, conformité et direction financière.
Vos clients sont majoritairement des banques ?
J.D. : Historiquement, oui et nous avons plus de 160 clients bancaires en France. Aujourd’hui, nous équipons aussi des groupes industriels, soucieux de se mettre en conformité avec la loi Sapin 2 ou le devoir de vigilance. Ils doivent vérifier leurs fournisseurs, leurs sous-traitants, collecter des documents, justifier leurs décisions. Notre outil permet de tout centraliser, de fluidifier les échanges, et de garantir la traçabilité.
En quoi votre approche se distingue-t-elle de celle de vos concurrents ?
Nicolas Derycke : Nous nous différencions sur deux points clés. D’abord, notre indépendance vis-à-vis de la donnée : nous ne sommes pas producteurs de contenus, ce qui permet à nos clients de choisir librement les sources d’information qu’ils souhaitent activer, en fonction de leur usage et de leur budget. Ensuite, notre capacité à faire dialoguer notre solution avec des systèmes d’information hétérogènes. Nous développons des connecteurs spécifiques pour chaque client, ce qui permet une intégration fluide, même dans des environnements complexes ou très contraints.
Quelle place réservez-vous à l’intelligence artificielle ?
J.D. : L’IA est un outil d’aide à la décision. Elle permet de repérer des signaux faibles, des incohérences entre documents, des déclarations suspectes. Mais nous ne nous substituons pas à l’humain. Notre logiciel automatise les contrôles simples, pour que les humains se concentrent sur les cas à risque. C’est notre philosophie.
“ Notre logiciel automatise les contrôles simples, pour que les humains se concentrent sur les cas à risque.”
Julien Dumez
Comment conciliez-vous automatisation et contrôle humain ?
J.D. : L’idée, c’est de réserver l’expertise humaine aux cas complexes. Aujourd’hui, trop de temps est perdu sur des cas standards. En automatisant 90 % des situations courantes, on libère l’attention pour les décisions qui exigent du discernement. Les cas complexes, ce sont les cas intéressants. Il faut laisser du temps aux équipes pour les explorer.
Sur le plan réglementaire, comment adaptez-vous votre solution à la diversité des normes ?
J.D. : Notre plateforme est pensée pour s’adapter en permanence aux évolutions réglementaires. Lorsqu’une nouvelle règle entre en application, nous en évaluons les conséquences concrètes pour nos clients. Nous repérons les sources d’information à intégrer, mettons à jour les critères de suivi, et, si besoin, réorganisons les étapes de validation. Ce travail en amont leur permet de rester conformes aux exigences sans complexifier leurs procédures.
Quelles sont vos priorités d’innovation aujourd’hui ?
N.D. : Nous concentrons nos efforts sur l’amélioration de la qualité des données accessibles publiquement. Ces informations sont souvent incomplètes ou mal structurées. Nous développons des outils qui recoupent les sources, détectent les divergences, évaluent la cohérence globale et produisent des alertes qualifiées. L’objectif est de livrer une information fiable, utile et compréhensible, sans ajouter de complexité inutile à l’utilisateur.
Quels profils recherchez-vous aujourd’hui ?
N.D. : Nous recrutons des ingénieurs développement, des analystes de données, des spécialistes produit. Notre architecture est moderne, nos enjeux sont complexes et concrets. Et notre mission dépasse le cadre technique : Travailler chez Synapse Risk & Compliance, c’est œuvrer contre la fraude, la corruption et le blanchiment. C’est une mission qui a du sens.




