Framatome

Sur le chemin de la transition…

Dossier : Vie des entreprisesMagazine N°754 Avril 2020
Par Bernard FONTANA (81)

Pour un nucléaire sûr et compétitif, Framatome mise sur des femmes et des hommes hautement qualifiés et des technologies performantes. L’entreprise offre également de belles perspectives de carrière aux polytechniciens passionnés par la technologie et l’industrie.

Éclairages de Bernard Fontana (81), CEO de Framatome.

 

En tant que spécialiste du réacteur nucléaire, quelle vision portez-vous sur le rôle que joue cette énergie dans le cadre de la transition énergétique ?

L’objectif est de décarboner l’électricité via la réduction de l’utilisation des énergies fossiles. Des alternatives existent telles que l’énergie hydraulique, qui a ses barrières géographiques ou encore le solaire et l’éolien limités météorologiquement. Ainsi, le nucléaire se présente comme la seule énergie propre, sûre et pérenne. Elle permet de pallier l’intermittence des énergies renouvelables ou les problèmes de stockage. D’ailleurs, à l’échelle mondiale, nous constatons une croissance de l’électricité d’origine nucléaire. Cela contribue également à la création d’emploi. L’industrie nucléaire française représente plus de 220 000 emplois hautement qualifiés.

Au regard des débats sur le nucléaire et les perspectives potentielles qui en découlent, comment contribuez-vous au développement de cette industrie ?

Nous intervenons à plusieurs niveaux notamment :

  • L’extension de la durée de vie des réacteurs nucléaires ;
  • La mise en route de réacteurs nucléaires de nouvelle génération. Au cours des deux dernières années, deux réacteurs de technologie Framatome ont été mis en service à Taishan en Chine ;
  • La commercialisation de briques technologiques qui vont être construites à travers le monde et par exemple en Europe centrale en combinaison avec des réacteurs d’origine russe.

Quels sont les challenges du futur et comment les anticipez-vous ?

La qualité, la sécurité et la sûreté sont nos priorités. Notre vision est d’offrir des solutions sûres et compétitives à travers le monde. Pour cela, nous priorisons 5 axes :

Une industrie de technologie et de savoir. Pour assurer le renouvellement et le renforcement des compétences techniques, nous recrutons environ 1 000 personnes par an auxquelles nous proposons, au-delà d’un programme de knowledge management, une forte mobilité et une diversité de métiers, de projets et de programmes ;

Une supply chain industrielle via l’utilisation des méthodes les plus avancées en matière de qualité et d’efficacité industrielle. Nous investissons aussi plus de 200 millions d’euros par an pour optimiser la performance de nos sites industriels ;

Une recherche de compétitivité permanente. Nous avons un programme de digitalisation de nos process afin d’améliorer notre efficacité en interne et fluidifier les échanges avec nos clients et fournisseurs ;

Un développement à l’international. Nous avons un carnet de commandes de plus de 12 milliards d’euros dont 66 % à l’export ;

Des acquisitions ciblées pour renforcer nos offres technologiques et consolider notre positionnement. Par exemple, nous avons acquis la partie contrôle commande nucléaire de Schneider et racheté une société spécialisée dans le diagnostic et le renforcement de la cybersécurité dans les centrales nucléaires aux États-Unis.

Qu’est-ce que cela implique pour un groupe comme Framatome et plus particulièrement en termes de développement à l’international ?

Notre expertise nous permet d’élargir notre présence à l’export tout en consolidant notre positionnement dans l’hexagone. Ces deux dernières années, nous avons renforcé notre présence au Canada pour accompagner l’Ontario dans le renforcement de son parc nucléaire et participer à l’extension de la durée de vie des réacteurs. Nous intervenons également en Europe centrale en offrant des solutions innovantes afin de répondre aux challenges de décarbonisation de l’électricité. Nous nous développons aussi en Grande-Bretagne avec la construction de deux réacteurs nucléaires à Hinkley Point et au Moyen-Orient notamment aux Émirats Arabes Unis.


EN BREF

  • 14 000 salariés ;
  • Plus de 60 ans d’expertise dans le nucléaire ;
  • 3,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires ;
  • Un Ebitda de 521 millions d’euros ;
  • 80 % des collaborateurs aiment leur job selon une enquête d’opinion menée en décembre 2019.

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