Sciences géographiques dans l’Antiquité

Dossier : Arts, Lettres et SciencesMagazine N°587Par : Raymond D’HOLLANDER (38)Rédacteur : JR

Cet ouvrage consacré aux sciences géographiques présente la grande originalité de regrouper l’histoire de toutes les sciences géographiques depuis la haute Antiquité (Égypte, Assyrie) jusqu’à l’Antiquité tardive (période abbasside à Bagdad). Nous publions ci-après quelques extraits de la préface de Suzanne Debarbat, astronome titulaire honoraire de l’Observatoire de Paris.

“ Il traite en premier lieu de cette période, à l’origine des rudiments qui permettront une mise en œuvre des domaines de la cartographie et de la topographie.

… Les héritiers de l’Égypte des pharaons sont sans conteste les Grecs qui ont puisé, dans leurs développements pratiques, les éléments de l’épanouissement de leur science.

L’auteur décompose le sujet, de manière chronologique, dans onze chapitres consacrés à la période grecque.

… La sphéricité de la Terre est affirmée vers la fin du Ve siècle avant notre ère et l’on s’emploie bientôt à établir des cartes pour la navigation en Méditerranée, mer qui occupe le centre des terres connues. Parmi les navigateurs les plus célèbres figure Pythéas dont le souvenir demeure très vivant à Marseille. Eudoxe s’efforce de préciser les dimensions du globe terrestre tandis qu’Aristote et Dicéarque de Messine s’emploient à l’étude des aspects géographiques du sujet, décrivant alors l’œcumène. Il faut attendre Érastosthène et la grande époque d’Alexandrie pour parvenir à des progrès décisifs.

… La géographie mathématique atteindra son apogée en quatre siècles, de l’époque d’Ératosthène à celle de Ptolémée, en passant par Hipparque.

Le premier, Ératosthène, réalise la “mesure de la Terre” entre Syène (de nos jours Assouan) et Alexandrie par une méthode originale. … Hipparque, par observations astronomiques, jette les bases de la cartographie mathématique. Ptolémée est celui dont la “Géographie ” marquera, pour longtemps, ce domaine.

… Dans l’ouvrage, on passe alors à la période romaine de la science géographique à laquelle il consacre huit chapitres dont six détaillent précisément l’œuvre de Ptolémée : développements mathématiques, théories du Soleil, de la Lune et des planètes, catalogue d’étoiles, systèmes de projection. Ptolémée fixe l’origine des parallèles et surtout celle des méridiens terrestres. … L’origine des coordonnées pour la cartographie, fixée en l’île de Fer, ne sera guère supplantée avant celle du Méridien de l’Observatoire de Paris (1667).

Pour l’avant-dernier chapitre de caractère plus technique, R. D’Hollander a fait appel à deux chercheurs du Centre national de la recherche scientifique : François Favory et Anne Roth-Congès, spécialistes de l’arpentage romain et de ses techniques.

Le dernier chapitre, qui termine la grande fresque cartographique que livre R. D’Hollander dans cet ouvrage, apporte en quelque sorte une conclusion à la période grécoromaine des sciences géographiques avec le déclin de la science antique. Malgré quelques réalisations postérieures, il faudra attendre plusieurs siècles avant de voir réellement renaître une science géographique digne de ce nom. Mais pour la comprendre, il fallait pouvoir en décrire les fondements. C’est ce qui est remarquablement fait dans cet ouvrage. ”

L’ouvrage comporte des développements mathématiques à la portée des lecteurs ayant le niveau d’un baccalauréat scientifique ou qui sont familiarisés avec la géométrie euclidienne et les formules de trigonométrie. Toutefois les lecteurs ayant reçu une formation littéraire pourront tirer profit du contenu en faisant l’impasse sur certains passages.

Pour une lecture fructueuse, il faut que le lecteur connaisse la définition des termes utilisés en géographie générale : équateur, tropique, méridien, pôle…, de ceux utilisés en cosmographie, équinoxe, solstice, écliptique, signes du zodiaque… et de ceux qui servent à identifier ou à localiser un astre, hauteur, distance zénithale, déclinaison, ascension droite, angle horaire, culmination, passage inférieur… Ces définitions se trouvent dans tout bon dictionnaire et notamment dans le Lexique topographique publié par l’Association française de topographie.

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