Santé mentale : une prise de conscience

Un Français sur cinq est concerné chaque année par un trouble psychique. Mise en lumière par la « grande cause nationale » décidée par le Premier ministre Michel Barnier pour 2025, reconduite pour 2026, la santé mentale est en réalité un sujet déjà bien présent dans nos vies : chacun a dans son entourage ou est soi-même une personne concernée par ce sujet.
Longtemps un sujet tabou, la parole se libère désormais, grâce à l’engagement de multiples personnalités publiques, artistes, sportifs, qui ont osé parler de leurs troubles et des moyens de le traiter. Certains de nos camarades ont également pris la parole, vous en trouverez des témoignages dans ce numéro. La « déstigmatisation » de la maladie psychique est une excellente nouvelle, car les réticences à aller consulter un spécialiste, ou tout simplement à demander de l’aide, ont des conséquences parfois dramatiques pour les personnes concernées.
“Chacun d’entre nous doit être acteur de sa santé mentale.”
Cette tendance positive ne doit cependant pas masquer les défis importants auxquels est confrontée la psychiatrie. Sur fond de difficultés de recrutement infirmier et de pénurie médicale, certains territoires de notre pays sont parfois très insuffisamment dotés en ressources expertes pour répondre à tous les besoins. Les médias, comme les psychiatres eux-mêmes, s’en font souvent l’écho, avec raison, d’autant que les tendances épidémiologiques montrent une hausse, notamment chez les jeunes, des troubles psychiques et que l’émergence de nouveaux risques (écoanxiété, effets des écrans, addictions) est désormais avérée.
Toutefois, certains facteurs peuvent aussi apporter de l’optimisme, dans ce tableau parfois sombre. La prise de conscience sociétale, y compris dans les entreprises, devrait contribuer à diminuer les facteurs de risque et faciliter le repérage de situations qui nécessitent une prise en charge médicale. L’utilisation raisonnée des outils numériques pourra également être porteuse de solutions, allant de la détection précoce jusqu’à la prise en charge (psychothérapies) en passant par la formation. Enfin il faut également se rappeler que chacun d’entre nous doit être acteur de sa santé mentale, en adoptant des gestes finalement assez simples dans son quotidien, en prenant soin de soi-même et de ses proches.





