Santé mentale à l’X : accompagner « des jeunes ordinaires aux parcours extraordinaires »

La scolarité à l’X est une période riche et intense pour les élèves et étudiants, parfois éloignés de leur famille pour la première fois. Des années de transition à l’aube de leur vie d’adulte, emplie aussi bien de grands projets que de grands questionnements. Dans leurs succès comme dans leurs moments de doute, l’École polytechnique s’attache à les accompagner pour que toutes et tous profitent au mieux de leur expérience sur le campus en y trouvant leur place et leur voie.
L’École polytechnique rassemble près de 4 000 élèves et étudiants, du bachelor au doctorat, issus de plus de 100 nationalités. Elle mobilise des équipes pédagogiques de premier plan et un encadrement de haut niveau pour veiller à l’accueil, l’accompagnement et le bien-être psychologique des élèves, du début à la fin de leur cursus – et parfois même après. « Au sein du service de psychologie, situé sur le campus de l’École polytechnique, nous sommes cinq psychologues cliniciennes, dont quatre à temps plein.
Nous accueillons tous les élèves : cycle ingénieur polytechnicien, bachelor of science et master of science & technology », détaille Clémence Hérissey, psychologue clinicienne. « C’est un service multiculturel. Plusieurs d’entre nous ont fait leurs études ou ont vécu à l’étranger. Nous pouvons donc proposer des séances en anglais et en portugais pour les étudiants internationaux. » Afin de toucher le plus grand nombre d’élèves, les psychologues vont à leur rencontre lors de la semaine d’inkhôrpo.
“Accompagner des jeunes ordinaires aux parcours extraordinaires.”
Citation du docteur de Montleau, chef du service psychiatrie de l’hôpital Percy, qui travaillait en collaboration avec le service de psychologie de l’X. Il fait référence ici aux élèves de l’École polytechnique.
« Nous présentons notre service à tous les élèves répartis en sections. Des relais d’information sont également établis en interne par le biais de l’intranet et de l’encadrement, même s’il est parfois difficile de repérer les jeunes en souffrance psychologique. » La prise en charge de la santé mentale passe par une forte collaboration entre les services et les directions de l’École. « Ce travail commun s’effectue bien évidemment en respectant le principe de confidentialité, qui est une obligation légale, garantit Clémence Hérissey. Nous travaillons en liaison étroite avec les médecins, dont une collègue addictologue, les équipes pédagogiques et la cellule DHAMIS de prévention et de signalement des discriminations et des violences. »

Veiller à la santé mentale des élèves : une attention ancienne à l’X
Cette attention portée à la santé mentale des élèves ne date pas d’hier. Elle est le fruit d’une longue histoire à l’École polytechnique, puisque des psychologues y ont été recrutés dès 1946. Un héritage de l’armée américaine présente sur le sol français à la fin de la Seconde Guerre mondiale, qui avait dans ses rangs des psychologues chargés de l’orientation des élèves officiers. « L’X est la première école française à avoir eu un service de psychologie en son sein. En France, cela n’est devenu obligatoire que dans les années 80 pour les universités », précise Clémence Hérissey. Sous l’impulsion des élèves et de la direction, ce service s’est étoffé au fur et à mesure des années avec des contrats à temps plein pour la quasi-totalité de ses praticiens travaillant sur le campus, ce qui facilite ainsi le lien et la proximité avec les patients.
La création de nouvelles formations : master of science & technology en 2016 et bachelor of science en 2017, avec une nouvelle population d’étudiants, plus internationale et parfois plus jeune pour les bachelors que celle du cycle ingénieur, a en outre engendré de nouveaux besoins.
En 2024, un dispositif de prévention et de signalement contre les violences sexistes et sexuelles, les discriminations et le harcèlement a été mis en place : DHAMIS (discriminations, harcèlements, atteintes à la santé mentale, infractions et violences sexistes ou sexuelles). Des séances de prévention, ateliers, échanges, sont aussi organisés à plusieurs moments de l’année scolaire pour sensibiliser les élèves aux violences sexistes et sexuelles. De plus, une enquête annuelle sur ces dernières est menée auprès de toutes les populations étudiantes de l’École. Le dispositif de prévention est revu chaque année à l’aune de ses résultats.
La cellule DHAMIS
DHAMIS (discriminations, harcèlements, atteintes à la santé mentale, infractions et violences sexistes ou sexuelles) est le dispositif central de l’École polytechnique pour lutter contre les situations de HDVS (harcèlement, discrimination, violences morales, physiques, sexistes ou sexuelles) et de RPS (risques psychosociaux). La cellule DHAMIS a pour missions principales de recevoir les signalements ; accompagner et conseiller les victimes ou témoins ; orienter vers des services compétents. Un comité, coordonné par la direction générale, instruit les dossiers et décide des sanctions et mesures d’accompagnement.
Cette cellule est composée de sept membres, à la fois des civils et des militaires, du personnel de laboratoire et des administratifs, des femmes et des hommes. Elle comprend des locuteurs francophones et anglophones. L’objectif est d’accompagner les victimes du début à la fin de la procédure, c’est-à-dire du signalement au dépôt de plainte, quand la victime présumée souhaite entreprendre cette démarche. Les échanges entre la DHAMIS et les personnes signalant des faits sont strictement confidentiels et les déclarations peuvent être anonymes, grâce à une plateforme en ligne : polytechnique.signalement.net.
Favoriser l’inclusion et la diversité
Créer un environnement où chacun et chacune se sent respecté(e), accepté(e) et reconnu(e) est un levier déterminant pour le succès des étudiants. À l’École polytechnique, aucune forme de discrimination n’est tolérée. La pluralité et le bien-être sont indispensables dans la formation de ces futurs professionnels. La diversité est une source de richesse, d’apprentissage et de compréhension de l’autre.
L’X souhaite également renforcer l’accompagnement des élèves en situation de handicap avec une meilleure prise en charge de la neurodiversité, notamment des troubles du spectre de l’autisme. L’encadrement est déjà formé aux premiers secours en santé mentale. Des formations spécifiques à certains troubles viendront renforcer ces dispositifs pour permettre à tous les étudiants de suivre leur scolarité dans les meilleures conditions possibles.
Par ailleurs, la présence du campus de l’École sur le plateau de Saclay offre un cadre verdoyant propice à l’activité physique en extérieur. Le sport est l’une des forces de l’X, qui propose 16 disciplines sportives ! Outre la cohésion et le respect de l’autre, il constitue un facteur d’épanouissement individuel et collectif.

Accompagner les élèves vers la réussite
Ces actions donnent les moyens à l’École de suivre de près ses élèves, tout en étant consciente qu’il n’existe pas de risque zéro, notamment au vu de la diversité de leurs profils. Selon le colonel Cyrille Caron, directeur de la formation humaine et militaire et chef de corps : « 30 % des étudiants en bachelor sont encore mineurs à leur arrivée sur le campus ; et ils ont une envie de réussir très prégnante. Néanmoins, ils n’ont pas forcément d’idées précises concernant leur avenir professionnel. En tant qu’encadrants, nous sommes à leur écoute pour les accompagner durant leur scolarité et ce passage délicat à la vie d’adulte, qui peut parfois être déstabilisant et source d’angoisse. »
La volonté d’être le meilleur, de profiter des nombreuses possibilités offertes par une grande école telle que Polytechnique… peut se transformer en un poids trop lourd à porter. « Les élèves pensent souvent à tort que leurs décisions actuelles auront des impacts irréversibles sur leur avenir ou que les années sur le campus seront les plus belles de leur vie… En les accueillant au service de psychologie, nous essayons de les aider à prendre du recul et à être moins intransigeants envers eux-mêmes. Leurs décisions sont certes importantes, mais ils pourront toujours changer de voie plus tard. D’autres beaux moments les attendent après leurs études à l’X », tempère Clémence Hérissey.

La culture de l’excellence portée par l’École implique une responsabilité particulière. « Les polytechniciens sont certes des élèves brillants, mais ce sont avant tout des personnes d’une vingtaine d’années avec les mêmes craintes que celles de leur âge, poursuit le colonel Cyrille Caron. Ils rencontrent des difficultés à envisager l’avenir dans un monde instable. Ils sont très préoccupés par la crise climatique. Il ne faut pas oublier qu’ils ont vécu leurs années de lycée en confinement à cause de l’épidémie de la Covid-19. Or c’est un âge essentiel, où l’on apprend à tisser des liens.
Cette génération entrevoit le futur de manière plus grave que leurs aînés. » Face à ces défis, la recherche de sens est considérée comme primordiale. « L’objectif n’est plus forcément de gravir les échelons un à un, mais de réussir à être utile à la société : par la recherche scientifique, la création d’entreprise, l’engagement dans l’industrie ou dans le service public. Nous ne sommes plus dans un modèle de société prônant la réussite individuelle comme une fin en soi.
La culture de l’excellence vise aujourd’hui à pousser l’ensemble du corps social vers le haut pour aboutir à des bénéfices collectifs. » L’École polytechnique doit ainsi s’assurer de former des décideurs responsables et attentifs à l’humain. « Nos élèves sont amenés à exercer des responsabilités importantes. Notre rôle est de fixer un cadre clair et de les guider pour qu’ils puissent devenir des adultes respectueux d’autrui et soucieux du bien-être de leurs équipes », conclut-il.

L’accueil des étudiants internationaux
Pour la deuxième fois consécutive, l’École polytechnique a reçu en 2024 le label « Bienvenue en France***» (avec trois étoiles, le plus haut niveau) décerné par Campus France, reconnaissant la qualité exceptionnelle de l’accueil des étudiants internationaux à l’École. Les équipes du BasiX (le bureau d’accueil des étudiants internationaux à l’X) poursuivent leur accompagnement tout au long de leur séjour sur le campus, en proposant une aide à la scolarité, aux activités sportives et associatives, ainsi qu’aux démarches administratives.
Ces actions en faveur des étudiants internationaux contribuent à leur bonne intégration dans l’École et constituent un point essentiel du schéma directeur de la vie étudiante (SDVE) 2025 – 2029, qui a pour but de permettre l’inclusion et le bien-être de chacun des élèves.





