Arrivée du premier module du bâtiment 106.

Rénov’X quand le cœur de l’École se transforme 

Dossier : Nouvelles du Platâl | Magazine N°812 Février 2026
Par Julie CHABROUX (X01)

Au cœur d’un chantier inédit, l’École polytechnique met en œuvre une ambitieuse opération de relocalisation et d’innovation : défi logistique, collective intelligence et redécouverte de son identité. Julie Chabroux, directrice de la stratégie et de la transformation, présente sa vision du projet Rénov’X, alliant fidélité à l’esprit X et créativité face à la transition.

La fermeture du bâtiment central va nous amener à relocaliser près de soixante activités. Un défi logistique majeur, mais aussi une chance de repenser notre fonctionnement.

Assurer la continuité pendant trois ans de travaux

En pratique, tous les enseignements resteront en présentiel : pour cela, un nouveau bâtiment modulaire ouvrira au printemps 2026, offrant 1 200 places d’enseignement dont un amphithéâtre modulable de 600 places, un espace bibliothèque et des espaces collaboratifs. Les scolarités, le BasiX (bureau d’accueil et de services aux internationaux de l’X) et d’autres services y trouveront leur place.

Du concours à la cafétéria, du studio d’enregistrement aux archives, de la DRH à l’atelier photo : toutes nos activités seront relocalisées sur le campus pour garantir la continuité de service. Les logements étudiants, la restauration, le sport, les activités militaires et la vie étudiante au Bataclan ne seront pas impactés par les travaux.

Au-delà de la logistique, nous abordons une multitude de sujets passionnants : le maintien de la convivialité, la gestion des flux sur le campus et la signalétique, mais aussi l’avenir des œuvres d’art monumentales. C’est également l’occasion de découvrir de véritables « pépites » dans nos archives cinquantenaires, les infrastructures du plateau télé des années 70 ou du stand de tir et bien sûr les trésors de la bibliothèque et du musée…

Réinventer les grands événements

L’un des enjeux majeurs concerne nos événements emblématiques : accueil de grands témoins, colloques de recherche et, bien sûr, les fêtes étudiantes. Le point Gamma sera maintenu, en plein air sur le campus. Les étudiants réfléchissent déjà à réinventer Styx, JTX et autres traditions, avec une transmission de connaissances d’une promo à l’autre grâce aux Kessiers Archi très investis.

Des ateliers participatifs accompagnés d’une communication interne dense ont permis de mobiliser toute l’institution autour du projet Rénov’X.

Un projet collectif

Rénov’X est un projet collectif, embarquant toute l’institution, et la mobilisation est remarquable. Nous avons mis en place nombre d’ateliers participatifs qui s’accompagnent d’une communication interne dense : participation aux réunions d’équipe, groupe d’usagers, petits-déjeuners avec l’équipe projet, page intranet dédiée, rencontres des binets… Information, transparence, proximité.

Côté pilotage de projet, deux défis se dessinent. D’une part, gérer le temps long : entre les premières réflexions, il y a plus que quinze ans, la notification (2024) et le premier coup de pioche (2026), il faut rendre concrets les préparatifs. Les premiers changements visibles sont intervenus au printemps 2025 avec le déménagement du salon de coiffure et de la Poste. Plus récemment, l’arrivée des premiers modules du bâtiment d’enseignement suscite l’intérêt de tous – les enfants du personnel surveillent les grues tous les mercredis ! D’autre part, gérer le temps court et cyclique : la rotation des promotions impose une transmission annuelle.

L’appui de la DFHM et du directeur délégué à la vie étudiante et la passation organisée entre chaque Kès, L’Ore (bureau des élèves du Bachelor) et MOX (bureau des élèves des MScT) sont essentiels. Les retours d’expérience des écoles voisines comme Télécom ou Agro, qui ont déménagé récemment, ou de celles qui lancent également leur rénovation comme HEC sont précieux pour mutualiser les bonnes pratiques.

L’équipe projet : Béchirou Ba, Thierry Martin, Éric Sieberath, Isabelle Badrinath (X87), Sandrine Huret,
Arnaud Lemonnier, Julie Chabroux (X01), Érik Frey.
© École polytechnique / Jérémy Barande

Ce qui me tient à cœur

Ma double casquette – d’ancienne élève et de directrice de la transformation – est une chance. Je connais l’attachement que les élèves vouent à ce lieu. Je sais combien l’École porte à la fois un héritage et une ambition pour l’avenir. Rénov’X est une occasion unique de refléter dans nos murs cette évolution, sans renoncer à ce qui fonde notre identité. Pour la phase travaux, je travaille à ce qu’elle soit la plus indolore possible, voire qu’elle devienne une période de créativité !

Ce qui m’inspire profondément, c’est de voir les usagers s’engager, s’approprier le programme comme un projet commun et proposer des transformations. Le bien-être de celles et ceux qui vivent, étudient ou travaillent ici, et le rayonnement de l’institution sont au cœur de mes préoccupations. Accompagner des personnes qui travaillent à l’École depuis plusieurs décennies ou des élèves qui n’entreront pas dans le Poincaré donne envie de proposer une phase de transition stimulante et porteuse de sens pour chacun.

Mes objectifs sont clairs : garantir une expérience du campus agréable à tous ; faire en sorte que l’X reste l’X en maintenant l’excellence universitaire et scientifique et l’activité étudiante ; gérer nos ressources financières et humaines et éviter tout gaspillage, y compris carbone ; enfin nous questionner, innover, profiter de cette phase transitoire pour essayer, créer et nous améliorer. 

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