Rachmaninov, Weinberg, Korngold

Dossier : Arts, lettres et sciences | Magazine N°815 Mai 2026
Par Jean SALMONA (56)

Un pianiste, Rachmaninov

C’est d’abord comme pianiste que Rachmaninov, on le sait, a connu une carrière internationale. Aujourd’hui, dans une œuvre prolifique, qui aborde pratiquement tous les genres, ce sont, de très loin, les pièces pour piano – quatre Concertos, les Variations pour piano et orchestre sur un thème de Paganini et d’innombrables pièces pour piano solo – qui sont les plus jouées. Le jeune pianiste russe Vsevolod Zavidov vient d’enregistrer huit Études-Tableaux (op 33), la transcription pour piano par Rachmaninov de la Partita n° 3 pour violon de Bach et les Variations sur un thème de Corelli.

La transcription de la Partita de Bach est une pièce virtuose d’une extrême subtilité d’écriture, les Études-Tableaux, dont la composition s’étale sur plusieurs années, s’apparentent à un carnet de voyage d’une inspiration très variée. Les Variations sur un thème de Corelli sont ce que Rachmaninov a écrit de plus recherché, de plus novateur et aussi de plus profond. Vsevolod Zavidov est l’exemple même de la nouvelle génération de l’École russe de piano : absolue perfection d’une technique d’acier et d’un toucher que seul Richter, dans la génération précédente, avait possédés. Une révélation, un très grand disque. 

 1 CD ALPHA CLASSICS

Weinberg et Korngold

Quelques courageux éditeurs entreprennent de faire connaître des compositeurs que les vicissitudes du XXe siècle avaient plongés dans l’oubli. Mieczysław Weinberg et Erich Wolfgang Korngold ont dû à leur judéité leurs fuites du nazisme et, pour le premier, du stalinisme.

Weinberg, dont il a été question à plusieurs reprises dans ces colonnes, a laissé une œuvre importante, dont 26 symphonies et 17 quatuors à cordes. Kristina Reiko Cooper joue son Concerto pour violoncelle et orchestre, créé par Rostropovitch, et sa Fantaisie pour violoncelle et orchestre, avec l’Orchestre de la ville de Kaunas (Lituanie) dirigé par Constantine Orbelian. Musique à la limite de l’atonalité, riche en mélodies dont certaines d’origine folklorique.

Korngold s’était enfui aux États-Unis où, pour des raisons alimentaires, il s’est d’abord consacré à la musique de films, d’où le style au lyrisme hollywoodien de sa musique. Son Concerto pour violon est devenu un blue chip. Son Concerto pour violoncelle et orchestre, joué par les mêmes instrumentistes que ci-dessus, est issu de la musique du film Deception de la Warner (avec Bette Davis). 

 1 CD OUTHERE

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