Prélude à l'effondrement

Préludes à l’effondrement, un demi-siècle de procrastination

Dossier : Arts, lettres et sciences | Magazine N°811 Janvier 2026Par : Christian Araud (X50, décédé en avril 2025)Rédacteur : François Xavier Martin (X63)Editeur : Éditions Libre et Solidaire, mai 2024

Dès le prologue de Prélude à l’effondrement, son dernier ouvrage, Christian Araud annonce clairement que son propos sera fondé sur l’opposition entre deux paradigmes : l’un ancien et dominant (le PAD), l’autre nouveau et émergent (le PNE). Il met l’accent sur l’impasse où nous conduit l’application sans retenue du PAD qui, basé sur la permanence d’un développement exponentiel des activités humaines, va inévitablement buter sur les limites imposées par la nature non renouvelable de certaines ressources de notre planète.

D’après notre camarade, les seules options possibles sont la continuation du PAD, qui débouchera inévitablement sur un effondrement chaotique, ou la prise en compte des propositions du PNE : réorientation de la réponse donnée aux besoins réels des populations, qui sont plus liés, une fois obtenue la satisfaction de leurs besoins matériels élémentaires, à une amélioration du fonctionnement de la société qu’à la disponibilité sans limite de biens de plus en plus sophistiqués.

Toute une partie historique rappelle l’émergence des idées du PNE et déplore que n’aient pas été saisies les occasions de mettre en œuvre certaines d’entre elles pendant les décennies précédentes. Les générations futures devront prendre en compte ces considérations si elles veulent éviter l’effondrement chaotique qui les menace, mais la lutte contre des élites qui profitent à fond du PAD sera difficile, d’autant plus, ajouterai-je, que certaines de ces élites ont souvent su trouver une oreille attentive chez les partisans de partis dits populistes en plein développement, auxquels elles ont appris à parler de façon beaucoup plus efficace que les tenants du PNE. 

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