Polytechnique Ventures lance sa stratégie d’émergence : Denis Lucquin Catalyst Initiative

Polytechnique Ventures lance sa stratégie d’émergence : Denis Lucquin Catalyst Initiative

Dossier : Nouvelles du platâl | Magazine N°817 Septembre 2026
Par Cécile THARAUD (X84)

En hommage à Denis Lucquin (X77), son cofondateur récemment disparu, Polytechnique Ventures renforce sa stratégie d’investissement en dédiant désormais une enveloppe de 5 % de son fonds à des start-up très early stage.

Créé en décembre 2020, Polytechnique Ventures a affirmé, à travers ses cinq premières années d’activité, le cœur de sa politique d’investissement : des tickets d’amorçage de 500 k€ à 1 M€, suivis de réinvestissements en série A, dans des start-up deeptech issues de l’écosystème de l’École polytechnique.

Polytechnique Ventures, le fonds professionnel de capital-risque dédié à l’écosystème entrepreneurial de l’X

Pour rappel ce fonds alumni est financé par les diplômés de l’X ; il soutient le développement précoce de start-up cofondées par des diplômés ou des enseignants-chercheurs de l’École, ou encore issues de son incubateur ou de ses laboratoires. Dans une logique vertueuse de give back à l’École, le fonds fait don à la Fondation de l’X de 10 % de ses plus-values, prélevées sur le carried interest de l’équipe de Polytechnique Ventures.

Il relève le défi d’une grande pluridisciplinarité, investissant dans tout type de technologie et donc tout secteur industriel, grâce aux apports du réseau des anciens et des enseignants-chercheurs de l’École : ceux-ci expertisent les technologies, leur niveau de compétitivité internationale et leur potentiel industriel ; ils aident les start-up notamment à finaliser leurs preuves de concept en adéquation avec les demandes du marché, puis à développer leur réseau de clients ; enfin ils peuvent être amenés à les accompagner, sous forme de mentorat, ou même en participant à leur gouvernance.

Un fonds alumni, lancé par Denis Lucquin par loyauté envers son alma mater

Ce modèle a été proposé à l’X par Denis Lucquin (X77), qui a dédié sa carrière au capital-risque, essentiellement pendant 32 ans chez Sofinnova qu’il a dirigée entre 2007 et 2017. Ses apports uniques au développement de Sofinnova en ont fait la première société européenne de capital-risque en sciences du vivant. C’est ainsi en faisant « ce qu’il sait faire de mieux », construire un fonds de capital-risque, qu’il choisit de rendre à l’École ce qu’elle lui a apporté.

Créatif, il imagine alors un modèle nouveau pour la France, le fonds alumni, modèle éprouvé par les plus prestigieuses universités américaines. Il affine son projet auprès d’une poignée de camarades, qui lui apportent tout leur soutien et des promesses d’investis­sement, convaincus de l’intérêt majeur d’un tel outil pour l’École. Fort de cet enthousiasme partagé, Denis propose l’initiative à l’X alors qu’il siège à son conseil d’administration (2013-2018). Puis avec Cécile Tharaud (X84), avec qui il a cofondé une dizaine d’années auparavant Inserm Transfert Initiative – fonds d’amorçage de l’Inserm –, il construit Polytechnique Ventures, dont la création sera approuvée en 2020 par le conseil d’administra­tion.

Le fonds naît en décembre 2020. Pendant les six premières années d’opérations du fonds, à titre bénévole par loyauté envers son alma mater, Denis est non executive chairman et transmet son savoir-faire aux équipes opérationnelles de Polytechnique Ventures.

Denis nous a quittés trop tôt.

Denis Lucquin, fondateur du fonds alumni de Polytechnique Ventures
Denis Lucquin, fondateur du fonds alumni de Polytechnique Ventures

En hommage à Denis Lucquin, Polytechnique Ventures lance sa stratégie d’émergence, fidèle à la vision de son cofondateur

Polytechnique Ventures rend aujourd’hui à son fondateur un hommage pérenne, en renforçant sa politique d’investissement, selon une stratégie fidèle à la vision de Denis : le fonds consacre désormais 5 % de son montant à l’investissement très précoce, dans des start-up très jeunes et très ambitieuses.

Après avoir levé un premier fonds de 36 M€ et investi dans 18 start-up, après avoir lancé la levée du deuxième millésime qui compte désormais 30 M€ – pour un objectif à nouveau de 30 à 40 M€ –, et après avoir investi pour le compte de ce nouveau fonds dans cinq start-up – bYoRNA, Gobano Robotics, One Biosciences, Porelio, VSora –, le fonds est en effet prêt à sophistiquer sa stratégie d’investissement.


“Repérer de belles aventures entrepreneuriales très en amont.”

Ainsi Polytechnique Ventures lance sa stratégie d’émergence, inspirée des stratégies de pré-amorçage éprouvées notamment par les fonds d’Isai et de Sofinnova. Nous investirons désormais 5 % du montant total souscrit du fonds sous forme de petits tickets – moyenne de 150 k€ – dans de très jeunes start-up : cette enveloppe, partie intégrante du fonds, nous permettra d’accompagner de potentiels champions technologiques dès leurs origines, souvent aux côtés de business angels, y compris de souscripteurs du fonds. Il s’agit d’une enveloppe de préamorçage baptisée « Denis Lucquin Catalyst Initiative ».

Un premier investissement de 150 k€ vient ainsi d’être réalisé dans la société Qolumbus, à l’occasion de son tour de préamorçage d’1,50 M€ : cofondée en 2025 par Tikai Chang (X11), la société développe une nouvelle génération de processeurs quantiques, grâce à une technologie hybride tirant parti de la stabilité des qubits sur silicium et de la connectivité des supra­conducteurs.

L'équipe de Polytechnique Ventures : De gauche à droite : 
Cécile Tharaud (X84), Gaspard Devissaguet, Maxime Cardinal (X10) 
et Marius Dissler (X22).
De gauche à droite : Cécile Tharaud (X84), Gaspard Devissaguet, Maxime Cardinal (X10) et Marius Dissler (X22).

La convergence d’un renforcement stratégique et d’un hommage pérenne

Désormais, le fonds émettra un à deux appels à projets annuels afin de sélectionner les investissements de l’enveloppe « Denis Lucquin Catalyst Initiative », tout en gardant la possibilité d’investir dans des start-up très early stage au fil de l’eau. Le développement de telles sociétés, à ce stade de maturité précoce, requiert en effet de la part des investisseurs en capital-risque une agilité maximale.

Les tickets investis se situeront typiquement entre 50 k€ et 200 k€, sur des tours de table de préamorçage. Pourront candidater les start-up qui répondent aux critères de qualification pour un investissement de Polytechnique Ventures : un lien avec l’écosystème de l’X, une équipe d’excellence, une technologie deep tech et une promesse de rupture industrielle.

De telles candidates pourront ainsi se présenter aux stades les plus précoces de leur aventure, dès leur création. Les équipes de Polytechnique Ventures accompagneront alors certaines d’entre elles, jusqu’à un potentiel investis­sement « Denis Lucquin Catalyst Initiative ». Un réinvestissement du fonds au tour de financement suivant sera ensuite envisagé avec la même sélectivité que celle appliquée aux start-up financées classiquement au stade de leur amorçage.

Cette capacité d’investissement très précoce permet aux fonds de capital-risque de repérer de belles aventures entrepreneuriales très en amont, de monter à bord très précocement et de contribuer auprès de leurs fondateurs à guider au mieux leur développement. Seuls les succès se voient refinancés par le fonds, lequel bénéficie alors d’une proximité avec l’entreprise qui se montrera bénéfique à son accélération.

Un accompagnement très précoce des entre­preneurs qui était au cœur de la vision de Denis Lucquin sur le métier du capital-risque. 

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