Mon ami Mortenol m’aide à démontrer la conjecture de Riemann

La véritable origine des couleurs jône et roûje des promos de polytechniciens, suite
D’où viennent les couleurs jône et roûje des promotions de l’École polytechnique qui ont donné leur nom à votre revue ? Notre camarade « uniformologue » Serge Delwasse s’est penché sur la question et nous livre une explication différente de celle communément admise du liseré sur le berry (uniforme d’intérieur autrefois confectionné en drap du Berry).
Mes lecteurs fidèles savent que, depuis 2013, je prétends savoir pourquoi les promotions de l’X sont alternativement de couleur Jône et Roûje. Je l’ai écrit dans un article publié dans le numéro 683 de La Jaune et la Rouge en version courte, et sur le blog d’Hervé Kabla dans sa version intégrale.
Au commencement étaient les bonnets de police
Pour les lecteurs pressés, je résume ma théorie. À l’origine, les élèves de première année portaient un bonnet de police de la troupe aux parements roûjes, et ceux de seconde année, nommés sous-officiers, un bonnet de sous-officier donc, aux parements or. La promotion des conscrits était donc la roûje, et celle des anciens la jône. L’appellation jône pour l’or est courante dans les armées. Par exemple, la gendarmerie départementale aux parements argent est appelée la blanche, et la gendarmerie mobile aux parements or est appelée la jaune (écrit jaune parce que ce sont des gendarmes, et pas des X). Et puis on trouva qu’il n’était pas très pratique de changer de couleur chaque année, et l’alternance jône-roûje se fit par promo, et non plus par année.
La légende du liseré
L’article avait eu une certaine diffusion à l’époque – il faut dire que publier dans La Jône et la Roûje permet une large diffusion dans la communauté – mais certains étaient restés dubitatifs. La théorie est certes à la fois séduisante et intellectuellement satisfaisante, mais certains préféraient s’accrocher aux légendes urbaines improbables, telles que l’histoire d’un liseré sur le berry, liseré qui n’a jamais existé. Par exemple, Wikipédia… Et puis mon style peu académique me rend totalement inaudible auprès des vrais intellectuels de l’histoire de l’X.
La preuve expérimentale
Aujourd’hui, j’ai la vérification expérimentale de la théorie ! Bien sûr il ne s’agit pas de la conjecture de Riemann, ni du grand théorème de Fermat – un autre s’est chargé de le démontrer avant moi – que voulez-vous, il faut bien attirer le chaland… N’empêche… Et c’est mon ami Mortenol qui me donne cette preuve ! Voyez plutôt cette photo du caser de Camille, prise en 1880 – précision : Mortenol est le second en partant de la gauche.

Conscrits roûjes, anciens jônes
Je terminerai toutefois par un mea culpa, j’ai écrit en 2013 : « En 1874, on remplace le bonnet de police par un képi dit de petite tenue, dont la grenade est bien entendu alternativement roûje ou jône. Hélas, le ministre se trompe en rédigeant le règlement puisqu’il écrit qu’elle est, je cite, “de couleur jonquille pour les élèves de 1re année, et écarlate pour ceux de 2e année”. On corrige enfin par le règlement de 1887 qui précise que, je cite toujours, “sur le devant du bandeau est placée une grenade (hauteur 25 mm), brodée en laine jonquille pour les élèves d’une division ; en laine écarlate pour les élèves de l’autre division, et ainsi de suite en alternant”. »
Je confirme l’erreur du ministre : il a dû confondre les années et les divisions (la première division étant celle des anciens). Le roûje c’est bien la première année, et le jône la seconde. A contrario, il semblerait que je fusse allé un peu vite sur la chronologie. Il est très probable que l’alternance des couleurs de promotion date bien de 1887. Affaire à suivre. Je ne lâcherai pas. Ceux qui me connaissent savent que je ne lâche jamais.





