Mensonge d’État, imposture écologique
Attention le titre pourrait fourvoyer. Ce livre n’est pas un pamphlet polémique. Henri Wallard, fort de ses expériences professionnelles comme ingénieur dans la haute administration puis comme sondeur-statisticien dans le privé, nous présente avec force détails les errances de l’État en matière de politique climatique. Il en voit les causes dans l’arrogance des dirigeants politiques, leur focalisation sur les effets d’annonce et le court terme, et leur ignorance à la fois des réalités scientifiques et industrielles et des attentes et des difficultés des citoyens. Face à eux, l’administration chargée du sujet est trop peu puissante, son autorité étant concurrencée par celle des agences, disposant d’importants moyens financiers, et des cabinets ministériels.
Alors que l’électrification des usages est unanimement reconnue pour être un des leviers majeurs de la transition, il en résulte une absence de cohérence et de continuité dans les politiques industrielles, que ce soit pour le nucléaire ou les énergies renouvelables. Il en va de même pour l’adaptation de la demande et des dispositifs de soutien et d’encouragement du public, comme le passage aux véhicules électriques ou les travaux d’isolation dans l’habitat, que des enquêtes professionnellement conduites auraient permis de mieux préparer. La tendance est au contraire pour chaque nouveau sujet de créer de nouveaux aréopages, comme le caricatural Conseil présidentiel de la science créé fin 2023. L’auteur plaide en revanche pour renforcer le pouvoir et l’expertise de l’administration, ici la DGEC (direction générale de l’énergie et du climat), y internaliser les agences, recourir aux ressources parlementaires et recentrer l’exécutif sur la vision à long terme.



