Memento Mori

Memento mori

Dossier : Le mot du président | Magazine N°810 Décembre 2025
Par Loïc ROCARD (X91)

Ce mois-ci La Jaune et la Rouge emmène le lecteur sur le chemin des sciences cognitives. Alors qu’il n’est pas dans la version originale en anglais, le pluriel tient le néophyte en respect en laissant entendre que le domaine est bien vaste pour être embrassé. Que, si ses grands objectifs sont simples : comprendre les mécanismes de l’acquisition de la connaissance, ses compartiments se rattachent à des champs du savoir plus ou moins connexes les unes aux autres, tenant au demeurant de disciplines scientifiques ou non. Cette richesse protéiforme de la cognitive science est d’ailleurs ce qui en fait l’attrait pour leurs praticiens, qu’ils soient de la tendance linguiste, médicale, philosophe ou informaticienne pour en citer quelques-unes. 

C’est donc un terrain aride, mais qui mérite particulièrement d’être abordé à une époque où le rapport à la connaissance – celle de l’être humain, celle qu’a l’être humain – est chahuté d’une façon inédite par les transformations en cours. L’ubiquité du savoir encyclopédique au bout du doigt (cf. Petite Poucette de Michel Serres), le développement de l’auto-apprentissage, l’accès généralisé à une IA désormais anthropomorphe, sont autant de tendances lourdes qui placent les sciences cognitives au cœur de la compréhension du monde comme il va.

Rayonnant dans tous les secteurs du savoir et de l’économie, en prise avec les transitions en cours, écologique, énergétique, numérique, la communauté polytechnicienne a son mot à faire entendre. Occasion saisie grâce à ce dossier du mois. On n’y trouvera pas de contribution de Jean-Pierre Dupuy (X60) mais on se souvient du rôle qu’il a joué pour stimuler le domaine et édifier des cohortes d’élèves et de futurs chercheurs depuis un demi-siècle.


“Merci pour votre fidélité.”

Notre vénérable ancien me pardonnera cette transition, lui qui n’a rien perdu de sa verve : la saison des feuilles mortes est celle de la remémoration des défunts. Jean-Louis ­– quantique – Basdevant a été fêté avec ferveur il y a quelques jours à Palaiseau (merci aux trois camarades qui en ont été les organisatrices avec l’École), et Claude Bébéar (X55) a quitté la scène un 1er novembre, ce qui ne s’invente pas. Deux symboles pour l’X, d’un côté le professeur de trente promotions d’élèves ingénieurs où l’on a été marqué par sa profondeur et son charisme, de l’autre le kessier rugbyman, qui n’en manquait pas non plus, fils d’instituteurs périgourdin devenu incontournable dans la cité, parangon du chef d’entreprise mondialisée à la fin du siècle dernier, mètre étalon de la méritocratie à la française dans son plus éclatant accomplissement. Fin novembre X Mémorial salue les quelques centaines de camarades partis dans l’année, dans un cérémonial au cours duquel des élèves en égrènent les noms un par un, comme l’avatar d’une communion des saints polytechnicienne. Hommage à tous nos disparus, ils font venir à nous l’esprit de Noël.

De quoi envisager positivement l’arrivée d’une année nouvelle, marquée par l’optimisme, la stabilité, l’ambition, l’attention. En vous disant merci pour votre fidélité, l’équipe de l’AX se joint à moi pour vous la souhaiter excellente, non sans vous inviter à confirmer votre soutien dont notre communauté ne manquera pas d’avoir besoin en 2026 comme en 2025 ! 

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