L’impressionnisme et la musique

Dossier : Arts, Lettres et SciencesMagazine N°521Par : Michel FLEURY (71)Rédacteur : Alain BONARDI (86)

Après plusieurs années de travail, Michel Fleury (71), directeur artistique de concerts, critique musical et musicologue, connu pour ses travaux sur le début du XXe siècle, nous livre aujourd’hui le fruit de sa recherche dans un ouvrage intitulé L’impressionnisme et la musique.

L’ambition de l’auteur est non seulement de défendre le concept de “ musique impressionniste ”, reliée à la peinture et à la littérature de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, mais aussi de faire connaître compositeurs et oeuvres s’en réclamant, au-delà des seuls noms de Ravel et Debussy. Sa démarche repose sur la mise en commun entre les arts de procédés, de critères et de sujets : par un raisonnement analogique articulé autour de “ correspondances ” très baudelairiennes, Michel Fleury définit un champ de convergences techniques, sémantiques et esthétiques entre peinture, littérature et musique dites “ impressionnistes ”. Son analyse, étendue et fouillée, s’intéresse aussi bien à la catégorie de couleur en peinture et en musique qu’à “ l’esthétique du rêve et des lointains ” comme source d’inspiration.

L’auteur montre à juste titre combien le sentiment de “ flou ” propre à l’art impressionniste, fondé sur le déploiement de la suggestion remplaçant la description, ne signifie pas que la construction de l’oeuvre est ellemême floue ou négligée ; bien au contraire, ce type de pièces exige une architecture rigoureuse et précise.

L’ouvrage est organisé en deux grandes parties : la première, consacrée à la musique impressionniste, abordée en tant que musique de la couleur, musique de la suggestion, et comme amplification de l’instant suspendu ; la deuxième est consacrée aux thèmes de l’impressionnisme musical comme la nature, les mythes païens ou les mystères chrétiens, avec pour chacun des analyses d’oeuvres s’y rapportant, ce qui donnera au lecteur l’envie de découvrir des musiques qu’il connaît peu ou pas.

Alliant érudition et sensibilité, cet ouvrage, accessible à tous les mélomanes, se présente comme une vaste somme argumentaire, utile aux partisans d’une musique “ impressionniste ” comme à ses détracteurs, et de manière plus générale, à tous ceux que la convergence des arts, notamment entre peinture et musique, intéresse, qu’ils la jugent naturelle ou problématique, quelle que soit la validité qu’ils accordent aux notions de temps pictural et d’espace musical.

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