Lettres d’un bipolaire à ses médecins La peine est-elle soluble dans l’écrit ?

Lettres d’un bipolaire à ses médecins. La peine est-elle soluble dans l’écrit ?

Dossier : Arts, lettres et sciences | Magazine N°812 Février 2026Par : Philippe Grand (X75)Rédacteur : Charles-Henri Pin (X56)Editeur : Éditions PÉTRA, novembre 2024

Philippe Grand subit un épisode maniaque sévère en 1977, soit à la fin de sa scolarité à l’X. Il réussit une carrière professionnelle dans la même entreprise, qui l’envoie en missions de courte durée en qualité de conseil jusqu’à sa retraite, en dépit de sa condition qui aura nécessité une vingtaine d’hospitalisations pour psychose maniaco-dépressive, une pathologie ponctuée de phases délirantes aiguës.

Dans son livre, Philippe Grand évoque la période de 1994 à 1999 au travers de lettres envoyées à quatre de ses médecins traitants, autant d’appels au secours qui n’auront aucune réponse. Des paragraphes alignés à droite éparpillent des indices de ses phases maniaques de façon incohérente, évoquant une forme poétique. Il porte un œil critique sur ses lettres qu’il annote entre 2017 et 2020, soit une vingtaine d’années plus tard.

Le ton de ses lettres à ses médecins alterne entre une description détaillée et répétitive de sa frustration devant la vacuité de sa vie en entreprise, en particulier son syndrome de l’imposteur, et l’évocation de ses phases maniaques, où son trop-plein d’énergie s’exprime sans retenue. Le lecteur reste d’ailleurs sur sa faim quant à ces périodes maniaques où une extrême discrétion voile un comportement que l’auteur estime inavouable.

Ce livre témoignage est précieux pour d’autres bipolaires, mais aussi pour leur famille et, bien sûr, leurs soignants.
On se reportera utilement à l’interview de l’auteur dans le présent numéro page 48. 

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